Hausse de 2 à 4 % du prix du panier d'épicerie en 2016

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Pour une année entière, la moyenne des dépenses d'une famille en alimentation est d'environ 8600 $.

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(Québec) Les dépenses pour l'alimentation devraient grimper de 345 $ au Canada en 2016 pour une famille de deux adultes et de deux enfants si les achats sont les mêmes qu'en 2015. Au Québec, ce sera un peu plus élevé, soit 365 $, car les Québécois consacrent plus d'argent à leur panier d'épicerie que la moyenne des Canadiens par rapport à leur budget total.

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Infographie Le Soleil

Pour une année entière, la moyenne des dépenses d'une famille en alimentation est d'environ 8600 $, incluant 2700 $ au restaurant. En Ontario, par exemple, la concurrence des prix dans l'alimentation est plus forte qu'au Québec, indique le professeur Sylvain Charlebois, qui a dirigé le rapport sur les prix alimentaires du Food Institute de l'Université de Guelph.

Pour l'ensemble des produits alimentaires, le rapport estime que l'augmentation des prix se situera entre 2 % et 4 % pour la prochaine année. On anticipe donc un taux d'inflation alimentaire supérieur au taux d'inflation général. M. Charlebois croit par contre que la hausse pourrait être d'au moins 3 %, voire un peu plus même.

L'effet du phénomène El Niño devrait avoir une influence positive sur la production de fruits et de légumes dans l'ouest du continent, notamment en Californie qui exporte beaucoup de produits au Canada. Les prix devraient être intéressants pour les consommateurs.

Si l'inflation avait touché les fruits et les légumes en 2015, l'ensemble des catégories sera affecté par l'augmentation des prix à la consommation en 2016.

La restauration

La restauration constitue une grosse part de marché. Le rapport constate que la compétition est toujours féroce. L'offre dépasse largement la demande, de sorte que le taux d'inflation pour les aliments est pratiquement la moitié de celle dans les marchés d'alimentation.

«Même du côté de la restauration rapide, l'année a été intéressante», estime M. Charlebois. «Les grandes chaînes comme McDonald's, Subway et A & W ont laissé de côté les viandes des producteurs utilisant des antibiotiques. Cela pourrait amener des augmentations des prix plus importantes dans la prochaine année.

Cependant, il soutient que pour la première fois au Canada, le chiffre d'affaires de restauration rapide, dont les prix augmentent, va dépasser celui de la restauration avec service où les prix stagnent.

Des profits

En 2015, l'équipe de chercheurs a constaté que les distributeurs dans l'alimentation se sont servis du contexte inflationniste pour protéger leur marge de profit. «Si les prix des légumes et des fruits ont grimpé, les distributeurs augmentent les prix d'autres catégories moins touchées en même temps. On voit dans les états financiers de Metro, Provigo et IGA qu'ils ont très bien performé au cours de l'année. Il n'y a plus la guerre des prix d'il y a quelques années, car les grands de l'alimentation se sont disciplinés. Mais il y a Walmart qui continue la concurrence avec des prix bas dans le marché», illustre M. Charlebois.

Il note que Walmart a même ouvert deux laboratoires de recherche à Mississauga pour développer ses propres produits comme les autres géants de l'alimentation avec leur marque maison. De plus, Walmart mise beaucoup sur les achats locaux pour son approvisionnement en segmentant le marché comme le fait Loblaws dans des catégories spécifiques.

La valeur du dollar

En février dernier, le Food Institute avait publié une révision de ses prévisions en raison de la chute spectaculaire de la valeur du dollar canadien. Le huard avait perdu plus de 0,08 $ en un seul mois. «Depuis décembre 2014, le dollar a perdu plus de 14 % de sa valeur face au dollar américain. L'inflation alimentaire se situe à 4,1 % (toutes catégories) depuis 12 mois. Malgré notre révision, ce sont les fruits, les noix (9,1 %) et les légumes (10,1 %) qui ont poussé l'inflation à la hausse en 2015», indique le rapport.

Les chercheurs de l'Université Guelph notent que «des produits comme la laitue (+ 22 %), les tomates (+ 11 %) ont parfois enregistré des hausses mensuelles spectaculaires durant l'année. Plusieurs fruits populaires qui sont importés comme les oranges (+14,9 %), les fraises et les framboises (+17,4 %) ont augmenté de façon importante».

Parmi les éléments qui n'ont pas été influencés davantage par la valeur du dollar, il a les poissons et les fruits de mer qui ont connu une hausse des prix de 2,4 %, ce qui est modeste comparativement au boeuf.

Le prix du boeuf décourage les consommateurs

37,9 % des consommateurs ont diminué de manière... (Photothèque La Presse) - image 3.0

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37,9 % des consommateurs ont diminué de manière très importante leur consommation de boeuf. 

Photothèque La Presse

Au pays, 37,9 % des consommateurs ont diminué de manière très importante leur consommation de boeuf. Certains ont complètement cessé d'en acheter au cours des 12 derniers mois. Quelque 5 % des participants ont signifié qu'ils ne mangeaient pas de boeuf.

C'est ce qu'indique le sondage dans le rapport sur les prix alimentaires du Food Institute. Ce premier sondage dans les rapports annuels montre que les consommateurs continuent d'acheter du boeuf, mais en moins grande quantité et dans des coupes moins chères.

La demande de viande de boeuf est toujours forte, mais l'offre n'est pas en croissance. «Les producteurs, à cause du taux de change, ont tendance à se tourner vers des marchés plus lucratifs aux États-Unis. Pour garder notre boeuf chez nous, il faut payer plus cher. L'augmentation des prix devrait être de 4 %, mais elle sera moins importante qu'en 2014. Depuis deux ans, la hausse du prix du boeuf a été de 30 %», constate le directeur de la recherche.

Les Canadiens recherchent une solution de rechange au boeuf en raison des prix qui augmentent depuis deux ans. «Le poisson et les fruits de mer représentent un choix plus abordable qu'il y a un an», souligne le rapport.

Dans le sondage, le Food Institue note que plus de 43 % des participants croient que les prix plus élevés ont eu une influence sur leur choix au comptoir des viandes durant la dernière année. Ces résultats sont plus élevés que prévu.

Plus de 36 % des personnes interrogées estiment avoir été à la recherche de substituts durant la dernière année en raison du prix du boeuf. Et 10,9 % des participants estiment avoir songé à délaisser complètement la viande bovine en raison des prix élevés. Cependant, plus de 81 % des gens envisageaient de continuer à acheter de la viande bovine.

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