Taxe carbone: des effets négatifs sur le camionnage

Dans le cas du camionnage, le prix du... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Dans le cas du camionnage, le prix du diesel demeure élevé, variant de 1,20 $ à 1,25 $ le litre en moyenne.

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(Québec) La taxe carbone aura un effet négatif sur le camionnage au Québec en faisant grimper les coûts du transport et en favorisant les entreprises des autres provinces où le prix du carburant est déjà pas mal plus bas.

Si l'entrée en vigueur le 1er janvier de la taxe carbone d'environ 2 ¢ le litre n'a pas fait de vague à la pompe pour les automobilistes, c'est à cause de la baisse de prix de l'essence des derniers mois. Dans le cas du camionnage, le prix du diesel demeure élevé, variant de 1,20 $ à 1,25 $ le litre en moyenne.

Selon des porte-parole de l'industrie, ce sont les consommateurs qui vont payer la note, car les entreprises de transport refilent la variation des prix du carburant à leur client, à la hausse ou à la baisse, par la facturation d'une surcharge. 

La nouvelle taxe, ou redevance, fait partie du prix à la pompe. Le consommateur devra finalement payer la fameuse surcharge du carburant dans le prix des produits livrés dans les commerces, que ce soit les produits d'alimentation ou les biens de consommation.

L'application unique de cette redevance sur l'émission de CO2 au Québec et à l'État de la Californie semble être une forme de cauchemar pour les transporteurs de la province.

Selon le président-directeur général de l'Association du camionnage du Québec, Marc Cadieux, le gouvernement du Québec vient fragiliser une économie déjà chancelante avec une taxe qui fera non seulement gonfler les prix, mais nuira à la concurrence puisque les transporteurs des États-Unis, de l'Ontario ou du Nouveau-Brunswick pourront offrir des tarifs plus avantageux parce qu'ils payent le carburant moins cher chez eux qu'au Québec.

«Nous avons effectué de nombreuses représentations auprès du gouvernement, affirme-t-il, mais nos demandes n'ont pas été écoutées.»

«Inéquitable»

La directrice du marketing du Groupe Robert, Caroline Lacroix, soutient qu'il aurait été plus équitable d'avoir une taxe routière applicable à tous les usagers de la route, ce qui aurait permis une concurrence loyale entre les transporteurs du Québec et ceux des autres provinces ou des États-Unis.

Du côté du transporteur Guilbaut, son président Éric Gignac affirme sans ambages qu'il «n'y a pas encore eu de changement à la pompe, mais l'impact se fera sentir d'ici le printemps. Et il y en aura certainement à plus long terme.»

Parce que seuls le Québec et la Californie imposent ce genre de taxe pour protéger l'environnement, M. Gignac imagine facilement que les transporteurs canadiens et américains vont inclure le 2 ¢ le litre dans leur surcharge de carburant pour suivre les prix des transporteurs québécois.

«Mais eux, ils payent déjà le carburant plusieurs cents de moins le litre. Ils feront donc plus de profits et nous, nous encaisserons des pertes», estime-t-il.

Il se demande, dans la perspective où la taxe verte grimpera à 10 ¢ le litre d'ici cinq ans, si le Québec veut vraiment que l'industrie du camionnage soit en croissance ou bien qu'elle disparaisse. «Ce sont les transporteurs hors Québec qui vont profiter de cet écart et qui feront le transport de marchandises dans la province», craint-il.

Faire le plein en Ontario

Caroline Lacroix, directrice du marketing du transporteur Groupe Robert, confirme que l'entreprise demande à ses chauffeurs de faire le plein en Ontario ou aux États-Unis avant de rentrer au Québec. L'impact de cette taxe aura un effet négatif sur les coûts du transport, dénonce-t-elle.

«Le camionneur ne déviera pas de sa route pour aller faire le plein, ajoute-t-elle, mais nous avons des ententes avec des stations à cause du volume de carburant que nous achetons pour nos 1100 tracteurs sur la route. Le chauffeur ira là où nous obtenons le meilleur prix. Le prix du carburant est un facteur important dans nos coûts d'exploitation. Nous ferons ce qui est nécessaire pour faire des économies.»

Cependant, elle soutient que les camions effectuant des circuits à l'intérieur du Québec continueront de faire le plein au Québec, mais toujours dans les stations où le Groupe Robert a négocié des ententes pour obtenir les prix les plus avantageux.

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