Les granules de bois se font rares

Les sacs de granules de bois sont difficiles... (Shutterstock, Stocksnapper)

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Les sacs de granules de bois sont difficiles à trouver en quincaillerie en raison de l'hiver 2013-2014 qui a été très froid.

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(Québec) En plein mois de janvier, les consommateurs peinent à trouver des granules de bois pour chauffer leurs poêles et donc leurs maisons. Un phénomène de rareté hérité de l'hiver précédent, très rigoureux, et accentué par la peur d'en manquer.

Le Soleil a appelé dans plusieurs quincailleries, lundi, et n'a pas trouvé le moindre sac de granules de bois à vendre.

Acheteur pour Canac, Harold Guay a confirmé que toutes les succursales de la chaîne, dont le siège social est à Québec, sont à sec. Quelques «palettes» sont livrées chaque semaine, mais il suffit d'une journée ou deux pour écouler la marchandise. «Dès que j'en ai, ça disparaît», résume M. Guay.

Même son de cloche chez Durand, quincaillier RONA spécialisé dans les poêles et les foyers. «J'en reçois assez régulièrement, toutes les semaines, mais ça prend une journée, des fois une journée et demie, et il n'y en a plus», raconte le vendeur Paul Gaudreau. Pour accommoder un maximum de foyers, le détaillant a décidé de limiter à 20 le nombre de sacs par client.

La source du problème remonte à la fin de l'hiver dernier, un hiver froid et long qui a obligé les fabricants à puiser dans leurs réserves pour répondre à la demande immédiate. À la fin de l'été, il y avait donc moins de granules disponibles. La production est livrée au fur et à mesure qu'elle sort de l'usine. 

Provisions

Les consommateurs échaudés, eux, ont renforcé leur mauvaise habitude d'acheter leurs granules d'un seul coup, comme ils le font pour le bois en cordes. Ils ont même devancé la saison en faisant leurs provisions dès les mois d'août et de septembre. 

«Il y en a qui ont joué à l'écureuil et qui doivent avoir des granules pour deux ans d'avance», suspecte Ken St-Gelais, directeur général de Granules LG, le plus gros producteur du Québec situé au Lac-Saint-Jean. Il en reste donc moins pour les besoins courants. 

M. St-Gelais n'aime pas parler de la rareté - il évite volontairement le mot pénurie - car il est convaincu que cela intensifie le mouvement de panique des consommateurs. «À long terme, ce n'est pas bon pour nous car ça crée de l'insécurité. [...] Les gens s'en rappellent longtemps», déplore-t-il. 

Cette pénurie artificielle survient alors que la production québécoise de granules continue de croître. John Arsenault, directeur du groupe granules de bois pour le Bureau de promotion des produits du bois du Québec, estime que l'offre augmentera entre 5 et 10 % cette année, comme les précédentes. 

Les producteurs sont tributaires de la vigueur de l'industrie du bois de sciage, dont ils récupèrent les résidus pour les amalgamer. Or, celle-ci amorce une lente reprise, au rythme du marché immobilier nord-américain. 

La seule autre façon d'augmenter la production serait d'aller récolter la matière première en forêt, ce qui hausserait les coûts de production et donc le prix en magasin, qui n'a pas bougé malgré la forte demande des derniers mois.

325 000
tonnes de granules de bois produites cette année au Québec
200 000
tonnes destinées à l'exportation
225 $
la tonne sur le marché local
200 $
la tonne à l'exportation

Le marché local avant l'exportation

Les producteurs de granules de bois du Québec ont tout avantage à desservir le marché résidentiel local car il est plus payant que le marché de gros tourné vers l'exportation, démystifie John Arsenault, du Bureau de promotion des produits du bois du Québec.

Non seulement le prix au détail est plus élevé, mais les contraintes d'expédition sont moindres. Tourner le dos à cette clientèle directe serait donc «quasi suicidaire», selon M. Arsenault. Comme la demande interne n'est pas suffisante, les deux tiers de la production provinciale sont tout de même exportés, principalement vers les États-Unis. Une fois les contrats signés, les producteurs doivent honorer leur parole, même si le Québec est preneur tout d'un coup.

«Quand on a des engagements, on les respecte», dit Ken St-Gelais, de Granules LG. Avant Noël, le président d'Arrimage Québec, Denis Depuis, qui a construit dans le port de Québec des silos et un terminal d'exportation pour des granules de bois destinés à la production d'électricité en Europe, se disait confiant de manutentionner des granules québécois dès 2015. L'industrie est intéressée, y travaille, mais nos interlocuteurs croient qu'il sera difficile d'atteindre l'objectif aussi rapidement car il faudrait pour cela augmenter considérablement la production.

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