Secteurs commerciaux de Québec: les affaires roulent malgré l'austérité

L'avenue Cartier... (Photothèque Le Soleil)

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L'avenue Cartier

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(Québec) Le commerce de détail est en pleine restructuration. La concurrence entre les centres commerciaux est rude. Les rues et secteurs commerciaux de Québec doivent aussi s'ajuster à un contexte économique mis à mal par l'austérité. Le Soleil a sondé le pouls des Sociétés de développement commercial (SDC) et des artères marchandes. Dans l'ensemble, malgré un début d'année calme et quelques locaux à louer ici et là, les affaires marchent plutôt rondement. État des lieux.

>> Rue Saint-Joseph (Centre-ville)

  • Nombre de membres: 230
  • Fermetures récentes: Yuzu, Balthazar, Équipe Nutrition
  • Taux d'inoccupation:8,3 %

«C'est une période ardue dans le commerce de détail, surtout pour les magasins à bannière. On a vu le phénomène commencer à Montréal et il s'en vient à Québec», explique la directrice générale de la SDC Centre-Ville, Catherine Raymond. Dans le secteur du vêtement et de la chaussure, «on sent la tendance [à la baisse] amorcée dans les centres commerciaux». À l'inverse, les affaires roulent bien dans le meuble, la déco et la culture, ajoute-t-elle. La directrice générale se targue de voir le quartier maintenir un faible taux d'inoccupation de locaux. Si le secteur a vu des commerces fermer dans les derniers mois, il s'en est ouvert trois fois plus, explique-t-elle. «À 8,3 %, c'est correct. Beaucoup de collègues seraient envieux d'avoir ces résultats, même s'il reste du travail à faire.» Mme Raymond est particulièrement fière de constater que 60 % des ouvertures de locaux sont des bureaux. «C'est encourageant. Ce sont des travailleurs qui consomment dans le secteur, de 8h à 5h. C'est bon pour le commerce de détail.»

***

>> Avenue Cartier (Montcalm)

  • Nombre de membres: 225
  • Fermetures récentes: Fancy
  • Taux d'inoccupation: 2 %

La rue Cartier et ses environs ont connu un «bon ralentissement» en octobre et novembre, de l'ordre de 8 à 12 % du chiffre d'affaires, note le directeur général de la SDC Montcalm, Marc-André Pâlin, imputable en grande partie aux travaux sur Grande Allée. La situation s'est rétablie depuis. L'arrivée au printemps de Starbucks et de Chocolats Favoris, dans l'édifice en construction au coin Cartier-René-Lévesque, devrait donner un nouvel élan au secteur. Très peu de locaux sont inoccupés dans ce coin de la ville, malgré un prix au pied carré plutôt élevé (entre 35 $-55 $), ce qui réclame des marchands d'avoir «les reins solides». Seulement deux locaux sont disponibles sur la rue Cartier (dont un dans les Halles). Règle générale, explique-t-on, ces espaces sont vite remplacés. Et, malgré ce qu'on peut croire, les demandes pour des ouvertures de restaurants demeurent nombreuses.

***

>> Rue Saint-Jean (Faubourg Saint-Jean-Baptiste)

  • Nombre de membres: 160
  • Fermetures récentes: Le Commensal, Boucherie W.E. Bégin, Le Copiste du Faubourg
  • Tauxd'inoccupation: moins de 5 %

Pour le président de la SDC Faubourg Saint-Jean-Baptiste, Carol Proulx, janvier et février sont toujours des mois «difficiles et plus calmes» pour le commerce de détail. Après les dépenses importantes des Fêtes, les consommateurs sont guidés par la prudence. «Mais cette année, c'est nettement meilleur que l'an passé, même si ça demeure lent. Les nouvelles économiques pas très positives ont un impact sur la confiance des gens. On sent la tiédeur du marché.» C'est d'ailleurs pour contrer cette tendance qu'une «campagne de sensibilisation» a été lancée afin de promouvoir l'achat local, histoire de «survivre aux géants commerciaux». Le taux d'inoccupation des locaux demeure «faible» sur la principale artère du faubourg. L'ancien édifice du restaurant Le Commensal, fermé en mai 2013, n'a pas encore trouvé preneur. Le sort de la boucherie W.E. Bégin, laissée à l'abandon, s'avère également une épine au pied pour le secteur. Son propriétaire, Luc Massicotte, compte toujours relancer l'entreprise. Il compte démolir l'édifice, mais se heurte à la réglementation municipale. «Quand tu vois un aussi grand local fermé, en plein centre de ta rue principale, ça marque un peu», déplore M. Proulx.

