La «guerre au froid» d'Hydro-Québec

Lors de certaines journées très froides, comme le... (Photothèque Le Soleil)

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Lors de certaines journées très froides, comme le 8 janvier dernier qui a été la journée la plus froide de l'hiver, la grande demande d'électricité force Hydro-Québec à importer de l'énergie notamment de l'Ontario, de l'État de New York et du Nouveau-Brunswick.

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Gilles Gagné

Collaboration spéciale

Le Soleil

(CARLETON) Lors de sa plus grande journée de consommation d'électricité depuis le début de l'hiver, le 8 janvier, Hydro-Québec a importé près de 1500 mégawatts d'énergie de l'extérieur, sans compter l'essentiel des 5428 mégawatts produits par les chutes Churchill, au Labrador. Le Soleil décortique ici une journée typique de grande consommation d'électricité.

Il y a 10 jours, un jeudi glacial et venteux, la pointe instantanée de consommation s'est établie à 38 950 mégawatts, soit un peu moins que le record de 39 240 mégawatts enregistré il y a un an. La lecture de cette consommation maximale est effectuée lors de la minute au cours de laquelle se manifeste la pointe.

C'est généralement un moment se situant autour de 7h15, alors que les gens sont levés, qu'ils prennent leur douche, qu'ils actionnent leur grille-pain et qu'ils augmentent le chauffage de leur maison, signale Marie-Élaine Deveault, porte-parole d'Hydro-Québec.

«Au Québec, 77 % des ménages chauffent à l'électricité, et 50 % de la facture d'électricité vient du chauffage», aborde-t-elle. «Le 8 janvier suivait quelques jours de froid. Dans une vague de froid, plus les jours avancent, plus les bâtiments perdent leur efficacité d'isolation.»

Pour aller à la «guerre au froid», Hydro-Québec dispose d'un arsenal passablement étendu. Un réseau de 62 centrales hydro-­électriques d'une capacité totale de 36708mégawatts mène la charge, suivi des 5428 mégawatts des chutes Churchill, un barrage dans lequel Hydro-Québec est actionnaire et dont la production revient en très forte majorité à cette société publique.

Plusieurs fournisseurs

Même si ces 63 barrages confèrent à Hydro-Québec environ 41000 mégawatts, une somme d'énergie supérieure à la pointe du 8 janvier, ils produisent sous la barre des 100 % de capacité, ce qui force la société publique à recourir à d'autres sources.

Elle achète de l'énergie de l'extérieur de la province, de l'Ontario et de l'État de New York principalement, et aussi du Nouveau-­Brunswick. De décembre à mars inclusivement, ces achats sont courants.

Hydro-Québec a aussi signé des «contrats interruptibles» avec de grands consommateurs industriels comme les alumineries ou les entreprises de pâtes et papiers. En d'autres mots, elle redirige une énergie qui aurait autrement servi à produire des lingots ou des rouleaux de papier. De plus, Hydro-Québec a aussi signé des ententes d'achat avec quelques producteurs privés, comme Rio Tinto, qui possède ses propres barrages.

L'énergie éolienne fournit aussi Hydro-Québec. La capacité installée des parcs éoliens québécois, de propriété privée, mais liés par des contrats de 20 ans à la société publique, s'établit à 2840 mégawatts. Comme il ne vente pas toujours, le facteur d'utilisation, une méthode de calcul donnant une équivalence de production optimale, s'établit à 35 %. Bref, on peut s'attendre à ce que les parcs éoliens génèrent environ 1000 mégawatts, avec des hauts et des bas.

Hydro-Québec compte sur deux centrales au gaz, la sienne à Gentilly, à côté de la centrale nucléaire, et celle de Trans-Canada Énergie à Bécancour, «mais elles n'ont pas été utilisées», note Mme Deveault.

«Le 8 janvier, lors de la pointe du matin, les importations nettes ont été de 1488 mégawatts, la contribution de l'éolien a été de 954 mégawatts et les contrats interruptibles ont fourni 979 mégawatts», conclut-elle.

L'éolien, un apport sous-estimé

L'apport de l'énergie éolienne se trouve souvent sous-estimé par la méthode choisie par Hydro-­Québec pour déterminer sa pointe quotidienne de consommation. Par exemple, le 7 janvier, selon la société publique, la contribution des parcs éoliens lors de la minute optimale de consommation s'est établie à 56 mégawatts. Pourtant, Luc Leblanc, porte-­parole de Cartier Énergie éolienne, précise que cette journée-là, à partir des données disponibles pour 60% des parcs éoliens du Québec, leurs turbines ont livré sur une moyenne de 24 heures 193,5 mégawatts. Une simple règle de trois suggérerait que le secteur éolien a probablement livré une moyenne de 320 à 325 mégawatts le 7 janvier, en tenant compte de tous les parcs. Jean-François Samray, de l'Association québécoise de production d'énergie renouvelable, note que «la méthode d'Hydro-Québec ne tient pas compte du fait que leur évaluation peut survenir entre deux bourrasques, et qu'il ne vente pas nécessaire fort le matin, en période de pointe de consommation».

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