Heures d'ouverture prolongées en semaine aux Galeries de la Capitale

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Les Galeries de la Capitale a annoncé, mercredi, la prolongation de ses heures d'ouverture. À compter du 8 juin, les magasins et boutiques seront ouverts du lundi au vendredi de 10 h à 21 h.

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(Québec) Soucieuse de se coller sur les attentes de sa clientèle, notamment celles des jeunes familles actives qui courent après leur queue durant la fin de semaine, la direction du centre commercial Les Galeries de la Capitale a annoncé, mercredi, la prolongation de ses heures d'ouverture. À compter du 8 juin, les 300 magasins, boutiques et restaurants seront ouverts du lundi au vendredi de 10h à 21h.

Pas de changement, cependant, pour les heures d'ouverture le samedi (de 9h à 17h) et le dimanche (de 10h à 17h).

Les Galeries de la Capitale devient ainsi le premier centre commercial à Québec à ouvrir ses portes jusqu'à 21h les lundis, mardis et mercredis. Ailleurs en province, le Carrefour Laval propose déjà les mêmes heures à sa clientèle. À Brossard, le Mail Champlain est ouvert de 10h à 18h les lundi et mardi, de 10h à 21h du mercredi au vendredi, de 9h à 17h le samedi et de 10 h à 17h le dimanche.

En fin de compte, Les Galeries de la Capitale - qui appartient à l'Office d'investissement du régime des pensions du Canada et à la société Oxford Properties Group - sera ouvert 70 heures par semaine à compter du 8 juin, soit 8 heures de plus qu'actuellement.

Une situation qui obligera les commerçants - qui ont appris la nouvelle mercredi matin - à modifier les horaires de travail de leurs employés et à en recruter d'autres au besoin, et ce, dans un contexte de rareté de main-d'oeuvre dans le secteur du commerce de détail.

«Nous avons une clientèle à desservir et nous avons le devoir de répondre à ses besoins», a expliqué au Soleil le directeur général des Galeries de la Capitale, Serge Rossignol.

Les jeunes familles constituent une manne pour les commerçants du centre commercial qui reçoit la visite de huit millions de personnes par année. Et ces jeunes familles n'ont plus le temps de faire leurs emplettes la fin de semaine. Chaque minute compte. Il y a le hockey de fiston et le soccer de mademoiselle. Ou l'inverse.

«Nos études de marché et nos groupes de discussion nous révèlent que nos clients souhaitent des plages horaires qui répondent davantage à leurs besoins et collent à leur réalité», a signalé M. Rossignol. «Il a été clairement démontré que la clientèle familiale, débordée avec les cours et diverses activités des enfants, souhaiterait pouvoir magasiner en soirée en début de semaine. En fait, les consommateurs réclament le privilège de pouvoir faire leurs achats quand ils sont eux-mêmes disponibles. Sans compter que, pour rivaliser avec le magasinage en ligne possible à toute heure, il devient primordial d'offrir une accessibilité accrue au centre commercial. C'est clair que si nous n'ouvrons pas nos portes au moment où les clients sont disponibles, ça leur donnera une raison de plus d'aller magasiner sur les sites Internet.»

Serge Rossignol a également rappelé que Les Galeries de la Capitale se distingue des autres centres commerciaux, car il allie à la fois le magasinage, la restauration et le divertissement sous un même toit. De là l'importance, selon lui, d'offrir des heures d'ouverture prolongées. «Il sera dorénavant possible, les soirs en début de semaine, de venir casser la croûte, de magasiner et d'aller ensuite au IMAX.»

Un changement qui devrait plaire également aux jeunes de 18 à 24 ans, une autre clientèle cible des Galeries de la Capitale.

Finalement, Serge Rossignol a souligné que la prolongation des heures d'ouverture allait permettre aux marchands de rivaliser avec Walmart, dont la succursale du boulevard Lebourgneuf a pignon sur rue pratiquement dans le stationnement des Galeries de la Capitale et qui est ouverte jusqu'à 21h tous les soirs de la semaine.

Des commerçants qui tentent de voir le bon côté des choses

«J'ai dit à mon superviseur: "Si tu es en auto, arrête-toi tout de suite. J'ai une nouvelle pour toi. Il faudra revoir les horaires de travail."»

La gérante du petit commerce ne tenait pas à ce que son nom soit publié dans le journal. Elle venait d'apprendre la prolongation des heures d'ouverture aux Galeries de la Capitale.

Sur le coup, elle n'en croyait pas ses oreilles.