***

>> Rue Saint-Jean (Vieux-Québec)

  • Nombre de membres: 267
  • Fermetures récentes: Le Château Entrepôt, Archambault Musique, Footlocker
  • Taux d'inoccupation: non disponible

Jean-Pierre Du Sault, président du c.a. de l'Association des gens d'affaires du Vieux-Québec, ne croit pas que les affaires dans l'arrondissement historique se portent plus mal qu'ailleurs. «Tout le monde est confronté à la loi du marché. C'est une période creuse, mais il ne faut pas généraliser à partir de la fermeture de quelques commerces. On est loin de s'inquiéter.» Son collègue, Jules Duguay, directeur général de l'association, soutient que les fermetures ne sont pas l'apanage du Vieux-Québec. «Ce n'est pas pire qu'ailleurs. Regardez Saint-Roch, la Grande Allée, Place Royale. Quand on se compare, on se console...» Même s'il avoue ne pas être dans le secret des dieux au sujet des raisons du départ du magasin «porte-étendard» Archambault, M. Du Sault se dit «confiant» de voir une nouvelle enseigne prendre bientôt la relève. C'est le cas pour le local du 1060, rue Saint-Jean, autrefois occupé par le magasin de vêtements Michael, qui verra bientôt débarquer la bannière Chlorophylle. «Il y a Simons qui reste une locomotive pour attirer des nouveaux joueurs dans le commerce de la mode.»

***

>> 3e Avenue (Limoilou)

  • Nombre de membres: 100
  • Fermeture récente: librairie Le Tourne-feuilles
  • Taux d'inoccupation: 0 %

Le secteur commercial de la 3e Avenue, dans Limoilou, est en pleine expansion, confie le directeur général de la SDC locale, Mathieu Montmartin. «Ça va plutôt bien. Il y a une grosse demande pour des locaux. Il y a même une liste d'attente.» Ce secteur de la ville agit comme un aimant sur les jeunes résidents et les familles. «C'est un quartier à échelle humaine. La dynamique est très urbaine, avec un environnement architectural très intéressant, ajoute-t-il. Plus de 15 000 personnes vivent dans un secteur de deux kilomètres carrés, une densité de population qui favorise les commerces de proximité.» L'installation imminente de parcomètres sur la 3e Avenue demeure une inconnue. «Il nous manque beaucoup d'informations. Quel sera l'impact? On ne le sait pas. Le gros avantage, c'est que la ville veut vraiment négocier une arrivée en douceur.»

***

>> Avenue Maguire (Sillery)

  • Nombre de membres: 105
  • Fermetures récentes: Jardin Mobile, Couche-Tard
  • Taux d'inoccupation: non disponible

«Ça va bien. D'après ce que j'entends, le climat est bon», résume Bernhardt Beaudry, directeur général de la SDC Maguire pour illustrer l'état des affaires sur l'artère de Sillery. L'installation récente de parcomètres ne semble pas avoir eu un impact majeur sur l'achalandage. Une étude exhaustive sera conduite après un an sur le sujet. Le taux d'inoccupation des locaux est minime, «peut-être quatre ou cinq à petites surfaces». M. Beaudry est «confiant» que l'endroit occupé par une succursale du Jardin mobile trouve preneur le plus rapidement possible. Au printemps, Bagel Maguire déménagera dans un nouvel édifice, face au stationnement de l'hôtel de ville, laissant vacant un espace qu'on espère là aussi combler rapidement.

***

>> Place Royale (Petit Champlain)

  • Nombre de membres: 130
  • Fermetures récentes: L'Espace McChef
  • Taux d'inoccupation: non disponible

Attirer les touristes, et aussi les citoyens de Québec, demeure le défi des marchands de ce secteur, regroupés dans l'Association des gens d'affaires Place Royale-Vieux-Port. «Il faut faire un travail constant pour que ça bouge», mentionne le vice-président François-David Bernier. Dans les dernières années, nous avons été choyés avec le Moulin à images et le Cirque du Soleil.» L'association compte d'ailleurs devenir une Société de développement commercial, histoire d'obtenir une meilleure représentation auprès de la ville. Les commerçants tirent leur épingle du jeu, même si la période économique n'«est pas des plus faciles à force de parler d'austérité», explique M. Bernier. «À Québec, on ne peut pas encore se péter les bretelles. Il reste beaucoup à faire au plan international pour attirer le tourisme de qualité.»

***

>> Rue Saint-Vallier (Saint-Sauveur)

  • Nombre de membres : 160
  • Taux d'inoccupation: non disponible

Pour le directeur général de la SDC Saint-Sauveur, Mario Bédard, les affaires vont «très bien» dans ce secteur de la ville. «Les commerçants sont très satisfaits. Il n'y a pas de faces longues.» La rue Saint-Vallier Ouest regroupe bon nombre de «petits commerces dynamiques et de petits restaurants pas trop dispendieux qui ont su trouver leur niche», explique-t-il. Un joueur important comme le magasin de plein air Latulippe attire aussi beaucoup de clients. La SDC n'est pas en mesure de fournir des chiffres sur le taux d'inoccupation, mais il n'est pas très élevé, fait-on remarquer. «Il y a une dizaine de locaux dans le district, ce qui est normal. Et généralement, quand un commerce ferme, un autre ouvre.» Comme la microbrasserie Griendel, qui ouvrira ses portes cet été dans l'ancien édifice de l'Union commerciale.

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