Les dépanneurs en guerre contre les frais de cartes de crédit

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Lorsqu'un client paie avec sa carte de crédit, le détaillant doit payer des frais qui peuvent atteindre 100 000 $ par année.

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(Québec) L'Association des marchands dépanneurs épiciers du Québec (AMDEQ) voit d'un bon oeil le projet de loi fédéral qui vise à baisser de manière significative les taux d'utilisation des cartes de crédit Visa et MasterCard.

Dans une lettre envoyée aux 78 députés fédéraux de la province, l'AMDEQ les enjoint d'approuver le projet de loi porté par la députée libérale Linda Lapointe. Ce projet de loi prévoit qu'une compagnie de crédit ne peut exiger du commerçant des frais d'acceptation de carte de crédit supérieurs à un plafond, qui reste à déterminer. Actuellement, les frais imposés par les compagnies de crédit aux commerçants varient entre 1,5 % et 3 %, selon le directeur général de l'AMDEQ, Yves Servais. Selon l'Association, l'Angleterre et l'Australie offrent des taux qui s'élèvent à 0,3 % et 0,5 %.

«Ça fait six ou sept ans qu'on travaille là-dessus. Le gouvernement conservateur avait déjà mené certaines actions, mais il n'était pas allé assez loin», a-t-il estimé. M. Servais se questionne : les petites et moyennes entreprises (PME) créent plusieurs emplois. Pourquoi Visa et MasterCard ne seraient pas capables de baisser leurs taux? Selon lui, certains commerçants doivent parfois débourser jusqu'à 100 000 $ par année en redevance aux compagnies de crédit. Une somme, juge-t-il, qu'ils pourraient investir ailleurs.

Les libéraux, dans l'opposition, auraient été favorables à une diminution des frais d'utilisation. Ils auraient également appuyé une motion du Nouveau Parti démocratique qui allait en ce sens, a rappelé M. Servais. Or, «une fois au gouvernement, ils sont devenus frileux». 

«Je pense que les consommateurs et les PME sont particulièrement interpellés. Je crois que ça chemine dans la bonne direction toutefois depuis quelques années. Je pense que les compagnies de crédit et les banques savent à quel point les frais de carte de crédit imposent un fardeau important sur les PME et sur les consommateurs indirectement», s'est contenté de répondre le ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, en marge d'une fête organisée par le Centre culturel islamique de Québec. Le ministre estime par ailleurs que le dossier est entre les mains de son collègue aux Finances et du caucus libéral.

Une telle initiative a de quoi réjouir le propriétaire de l'Axe du Malt, Rémy Du Berger. Lorsqu'un client achète un paquet de gommes et paie à l'aide d'une carte de crédit, par exemple, le commerçant de la rue D'Aiguillon se dit aussitôt perdant. «Je ne peux pas refuser de transactions. Si les clients ont une mauvaise expérience, ils vont aller ailleurs», fait-il remarquer. Selon lui, près de trois clients sur cinq utilisent leur carte de crédit.

Un commerçant ne peut toutefois pas augmenter le prix d'un produit si le consommateur décide de payer à l'aide de sa carte de crédit, a précisé l'avocate d'Option consommateurs, Sylvie De Bellefeuille. Normalement, a-t-elle avancé, un commerçant inclut dans le prix de ses produits ces frais associés à l'utilisation d'une carte de crédit. Une carte de débit, en revanche, n'impose au commerçant que des frais fixes de l'ordre de 10 sous par achat, selon M. Servais.

Impossible pour l'AMDEQ d'envisager un boycottage, car les petits détaillants n'ont pas le même pouvoir que de plus gros joueurs. Walmart Canada, par exemple, a annoncé en juin dernier que la chaîne n'acceptait plus la carte Visa en raison des frais exigés par la compagnie de crédit, qui sont jugés trop élevés.  Avec Camille B. Vincent

Les commerçants pris en étau

Les petits détaillants sont pris entre les compagnies de crédit et le consommateur, estime le professeur de marketing à l'Université Laval Frank Pons. «Le consommateur s'en fout», d'une certaine manière, des frais assumés par le commerçant lorsqu'il utilise sa carte, puisque bien souvent, de payer ainsi lui est plus avantageux, alors que le taux d'endettement au Canada est assez élevé, a-t-il avancé. Le détaillant, de son côté, n'aurait pas vraiment le choix d'accepter que ses clients paient avec une carte Visa ou MasterCard. Quant au taux actuel, estimé à environ 1,5 %, il serait trop élevé. L'idée d'imposer un plafond paraît plus réalisable, selon le professeur, que celle de légiférer sur un taux précis.  

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