Production de sapins de Noël: un marché des plus féroces

Marquis Goupil, propriétaire de Sapins Goupil, fait remarquer... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Marquis Goupil, propriétaire de Sapins Goupil, fait remarquer que le coût de production pour un arbre de Noël naturel avait plus que doublé depuis 1995, passant d'environ 6 $ à plus de 13 $. La compétition se fait également plus forte, rendant la guerre de prix plus féroce.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Depuis quatre ans, le marché des sapins de Noël du Québec n'est pas de tout repos. La demande en Nouvelle-Angleterre pour les produits québécois a diminué de près de 50 %, entraînant une guerre des prix des plus féroces. Seuls ceux ayant les reins les plus solides y survivent.

De 450 producteurs de sapins de Noël vers la fin des années 90, le Québec en compte maintenant 280. 

Contrairement à 1995, où le coût de production pour un arbre de Noël naturel était d'environ 6 $, aujourd'hui, il est de 13 $ à 15 $, fait remarquer au Soleil Marquis Goupil, propriétaire de l'entreprise Sapins Goupil, qui offre ses produits dans 21 points de vente à travers la province. «Il faut être un passionné pour se lancer dans cette production [en 2014], le marché est difficile.» 

Selon l'Association des producteurs d'arbres de Noël du Québec (APANQ), le Québec produit environ 1,2 million d'arbres naturels par année, dont 800000 sont exportés en bateau ou à bord de camions réfrigérés à l'extérieur du Canada pour un revenu de 15 millions $. Quatre-vingt-dix-huit pour cent des arbres québécois exportés prennent la route des États-Unis. Le reste des sapins, soit 400000, est vendu au Québec et à travers le pays. Cela représente un autre gain de 8 millions $ pour les producteurs québécois. 

La production du Québec est traditionnellement destinée aux marchés de la Nouvelle-Angleterre, de New York, de l'Amérique du Sud et de l'Amérique centrale. 

Cependant, depuis quatre ans, le marché américain est moins accessible en raison d'une surproduction de sapins de Noël. «Les Américains ont planté un plus grand nombre d'arbres en Caroline du Nord que par le passé. Cela a engendré une surproduction américaine», explique Larry Downey, trésorier à APANQ. «Pour 2014, la situation semble vouloir s'améliorer. Les ventes sont à la hausse et le prix est demeuré relativement stable. Les années passées, du point de vue de la vente en gros, il était à la baisse. Pour 2015, on s'attend que l'année soit meilleure pour nos producteurs, surtout avec la baisse du dollar canadien.»

Le prix de détail pour un sapin peut varier de 30 $ à 60 $. Il est déterminé en fonction de la hauteur de l'arbre, de l'espèce, mais aussi de la grosseur de ce dernier. Il y a trois catégories : premium supérieur, numéro 1 et numéro 2. 

«Les arbres, c'est un peu comme l'être humain. Il y a des grands, des petits, des moyens et des gros. Dans ce cas-ci, les plus dodus valent plus cher. [...] Peu importe la catégorie d'arbre, la qualité demeure la même», explique le propriétaire de la Pépinière Downey, qui produit environ 12000 sapins par année. «Pour les prix, ils varient aussi en fonction de l'endroit où vous achetez votre sapin. Il y a des régions où le consommateur peut payer 55 $, d'autres 45 $, d'autres 35 $...»  

Pour un sapin Fraser, le consommateur doit s'attendre à payer plus cher que pour un baumier, qui est le traditionnel sapin au Québec. La semence pour un Fraser est importée de la Caroline du Nord et est par la suite plantée au Québec. Il faut environ deux ans supplémentaires pour que l'arbre atteigne la maturité nécessaire pour la vente.

Compétiteurs d'ailleurs

Les difficultés éprouvées par le marché au cours des dernières années par les producteurs de sapins de Noël ont créé une guerre des prix, qui a même forcé certains petits producteurs québécois à fermer boutique. 

«Il y a une compétition qui s'est formée entre les producteurs québécois et d'autres provinces maritimes. Si la Caroline du Nord a pris 50 % des parts du marché de la Nouvelle-Angleterre à cause de ses prix plus bas, c'est certain qu'il y a une bataille pour les parts de marché restantes» entre les producteurs québécois, ceux du Nouveau-Brunswick et ceux de la Nouvelle-Écosse, soutient

M. Downey. «La situation a obligé certains producteurs à arrêter de planter... Cela pourrait entraîner un manque d'arbres dans dix ans».

Et que fait-on avec les surplus d'arbres de Noël? «Souvent, lorsqu'il nous reste des arbres, nous communiquons avec les autres producteurs. Nous faisons certains échanges pour remplir les derniers camions», conclut l'homme d'affaire. Québec est la principale province productrice d'arbres de Noël au Canada.

280
producteurs de sapins de Noël au Québec, 170 de moins qu'à la fin des années 90
1,2
million
de sapins produits chaque année au Québec, dont 800 000 sont exportés
13 à 15$
Coût de production d'un sapin naturel; il était de 6 $ en 1995

Des arbres dans les épiceries

Depuis cinq ans, plusieurs épiceries québécoises, notamment MAXI et IGA, offrent à leurs consommateurs la possibilité d'acheter des sapins de Noël à des prix plus modestes. Une situation qui déplaît à certains producteurs du Québec. 

«Les chaînes de magasins vendent des arbres au rabais. Ça n'a pas de bon sens. Parfois, ils vendent en bas de leur coût à eux. C'est plutôt une forme de promotion pour attirer le monde», soutient Larry Downey, trésorier à l'Association des producteurs d'arbres de Noël du Québec et propriétaires de la Pépinière Downey. 

Chez IGA, peu importe la grosseur et la hauteur de l'arbre, le consommateur va payer entre

20 $ et 30 $, comparativement à 30 $ ou 60 $ pour un produit local, qui sera jugé en fonction de sa grosseur et de sa qualité.

La majorité des sapins offerts dans les épiceries, qui sont notamment des Fraser, proviennent du Nouveau-Brunswick. «Depuis trois ans, c'était effectivement beaucoup d'arbres provenant des maritimes. C'était des arbres de qualité numéro 1 et 2. Par contre, cette année, j'ai vu d'autres chaînes de magasins avec des arbres québécois», affirme M. Downey.

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