Contrôle des finances personnelles: briser le silence

L'humoriste Laurent Paquin et Stéphane Gauvin, associé chez... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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L'humoriste Laurent Paquin et Stéphane Gauvin, associé chez Raymond Chabot, sont venus présenter les capsules que le cabinet de comptables a préparées sur le sujet des finances personnelles.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Si les problèmes financiers peuvent détruire des vies, c'est que le sujet est tabou au point qu'une personne sur deux hésite à en parler avec son conjoint ou sa conjointe, même avec des amis, même si l'entourage peut apporter son aide.

Le cas le plus médiatisé est certainement celui de Claude Poirier, qui avouait avoir fait l'erreur de ne pas parler de ses problèmes avec sa conjointe.

Un autre personnage bien connu, l'humoriste Laurent Paquin, a eu son lot de surprises parce qu'il ne gardait pas un oeil attentif sur ses finances comme travailleur indépendant au début de sa carrière. N'étant pas fiscaliste, il ne savait pas que les acomptes provisionnels pour payer les impôts réservaient moins de surprises que le téléphone d'un agent de Revenu Québec.

Dans une époque où les paiements virtuels sont pratiquement chose commune, que ce soit sur eBay, Amazon avec PayPal ou une carte de crédit dans les magasins virtuels, le risque de s'empêtrer dans les dettes est plus élevé que jamais. Si l'accès au crédit est de plus en plus facile, l'éducation à la gestion du budget personnel ne fait plus partie des cours au secondaire ou au cégep, à moins d'être inscrit dans le profil en administration.

C'est un peu pour toutes ces raisons et à cause des clients plus nombreux demandant une restructuration financière que la division en redressement financier et insolvabilité de la firme Raymond Chabot Grant Thornton a décidé de mettre son grain de sel dans les eaux troubles des tabous entourant les finances personnelles.

«Nous ne voulons pas faire la morale aux gens», insistent Laurent Paquin et Stéphane Gauvin, associé chez Raymond Chabot, «mais donner des conseils sur un ton plus léger et humoristique tirés d'événements de la vie quotidienne». Les gens parleront davantage de leur projet de divorce que de leurs difficultés financières, souligne aussi l'humoriste associé à l'objectif de faire tomber les tabous en brisant le silence.

Souvent trop tard

Lorsque les gens en viennent à rencontrer un syndic ou un conseiller en redressement des finances, il est souvent trop tard pour les conseils, avoue Stéphane Gauvin. Les capsules Web apparaissaient un bon moyen de sensibiliser les gens du groupe d'âge de 25 à 45 ans, qui sont les plus touchés par le manque de connaissances en matière de budget personnel et de gestion de leurs finances.

Si les thèmes proviennent de la réflexion des spécialistes de Raymond Chabot, c'est Laurent Paquin qui écrit les textes des capsules pour donner des exemples concrets et faire réfléchir ceux et celles qui sont dans l'engrenage de l'endettement. Et si le choix de la firme s'est posé sur Laurent Paquin, c'est qu'il a vécu des problèmes financiers et qu'il en a parlé publiquement sur un plateau de télé.

À la suite d'un sondage sur les Québécois et leurs finances, l'expert de Raymond Chabot note que dans la région de la Capitale-Nationale, un citoyen sur trois juge que sa situation financière personnelle est fragile. Pire encore, alors qu'au Québec, 50 % des gens ont peur de parler de leurs finances avec l'entourage, le pourcentage grimpe à 60 % dans la grande région de Québec.

Stéphane Gauvin soutient qu'il «ne faut jamais s'isoler et camoufler ses ennuis financiers personnels, prévient-il. Au contraire, dans une telle situation, l'on doit s'informer, parler de son état, obtenir une aide adéquate. Parler d'argent ne doit plus être tabou, et l'on doit impérativement obtenir du soutien et de l'encadrement pour éviter le pire. En somme, il ne faut pas perdre ses moyens».

Les experts consultés par Le Soleil au fil des ans s'accordent pour affirmer que les problèmes financiers ont des effets non seulement sur la famille ou le couple, mais aussi sur l'état psychologique des personnes aux prises avec des problèmes pour équilibrer leur budget.