«Comment fera-t-on pour en arriver à servir les clients avec les employés que nous avons sous la main sans accroître leur charge de travail? Je pense que nous n'aurons pas le choix de recruter. Et je vous le dis tout de suite, ça ne sera pas une sinécure», raconte-t-elle au Soleil en se disant que tout allait sans doute finir par s'arranger. «Le changement des habitudes, ce n'est pas évident.»

Propriétaire du commerce de manucure et de pédicure Ongles de la Capitale, Lisa Doan tentait de voir le bon côté des choses. «Peut-être que ça va nous amener une nouvelle clientèle?»

Elle se demandait, toutefois, si l'exercice «en valait la peine» étant donné qu'au début du mois de décembre, au moment où les grands magasins adoptent l'horaire des Fêtes et prolongent leurs heures d'ouverture jusqu'au 24 décembre, ce n'est pas la cohue.

Des nouveaux employés temporaires, elle devra en embaucher. «Ce n'est pas évident d'en trouver qui veulent travailler le soir.»

Joachim Alegret, copropriétaire de Bijoux Bleu, estime, pour sa part, que la prolongation des heures d'ouverture est une bonne chose en soi. Trop souvent, les clients sont pressés et se pointent à la boutique quelques minutes avant la fermeture. «Ça va permettre aux gens de souffler un peu et prendre le temps de se payer un bon repas.»

«Il faut tenter l'expérience. Il se donner un peu de temps. Dans six mois, peut-être, tout le monde se sera adapté au changement. Peut-être, aussi, que l'on constatera que ça ne marche pas», rend compte ce commerçant de bijoux faits à la main par des artistes québécois.

Évidemment, la prolongation des heures d'ouverture va faire en sorte qu'il passera encore plus de temps derrière son comptoir de vente. Joachim Alegret entend aussi proposer plus d'heures de travail à ses trois employées à temps partiel - des étudiantes - qui pourraient y trouver leur compte en travaillant moins d'heures les fins de semaine et plus les soirs de la semaine. Il évalue également la possibilité de réaliser une embauche. «Peut-être parce que je suis chanceux, mais j'ai un tas de CV de qualité sur mon bureau.»

Directeur général des Galeries de la Capitale, Serge Rossignol dit comprendre les «inquiétudes» soulevées par les marchands. Un plan d'action a été élaboré pour faire en sorte que l'achalandage soit au rendez-vous les soirs en début de semaine. Ainsi, au mois de juin, l'accès au Méga Parc sera gratuit les lundis, mardis et mercredis soir.

Pas d'effet d'entraînement

À court terme, les Galeries de la Capitale sera le seul grand centre commercial à Québec à ouvrir ses portes du lundi au vendredi de 10h à 21h.

Ne cherchez pas l'ombre d'un projet de prolongation des heures d'ouverture à Laurier Québec, à Place Ste-Foy ou à Fleur de Lys.

«Pour le moment, c'est le statu quo», assurent Stéphan Landry et Donald Larose, les directeurs de Laurier Québec et de Place Ste-Foy, deux centres commerciaux appartenant à Ivanhoé Cambridge, le bras immobilier de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

«Tous les jours, nous échangeons avec nos détaillants et nous ne ressentons pas, de leur part, un besoin pour prolonger les heures d'ouverture des magasins», indique Donald Larose.

«Nous captons le même message de la part des consommateurs, renchérit Stéphan Landry. Dans les circonstances, nous estimons que nous n'améliorerions pas le service à la clientèle en adoptant la mesure choisie par les Galeries de la Capitale.»

Période des Fêtes

Pour Stéphan Landry, l'expérience de la période des Fêtes - alors que les centres commerciaux augmentent leurs heures d'ouverture jusqu'au 24 décembre - n'est pas concluante. «C'est toujours tranquille les deux premières semaines.»

À Fleur de Lys, la directrice, Louise Gagnon, estime qu'il y aurait une «montée aux barricades» des commerçants s'il y avait une proposition de prolongation des heures d'ouverture sur la table.

«C'est clair, ils n'en veulent pas du tout d'une augmentation des heures d'ouverture. Oui, il y a une question de recrutement de personnel, mais il y a surtout une préoccupation de rentabilité. Ça ne permet pas toujours d'attirer de nouveaux clients. Bien souvent, ça ne fait que de répartir l'achalandage régulier sur une plus longue période de temps.»

Elle souligne aussi que les Galeries de la Capitale cherche à satisfaire une clientèle différente de celle de Fleur de Lys, par exemple.

«En raison du MégaParc, il accueille beaucoup de touristes et de vacanciers. Sans compter que le secteur Lebourgneuf est un quartier en plein développement qui regorge de jeunes familles dont les besoins sont différents de nos clients.»

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