Hydro-Québec demande une hausse de 1,9 %  à compter d'avril

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Si la demande d'Hydro-Québec est acceptée, elle signifie une augmentation moyenne de 1,39 $ par mois pour un logement, de 2,53 $ par mois pour une petite maison et de 3,31 $ mensuellement pour une maison moyenne.

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Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
Montréal

Hydro-Québec demande à la Régie de l'énergie le droit d'augmenter ses tarifs d'électricité de 1,9 % à compter du 1er avril, pour tous les clients résidentiels et la majorité des clients d'affaires.

La société d'État a déposé sa demande de hausse tarifaire - la moins élevée des trois dernières années - en la justifiant par l'augmentation des coûts d'approvisionnement et par les coûts liés aux grands froids des derniers hivers.

«Les deux hivers les plus froids de tout l'historique d'Hydro-Québec», a précisé jeudi en téléconférence Daniel Richard, président d'Hydro-Québec Distribution.

Ces frais accrus sont toutefois tempérés par d'autres facteurs, qui ont permis de réduire la hausse demandée, soit l'augmentation des revenus, les gains de productivité de l'entreprise - entre autres par l'installation des compteurs de nouvelle génération qui a aussi mené à la réduction du personnel - et la baisse du coût du service, notamment parce que l'augmentation de la clientèle fait en sorte que les frais fixes sont répartis sur un plus grand nombre de clients, a fait valoir Hydro-Québec.

Si la demande est acceptée, elle signifie une augmentation moyenne de 1,39 $ par mois pour un logement, de 2,53 $ par mois pour une petite maison et de 3,31 $ mensuellement pour une maison moyenne.

L'augmentation serait limitée à 1,2 % pour les grandes entreprises qui paient le tarif industriel.

«On peut considérer que les hausses sont raisonnables», a commenté M. Richard. «Quand on compare nos tarifs avec l'ensemble de l'Amérique du Nord, les tarifs résidentiels à Hydro-Québec demeurent les plus bas.»

Et même si cette hausse est «légère», elle n'est pas faite au détriment de la qualité du réseau, qui est maintenue, soutient-il.

Pour 2015, Hydro-Québec avait été autorisée à augmenter ses tarifs d'électricité de 2,9 %, après avoir demandé une hausse plus substantielle de 3,9 %. L'année précédente, l'augmentation avait été de 4,3 %.

Réaction du ministre Arcand

Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, n'a pas élaboré jeudi sur cette demande qui venait tout juste d'être annoncée, soulignant de plus qu'elle ne relevait pas de lui, mais bien de la Régie de l'énergie.

Il a toutefois déclaré qu'il «est dans l'intérêt des Québécois que les coûts soient autour de l'inflation».

Dans ce but, il dit avoir fait pression sur Hydro-Québec pour qu'elle réalise des gains d'efficience, ce qui peut notamment être fait avec les compteurs intelligents, a avancé le ministre.

Selon les projections les plus récentes de la Banque du Canada, l'inflation avoisinerait les 2 % en 2016.

Cette hausse de 1,9 % correspondrait plus ou moins à l'inflation, a aussi commenté Sylvie Roy, porte-parole de la Coalition Avenir Québec (CAQ), ce qui est une bonne chose selon elle.

Mais il ne faut pas oublier que les Québécois ont été frappés par de fortes augmentations ces dernières années, dit-elle. «Hydro-Québec doit se recentrer, être un producteur d'électricité et non un percepteur d'impôts.»

Mme Roy a parrainé à l'Assemblée nationale une pétition signée par quelque 54 000 personnes qui réclament une baisse immédiate de 10 % des tarifs d'électricité.

Réaction de l'Union des consommateurs

Selon l'Union des consommateurs, la hausse demandée est peut-être plus faible que les dernières, «mais les consommateurs québécois ont quand même vu leur facture grimper de façon assez importante ces dernières années», souligne Philippe Viel, porte-parole de l'organisme. Il note qu'Hydro-Québec a procédé à des augmentations totalisant près de 10 % au cours des trois dernières années, soit trois fois plus que l'inflation.

Selon lui, les raisons offertes par l'entreprise d'électricité pour justifier sa demande ne sont pas valables. Les hivers ont été froids, mais Hydro-Québec a acheté de l'électricité supplémentaire à fort prix à sa division «production», alors qu'il ne s'agit que d'un transfert à l'interne. De plus, l'augmentation de ses coûts d'approvisionnement est en lien avec une décision gouvernementale, soit l'achat d'électricité provenant de l'éolien, qui coûte cher. Le coût de cette politique ne devrait pas être refilé aux consommateurs, croit M. Viel.

Les projections effectuées pour 2016-17 auraient plutôt dû mener à un maintien, voire une baisse des tarifs, ajoute-t-il.

Hydro-Québec avait déjà demandé des baisses tarifaires dans le passé, notamment pour les années 2011-12 et 2012-13.

Comme pour chaque demande de la société d'État, des audiences publiques auront lieu, lors desquelles les personnes intéressées pourront faire valoir leur point de vue sur la hausse demandée. C'est la Régie de l'énergie qui a le dernier mot sur les tarifs.

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