Les homardiers prennent la mer plein d'espoir

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En commençant le 23 avril, les pêcheurs gaspésiens sont les premiers au Québec et au Nouveau-Brunswick à écouler leur homard sur les marchés, primeur qu'ils garderont une bonne semaine, peut-être 10 jours.

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<p>Gilles Gagné</p>
Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

(SAINT-GODEFROI) Les 163 homardiers gaspésiens peuvent-ils améliorer leur performance de 2015? Ils sortent de deux années record, en volume de prises et en revenus totaux. Ils prennent la mer samedi matin avec l'espoir raisonnable d'une année encore meilleure.

Plusieurs facteurs alimentent l'espoir. La biomasse est en santé, le dollar canadien est bas, et les inventaires de homard sont réduits. De plus, en commençant le 23 avril, les pêcheurs gaspésiens sont les premiers au Québec et au Nouveau-Brunswick à écouler leur homard sur les marchés, primeur qu'ils garderont une bonne semaine, peut-être 10 jours.

«C'est certain qu'on aimerait dépasser les seuils de 2015, même s'ils étaient des records. Le rapport scientifique de mars nous dit que le stock est beaucoup plus vigoureux, en nombre et en grosseur [par spécimen] que dans le passé», aborde O'Neil Cloutier, homardier et directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie.

Samedi, ils sont environ 140 sur 163 homardiers gaspésiens à prendre la mer pour 10 semaines. Il s'agit des homardiers situés entre Gaspé et Bonaventure. Ceux situés aux extrémités de cette zone, les pêcheurs du fond de la baie des Chaleurs, du reste de la baie de Gaspé et du côté nord de la péninsule, débuteront dans une semaine ou deux.

En 2015, les homardiers gaspésiens ont reçu en moyenne 5,53 $ la livre pour leur crustacé. Mais la saison a été ponctuée de rebondissements, avec deux semaines à 7 $, six semaines à 5 $ et deux semaines à 7 $ de nouveau. La baisse initiale est arrivée une semaine après la fête des Mères, période de pointe de consommation.

«On aimerait moins de fluctuations. On ne peut les éviter, mais on voudrait qu'elles soient moins fortes. Passer de 7 $ à 5 $ la livre du jour au lendemain, ça démoralise les pêcheurs. Il y a des secteurs où les pêcheurs vont prendre de meilleures quantités vers la fin de la saison. Ce n'est pas tous les ans que le prix remonte en fin de saison», décrit M. Cloutier.

Il prévoit 7 $ la livre, après discussion avec Raymond Sheehan et son fils George, de la firme E. Gagnon et Fils, le principal acheteur de homard en Gaspésie, puisqu'une soixantaine de pêcheurs y vendent leurs prises. La firme est de plus responsable de 75 % de la mise en marché à l'extérieur de la région.

Vendredi, Raymond Sheehan hésitait toutefois à prédire un prix. «On n'est pas dans le même contexte que l'an passé. On a moins de demande. La pêche est commencée dans le secteur Eastern Shores en Nouvelle-Écosse, et c'est bon. Mais le prix là-bas est passé de 8 $ la livre au pêcheur à 7 $ mardi. J'entends parler d'une autre baisse pour lundi, mais il n'y a rien de certain», dit M. Sheehan.

La faiblesse du dollar canadien jusqu'à récemment laissait entrevoir un fort prix, parce que ce prix est largement influencé par ce que les acheteurs américains veulent payer.  «Le dollar [américain] était à 1,45$ [canadien] à la fin de janvier et il est maintenant à 1,26. L'an passé, il est passé de 1,19 $ à 1,23 $ pendant la saison. Les cambistes se trompent royalement ces temps-ci», note M. Sheehan.

Le même prix qu'en 2015

Les consommateurs, qu'ils soient des villes ou en milieu rural, doivent s'attendre à payer environ le même prix qu'en 2015. Pour le moment, le homard est cher, parce qu'il vient de la Nouvelle-Écosse.

«Il est à 16,50 $ la livre cuit, et 15,50 $ vivant. Il va baisser beaucoup avec le début de la pêche. L'an passé, alors qu'on payait 7 $ la livre au pêcheur, il était autour de 9,95 $ au comptoir», explique France Arsenault, de la poissonnerie la Coquille, de Caplan.

Des records acquis après des années d'efforts

En 2014, les homardiers gaspésiens ont débarqué 1536 tonnes métriques pour des revenus totaux de 15,4 millions $. Ces deux records n'ont tenu qu'un an, étant fracassés en 2015 en vertu de 1819 tonnes et de 22,5 millions $. Des hausses combinées de 21 % du prix et de 18 % des prises ont nourri ces records.

Les homardiers gaspésiens ont amorcé en 1997 les efforts visant à laisser à l'eau plus de géniteurs. Ils ont augmenté la taille légale du homard pêché, de 76 à 82 millimètres au céphalothorax, ils ont réduit le nombre de casiers en mer de 250 à 235, et ils ont ensemencé des fonds marins. Le nombre de titulaires de permis est aussi passé de 227 en 1993 à 163 maintenant.

«Il y a deux ans, on a aussi adopté une taille maximale dans les zones du centre [de la côte]. Les homards de plus de 145 millimètres sont remis à l'eau. C'est prouvé que les oeufs des gros homards sont plus forts en protéines, et que leur survie est meilleure», assure O'Neil Cloutier.

Les 325 pêcheurs des Îles-de-la-Madeleine, où le plus gros volume de homard est débarqué au Québec, mettront quant à eux leurs casiers à l'eau le 30 avril. 

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