Postes Canada va de l'avant avec son plan de boîtes communautaires

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Le patron de Postes Canada responsable de ce dossier, Jacques Côté, a soutenu que la société d'État n'avait pas le choix d'emprunter la voie des boîtes postales communautaires, confrontée qu'elle est à la baisse constante du volume de lettres.

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Montréal

Il n'y aura pas de moratoire comme l'ont demandé certains maires. Malgré les protestations et la requête devant la Cour fédérale, Postes Canada va de l'avant avec son plan de mettre fin graduellement à la livraison du courrier à domicile et d'implanter à la place des boîtes postales communautaires.

En entrevue mercredi, le patron de Postes Canada responsable de ce dossier, Jacques Côté, a soutenu que la société d'État n'avait pas le choix d'emprunter cette voie, confrontée qu'elle est à la baisse du volume de lettres.

«On comprend que les gens aimeraient mieux que ça ne change pas. On comprend que les changements sont difficiles. Je peux vous assurer que si on avait le choix, on ne ferait rien. Mais si rien n'est fait, le système postal canadien va devenir un fardeau, va avoir des pertes financières importantes», a justifié M. Côté, directeur du Groupe livraison physique chez Postes Canada.

M. Côté concède que la société enregistre une hausse du nombre de colis, mais cette hausse, qui rapporte 100 millions $, ne compense pas financièrement pour la baisse du nombre de lettres, qui fait perdre 200 millions $, a-t-il objecté.

Postes Canada ne pouvait pas non plus ne livrer les lettres qu'une journée sur deux, comme l'ont suggéré certains. D'abord, bien des petits colis sont livrés par le facteur en même temps que les lettres. Et M. Côté explique que les concurrents de Postes Canada dans le domaine du colis offrent souvent la livraison dès le lendemain d'une commande. Postes Canada, qui livre tant des lettres que des colis, ne pouvait donc pas livrer ses lettres une journée sur deux, seulement, et livrer ses colis plus rapidement ou ne livrer ses colis qu'une journée sur deux.

Quant à la requête qui a été déposée devant la Cour fédérale par sept organismes, dont le Syndicat des travailleurs des Postes, et deux particuliers, M. Côté se croit en bonne position pour se défendre jusqu'en Cour suprême, s'il le faut.

«On pense qu'on est sur une base solide et que notre position est légale. Nous avons l'intention de continuer avec le programme et on avisera en cour. Nous avons certainement l'intention de répondre et de défendre notre cas», a-t-il répliqué.

Accommodements

Postes Canada se dit prête à accommoder les personnes qui ont des limitations fonctionnelles au point de gêner leur capacité à se rendre aux boîtes postales communautaires dans leur quartier.

Dans la requête présentée devant la Cour fédérale, les opposants allèguent que Postes Canada ne peut s'immiscer dans leur vie privée et demander des renseignements médicaux comme des preuves de limitations fonctionnelles. M. Côté réplique que demander une telle preuve est une pratique semblable à celle qui est demandée pour obtenir un permis de stationnement pour personne handicapée.

Pour ce qui est de l'argument des opposants quant à l'impossibilité d'installer des boîtes postales communautaires dans les quartiers densément peuplés, M. Côté affirme être aussi prêt à des accommodements raisonnables. Il rappelle qu'il existe déjà des boîtes communautaires depuis trois décennies au pays. Près de quatre millions de foyers canadiens sont déjà desservis par de telles boîtes.

Il se dégage de son propos que dans ces cas de quartiers densément peuplés, Postes Canada pourrait faire appel aux pharmacies, peut-être même à des dépanneurs, c'est-à-dire des lieux facilement accessibles, avec une plage horaire étendue.

«Définitivement, des pharmacies ou des commerces. Pour des commerçants, souvent, c'est une solution attrayante, parce que ça crée un achalandage continu. Ça permet au voisinage d'avoir des commerçants qui peuvent demeurer en affaires, parce que cet achalandage-là assure du revenu», a expliqué M. Côté-.

Et M. Côté fait valoir que dans le cas de plusieurs commerces, cela n'occasionnerait même pas de dépenses de location d'espace pour Postes Canada. La perspective de l'accroissement de l'achalandage dans le commerce qui s'ensuivrait suffirait à séduire bien des commerçants, a-t-il fait valoir.

Au Québec, le plan de Postes Canada a déjà été déployé à Repentigny, Boisbriand, Lorraine, Bois-des-Filion et Rosemère. Il n'y a pas eu encore de «conversion» à Québec, bien qu'il y ait déjà là des boîtes communautaires. «On a fait 24 000 adresses dans la Couronne Nord», souligne-t-il, avant de préciser que la société a accordé «280 accommodements» pour des cas particuliers.

Le plan de la Société canadienne des postes a été annoncé en décembre 2013. Elle s'est donné cinq ans pour mettre fin graduellement à son service de livraison du courrier à domicile, ce qui doit lui permettre d'économiser 500 millions $ sur cinq ans, a signalé M. Côté.

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