Nouveaux compteurs et vieux socles: Hydro-Québec se fait rassurante

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(Québec) Hydro-Québec (HQ) a tenu, jeudi, à rassurer sa clientèle: il n'y a aucun problème de compatibilité entre les compteurs de nouvelle génération et les embases électriques dans lesquelles ils sont branchés.

La société d'État a répliqué jeudi aux opinions d'experts publiées dans Le Soleil, selon lesquelles les embases pourraient ne plus être adéquates pour recevoir les nouveaux compteurs, et qu'elles auraient dû être systématiquement vérifiées - et remises à neuf dans bien des cas - pour que les installations soient parfaitement sécuritaires.

«Les nouveaux compteurs sont parfaitement adaptés aux installations électriques de la clientèle. D'ailleurs, l'installation d'un compteur ne représente aucun risque, peu importe le type de compteur; c'est un geste simple qui s'apparente à celui de brancher tout autre appareil électrique dans une prise de courant», assure le porte-parole d'HQ, Serge Abergel.

Lors du branchement d'un nouveau compteur, poursuit-il, les installateurs d'HQ et de son mandataire, Capgemini, procèdent à différentes vérifications qui leur ont été enseignées lors de leur formation.

«S'ils soupçonnent la présence de points chauds dans l'embase, une note est inscrite au dossier et Hydro-Québec communique avec le client pour l'en informer et pour lui rappeler l'importance de faire inspecter rapidement ses installations électriques par un maître électricien», réitère M. Abergel, selon qui «il ne faut aucunement faire de lien entre cette pratique responsable et une imputabilité quelconque d'Hydro-Québec en lien avec l'état des installations du client» en cas de surchauffe ou d'incendie.

Le porte-parole de la société insiste : c'est le propriétaire qui a la responsabilité d'entretenir ses installations électriques et de s'assurer de leur conformité. «La visite d'un installateur d'Hydro-Québec n'annule pas la responsabilité du client de faire réaliser des inspections régulières de ses installations électriques et ne constitue pas un substitut à l'inspection d'un maître électricien», avertit-il.

Autrement dit, résume-t-il, «Hydro-Québec n'est pas responsable du suivi et de l'entretien des installations électriques des clients».

Formation adéquate

Serge Abergel explique par ailleurs que l'installation d'un nouveau compteur ne requiert pas la formation d'électricien. «Tout le personnel assigné à cette tâche reçoit la formation adéquate», assure-t-il.

Au sujet de l'absence de certification CSA (pour Canadian Standards Association) sur les nouveaux compteurs d'HQ, M. Abergel précise que ceux-ci sont certifiés par Mesures Canada et Industries Canada, et homologués par HQ selon des normes strictes. «La certification CSA [...] vise des équipements destinés à un usage par des particuliers. Le compteur faisant partie des équipements du réseau installé par des employés formés en conséquence, il n'est pas nécessaire qu'il obtienne ces certifications», explique M. Abergel.

En ce qui concerne leur compatibilité avec les installations électriques, les nouveaux compteurs sont homologués ANSI (pour American National Standard Association), ajoute le porte-parole d'HQ.

Selon Serge Abergel, le phénomène des points chauds n'est pas nouveau puisque ceux-ci se produisent à la suite de la dégradation de l'embase du propriétaire. «Sur près de 3,3 millions de compteurs de nouvelle génération mis en service, nos installateurs ont détecté des points chauds dans quelque 500 installations, soit 0,015 % des installations», précise-t-il pour illustrer la rareté des cas.

Enfin, le porte-parole souligne que les compteurs du parc de la société d'État devaient être remplacés avant qu'ils atteignent la fin de leur vie utile. «La décision de les remplacer n'est donc pas un choix, mais une nécessité.»

«Toujours un certain risque»

Le fait de débrancher et de brancher un compteur dans une embase représente toujours un certain risque, estime la Corporation des maîtres électriciens du Québec (CMEQ). Aussi les électriciens s'assurent-ils de couper l'électricité à partir du coffret de branchement pour éviter la formation d'un arc électrique lors de l'opération, selon le directeur des services techniques à la CMEQ, Michel Bonneau.

Une précaution que ne prennent pas les installateurs d'Hydro-Québec (HQ) et de Capgemini, qui se contentent, par temps très froid, de demander au client de réduire sa consommation (de baisser le chauffage, par exemple) avant de débrancher et de brancher un compteur. «Même si on coupe le courant, ça va juste interrompre l'électricité dans la maison, mais le compteur va continuer de s'alimenter au poteau parce qu'il est situé en amont. On ne voit donc pas l'avantage de faire ça, et on estime que notre façon de faire est très sécuritaire», dit le porte-parole d'HQ, Serge Abergel.

Selon la CMEQ, en fermant le disjoncteur principal, on s'assure qu'il n'y aura pas de charge appliquée qui risquerait de provoquer un arc électrique. L'électricien prévient ainsi le risque d'incendie, tout en se protégeant lui-même. Cette mesure permet également de protéger les appareils, surtout électroniques, de la résidence ou de l'immeuble, explique Michel Bonneau, qui est aussi directeur santé et sécurité au travail à la CMEQ.

Embase électrique

M. Bonneau est cependant d'avis, à l'instar d'HQ, que «ce n'est pas parce qu'on remplace un vieux compteur par un neuf qu'on a un problème». Mais s'il y a déjà un problème dans l'embase électrique, comme un «lousse» dans une de ses parties femelles, et qu'on y branche un nouveau compteur, le problème ne fera que s'aggraver, convient-il.

D'où l'importance pour le propriétaire de faire inspecter régulièrement son embase par un électricien, et pour l'installateur du compteur, de procéder à une vérification sérieuse du socle avant de brancher l'appareil. Les électriciens savent reconnaître les signes de dégradation, et ils ont toutes les compétences pour installer correctement un compteur, dit M. Bonneau, qui ne sait pas si c'est le cas pour les employés d'HQ et de Capgemini.

HQ assure que oui, même si des points chauds ont été répertoriés dans au moins 500 installations jusqu'ici.

Ceci dit, toutes les embases ne sont pas problématiques, et toutes ne doivent pas être changées ou remises à neuf, insiste Michel Bonneau. Selon lui, la très grande majorité est fonctionnelle.

M. Bonneau explique que l'état d'une embase dépend notamment de l'endroit (à l'abri ou pas des intempéries) et de la région (Montréal ou Rimouski, par exemple) où elle est située.

«À Montréal, les embases se dégradent moins vite que dans un milieu salin comme Rimouski», illustre-t-il.

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