Plusieurs Québécois consacrent la moitié de leur revenu au loyer

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Selon l'indice du logement locatif compilé par circonscription fédérale lancé par l'Association canadienne d'habitation et de rénovation urbaine, dans la province, plus d'un ménage locataire sur deux au Québec dépense une part allant de 30 à 50 % de son revenu pour le loyer.

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(Québec) De nombreux locataires dans la région de Québec consacrent plus de 50 % de leur revenu à payer le loyer. C'est le cas dans la circonscription fédérale de Louis-Hébert : sur 20 910 ménages locataires, 3915 consacrent plus de 50 % de leur revenu au paiement de leur loyer.

C'est encore pire dans la circonscription de Beauport-Limoilou, où 9725 ménages, sur un total de 29 005, consacrent plus de 30 % des revenus au loyer, et 4410 autres, plus de 50 %. Et on y compte 1295 ménages vivant dans un logement trop petit, c'est-à-dire où trois enfants doivent partager une seule chambre à coucher.

La situation du logement est catastrophique dans plusieurs régions du pays autant pour les logements subventionnés que pour les autres.

Selon l'indice du logement locatif compilé par circonscription fédérale lancé par l'Association canadienne d'habitation et de rénovation urbaine, dans la province, plus d'un ménage locataire sur deux au Québec dépense une part allant de 30 à 50 % de son revenu pour le loyer. Et ce sera pire encore dans les cinq prochaines années lorsque le gouvernement fédéral se sera désengagé complètement de l'aide aux gestionnaires d'habitation de logements sociaux et de l'aide aux locataires à faible revenu.

Dans les logements dits réguliers, 44 050 familles vivent dans des logements de trois pièces et demie parce qu'elles n'ont pas les moyens de payer pour un logement plus grand et plus cher. Ces familles sont soumises à la promiscuité par manque d'espace, ce qui peut augmenter les probabilités de conflit, de maltraitance, de violence conjugale, d'instabilité scolaire pour les enfants.

Nouvel indice

C'est ce qu'affirme Stéphane Corriveau, directeur général du Réseau québécois des OSBL d'habitation, membre du regroupement pancanadien d'organismes liés au logement qui vient de mettre en ligne le nouvel indice du logement locatif à www.rentalhousingindex.ca.

Pour lui, la situation est dramatique. Et l'avenir s'annonce traumatisant pour un grand nombre de citoyens à faible revenu qui n'habitent pas dans des logements subventionnés. Ce n'est pas sans raison que l'organisme brosse ce sombre tableau pendant la campagne électorale, car le gouvernement fédéral se désengage depuis de nombreuses années de l'aide aux locataires partout au pays. L'aide disparaîtra complètement dans les cinq prochaines années.

Pire, selon M. Corriveau, la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) consacre exclusivement son aide à l'accès à la propriété pour l'achat de résidences depuis 20 ans et non à l'aide au logement.

La SCHL fait près de 2 milliards $ de profit avec l'assurance hypothécaire, mais cette somme passe au fonds consolidé du pays au lieu d'être réinvesti dans l'aide au logement, affirme M. Corriveau. «C'est le mandat de la SCHL d'aider les locataires pour qu'ils vivent dans des milieux décents en fonction de leur revenu. L'État et la SCHL comme société d'État ne doivent pas laisser tomber les familles à faible revenu.» Si l'aide ne revient pas, ce sera le marché locatif privé qui écopera des problèmes, craint-il.

La carte du site de l'indice du logement... (www.rentalhousingindex.ca) - image 2.0

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La carte du site de l'indice du logement locatif montre que la situation dans la région de Québec est critique.

www.rentalhousingindex.ca

Un besoin essentiel

«Ce n'est pas un 2 $ de moins en impôt qui changera la situation des gens à faible revenu, clame Stéphane Corriveau, du Réseau québécois des OSBL d'habitation. Si l'aide pour les hypothèques des édifices à logements pour les gens à bas salaire se termine, il ne faut pas que l'aide pour payer les loyers disparaisse comme l'affirme le gouvernement fédéral. Le logement, c'est un besoin essentiel pour tous.»

Au cours des 50 dernières années, le fédéral s'est entendu sur deux formes d'aide pour les habitations de logements sociaux : pour les organismes sans but lucratif gestionnaire des immeubles, l'aide sert à payer une partie de l'hypothèque; l'autre type d'aide sert à diminuer les coûts pour les locataires en fonction de leurs revenus afin que le loyer ne dépasse pas 25 % de leur budget.

Or, dans les cinq prochaines années, ces ententes seront caduques pour des centaines de milliers de ménages au Canada. Au Québec, il y a 21 000 logements gérés par des OSBL et soutenus par ces ententes. Dans l'ensemble du logement social, incluant les coopératives et les HLM, plus de 90 000 logements dans la province sont touchés par les décisions fédérales de retirer l'aide.

«Ce sont 90 000 ménages qui devront payer beaucoup plus cher en loyer au lieu de limiter à 25 % de leur revenu», indique M. Corriveau. «Il pourrait y avoir plus de cas d'itinérance, plus d'instabilité résidentielle à cause du choix limité de logement à bas prix, d'instabilité pour les enfants à l'école ou pour le travail des adultes. Ça coûte plus cher à cause des frais connexes au déménagement de sorte que les familles à faible revenu sont doublement pénalisées. Il y aura un effet domino très important. Les gens qui ont des subventions actuellement retourneront dans les colonnes des cas problèmes avec la fin de l'aide.»

Selon lui, il y a des problèmes de logements au Canada et au Québec, peu importe que le fédéral s'implique ou non. Cependant, le désengagement du gouvernement canadien accentue le problème au lieu de participer à le régler, avec tous les dangers d'instabilité et de problèmes sociaux que cela comporte. 

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