La règle de base demeure la même depuis longtemps : faire son budget sérieusement en établissant les revenus et les dépenses fixes, prévoir une marge pour des imprévus tout en évitant les achats compulsifs. 

Dans les institutions bancaires et financières, dans les associations coopératives d'économie familiale (ACEF), il y a des conseillers capables d'aider les personnes à reprendre le contrôle de leurs finances, parfois même les accompagner pour se sortir du bourbier et envisager l'avenir autrement qu'en pensant à une faillite. On peut trouver de l'aide et des conseils, même des formules simples pour faire son budget sur les sites des banques, des caisses populaires, des ACEF et sur le site du magazine Protégez-Vous, qui publie chaque année un numéro spécial sur le sujet.

Laurent Paquin a appris sa leçon

Laurent Paquin, humoriste, mais surtout travailleur autonome, ne se tracassait pas pour ses finances personnelles au début de sa carrière. Il ne savait pas non plus que sur ses contrats, on ne retenait pas l'impôt à la source...

Il a fait un saut lorsque des gens de son entourage lui ont annoncé qu'il aurait des problèmes avec ses impôts et les agences du revenu.

«Je ne me préoccupais pas de l'argent, raconte-t-il en entrevue. L'argent entrait, je dépensais. C'est la personne qui s'occupait de la comptabilité à l'agence qui me représentait qui m'a fait la surprise. Je n'en étais pas conscient, mais j'étais dans le trouble, car je n'avais pas prévu cela et je n'avais pas d'argent pour régler mes dettes avec l'impôt.»

Il a dû négocier avec les représentants gouvernementaux et prendre des ententes pour payer ses dettes envers l'État. Il devait payer un certain montant chaque mois, «mais lorsque l'argent entrait davantage, car ma carrière commençait à prendre son envol, je pouvais donner davantage pour effacer ma dette». Maintenant, il sait qu'il faut être vigilant.

Aujourd'hui, il s'est donné des moyens avec sa conjointe pour savoir autant quelles sont les entrées de fonds, mais aussi les dépenses. Il a repris le contrôle sur ses finances, tant pour sa compagnie que pour son budget personnel.

Facilité du crédit

Il s'étonne par contre de la facilité du crédit si simple à obtenir, des guichets automatiques qui distribuent l'argent au point que les gens oublient que chaque retrait a un impact sur le budget. 

Mais le plus étonnant, estime-t-il, c'est le manque de temps pour réfléchir avec les achats en ligne où, en quelques secondes, la transaction est conclue. Dans un vrai magasin, il y a un délai entre prendre l'objet sur la tablette et passer à la caisse. Dans le Web, c'est instantané.

«Il faut se demander chaque fois si j'ai vraiment besoin de ça», lance-t-il, tout sérieux. Et il insiste encore sur l'importance de briser le silence et de parler avec ses proches du budget, des finances personnelles et de celles de la famille. Si cela cause de l'inconfort, même des malaises au point de penser qu'on est «un pas bon», c'est en sortant des tabous que les gens pourront se reprendre en main avec l'aide de l'entourage. 

Les capsules de Laurent Paquin se trouvent sur ce site : tinyurl.com/nt36wgy

Faits saillants d'un sondage sur les finances personnelles

Voici quelques données du sondage Les Québécois et les finances personnelles, réalisé par CROP pour la firme-conseil Raymond Chabot: 

  • À peine un résident de Québec sur deux (57 %) dresse un budget de planification de dépenses courantes en fonction de ses revenus. 
  • Moins d'un citoyen de Québec sur cinq (18 %) se sent concerné par l'énoncé «Si je mettais de l'argent de côté, ce serait pour assurer l'avenir».
  • Un résident de Québec sur quatre (24 %) ignore tout sur le calcul des intérêts sur les cartes de crédit.
  • 48 % des habitants de Québec pensent que leurs dettes ont augmenté ces trois dernières années.
  • Un citoyen de Québec sur quatre (27 %) ne pourrait parvenir plus d'un mois à vivre sans revenu.

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