Commerce de détail: l'austérité sous le sapin

Au magasin Laliberté, dans le quartier Saint-Roch ,... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Au magasin Laliberté, dans le quartier Saint-Roch , la copropriétaire Lucie Morisset signale que les chiffres de la période des Fêtes 2014 ressembleront, dans l'ensemble, à ceux de l'année dernière.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Toutes les heures, Jacques Labrecque vérifie les ventes dans ses 19 magasins regroupés sous les bannières Jacobus, Pénélope et Fruits & Passion. Depuis mardi, il respire un peu mieux.

«Depuis dimanche, nous sentons de la frénésie de la part des consommateurs», raconte-t-il au Soleil. «Avant les 48 dernières heures, nos ventes étaient en recul par rapport à l'an dernier, mais là, ça se replace. Les consommateurs sont plus à la dernière minute cette année. C'est comme s'ils se rendaient compte que, malgré le climat d'austérité économique, ils devaient acheter des cadeaux à leurs êtres chers.»

Au magasin Laliberté, dans le quartier Saint-Roch à Québec, Lucie Morisset signale que les chiffres de la période des Fêtes 2014 ressembleront, dans l'ensemble, à ceux de l'année dernière. «Nous ne sommes pas totalement satisfaits, mais nous avons su tirer notre épingle du jeu dans un contexte où les mauvaises nouvelles s'accumulent dans le commerce au détail», signale-t-elle en rappelant, entre autres, la fermeture du magasin Holt Renfrew de Place Ste-Foy à la fin janvier, de la faillite de Mexx et de la fin des activités de Jacob.

Toutefois, pour l'ensemble de 2014, la croissance ne sera pas au rendez-vous. «Depuis 2008, nos ventes progressaient d'année en année. Ça ne sera pas le cas en 2014. Elles se compareront à celles de l'an dernier. Cette année, nous avons senti une certaine retenue de la part des consommateurs. Nous les sentons inquiets», constate la copropriétaire de ce commerce qui a résisté à toutes les tempêtes depuis sa fondation en 1867, quelques semaines avant la signature de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique qui créait officiellement le Canada.

Confiance minée

Les deux marchands ont remarqué que le moral des consommateurs n'était plus le même en 2014. Le message d'austérité du gouvernement québécois, ils l'ont compris. Les coupes dans les ministères, les changements dans les régimes de retraite et la hausse de la tarification des services de garde ont miné leur confiance. 

«Les gens font attention. C'est comme s'ils appréhendaient une grosse tempête», témoigne Jacques Labrecque. En fait, la seule bonne nouvelle que les consommateurs ont à se mettre sous la dent par les temps qui courent, c'est la chute des prix de l'essence!

«Les gens comptent leurs sous. Ils ont fait leurs recherches sur l'Internet. Ils veulent un produit précis. Ils veulent payer un prix précis sans défoncer leur budget.»

Selon M. Labrecque, les prochaines années ne seront pas de tout repos pour le commerce au détail avec l'augmentation des loyers dans les centres commerciaux, la hausse des taxes et des salaires. De nouvelles stratégies devront être déployées par attirer davantage les clients dans les magasins et les boutiques.

Pour Laliberté, la recette a fait ses preuves.

«Il faut continuer à nous distinguer des boutiques des centres commerciaux», insiste Lucie Morisset. «Comment? En étant à l'affût des besoins de la clientèle. En offrant des produits que les consommateurs ne retrouveront pas ailleurs. C'est aussi en continuant de miser sur un personnel stable, dévoué et motivé qui connaît la marchandise sur le bout de ses doigts et à qui nous essayons d'offrir la meilleure qualité de vie en leur proposant, par exemple, des horaires garantis.»

Des heures d'ouverture trop longues?

Vaut-il encore la peine de prolonger jusqu'à 21h les heures d'ouverture des magasins en début de semaine dès l'arrivée des premiers jours du mois de décembre?

Lucie Morisset et Jacques Labrecque se posent la question.

«Il faut avouer que la première semaine de décembre, ce n'est pas le Klondike», rend compte Lucie Morisset en avouant que les «heures sont longues» pour la quarantaine d'employés de Laliberté. Le vénérable commerce de la rue Saint-Joseph ne recrute pas de personnel supplémentaire pour la période des Fêtes. «Il faut suivre la parade et respecter la clientèle qui pense que nous sommes ouverts jusqu'à 21h cinq soirs par semaine à compter du 1er décembre. Agir autrement des autres pourrait nous faire perdre des clients potentiels.»

Il n'y a pas si longtemps encore, il y avait de l'affluence tous les soirs en décembre dans les centres commerciaux. Ce n'est malheureusement plus le cas, témoigne Jacques Labrecque. Du moins, pas cette année.

«Le commerce de détail n'est plus ce qu'il était et l'achalandage dans les centres commerciaux n'est plus ce qu'il était non plus», affirme le propriétaire de 19 magasins Jacobus, Pénélope et Fruits & Passion à Québec, à Saguenay, à Trois-Rivières et à Sherbrooke.

«Jusqu'au 15 décembre, l'achalandage n'est pas au rendez-vous. Ce fut le cas cette année. Peut-être qu'en ouvrant tous les soirs à compter du 15 décembre seulement - comme c'était le cas à une certaine époque -, on pourrait créer une sorte de frénésie chez les consommateurs?»

Cette baisse d'achalandage en soirée durant la semaine a cependant permis d'enlever une épine au pied de Jacques Labrecque. Son organisation n'a pas eu à recruter autant d'employés temporaires qu'auparavant pour pourvoir tous les postes durant la période des Fêtes. Jadis, elle en recrutait une centaine. Cette année, ce ne fut qu'une soixantaine d'employés temporaires.

Commerce en ligne

Jacques Labrecque estime aussi que la baisse d'affluence peut aussi s'expliquer par le fait que les consommateurs font de plus en plus leur magasinage sur le Web. Même s'ils n'achètent pas en ligne, ils se promènent sur les sites des commerçants pour comparer les produits et les prix. «C'est ce qu'ils faisaient jadis quand ils montaient dans leur véhicule pour faire la tournée des centres d'achat pour dénicher le produit qui correspondra à leurs besoins. Aujourd'hui, ils font cette tournée dans leur salon et ils se pointeront dans votre magasin seulement pour acheter le produit désiré.»

Dans ses commerces, M. Labrecque voit circuler encore beaucoup de clients même si les bannières proposent aux consommateurs d'acheter en ligne, à l'exception, pour le moment, de la boutique Pénélope. L'achat de bijoux et de parfum se fait encore principalement en magasin.

Chez Laliberté, il n'y a pas encore de vente en ligne.

«Les gens peuvent consulter notre site Web et nous sommes sur Facebook», informe Lucie Morisset. «La vente en ligne exigerait un gros investissement. Par ailleurs, nous ne sentons pas une demande pressante à cet effet de la part de la clientèle. Du moins, c'est encore marginal. Nos clients veulent voir les vêtements. Ils veulent y toucher et les essayer. Toutefois, le commerce en ligne, c'est une réalité sur laquelle nous nous penchons sérieusement.»

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