Vendredi fou: la folie venue du sud

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«Vendredi noir», «vendredi exceptionnel», «vendredi en folie», «vendredi fou»... les soldes rivalisent de hauteur, atteignant de 50 à 65 %. Et on étire la sauce sur plusieurs jours, même en ligne avec le Cyberlundi.

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(Québec) Suffit de soupeser le Publisac et de jeter un oeil à son contenu pour comprendre que tout est tapissé de noir pour le Black Friday. Coup d'envoi du magasinage des Fêtes, cette tradition américaine migre de plus en plus de ce côté-ci de la frontière alors que 2,8 millions de Canadiens ont prévu prendre congé pour y participer.

«Vendredi noir», «vendredi exceptionnel», «vendredi en folie», «vendredi fou»... les soldes rivalisent de hauteur, atteignant de 50 à 65 %. Et on étire la sauce sur plusieurs jours, même en ligne avec le Cyberlundi. Levons le voile sur cette grand-messe de la consommation.

Les chiffres démontrent clairement l'engouement au Québec pour le Vendredi fou. En 2012, aucun magasin n'a ouvert ses portes plus tôt que d'habitude pour allonger la journée de rabais monstres. En 2013, ils étaient 400 détaillants à embarquer dans la valse dès 8h le matin, rapporte Ivanhoé Cambridge, propriétaire de plusieurs centres commerciaux, dont Laurier Québec et Place Ste-Foy.

Après des années à voir les consommateurs quitter le pays vers les États-Unis pour acheter jouets et vêtements en solde lors du Black Friday, les commerçants d'ici ont emboîté le pas multipliant promotions et cartes de réduction. Une mode bien lancée qui ne devrait pas s'essouffler, analyse Philippe Viel, porte-parole de l'Union des consommateurs. 

L'effort des détaillants au pays, combiné à la plus faible valeur du dollar canadien (88 ¢US), a eu des effets. Cette année pour leurs emplettes des Fêtes, 24 % des Canadiens prévoient traverser la frontière pour profiter des aubaines américaines. Ils étaient beaucoup plus nombreux en 2013, soit 60 %, révèle un sondage de Accenture.

Si la majorité des Canadiens comptent dépenser à peu près le même montant que l'an dernier en cadeaux de Noël, les familles québécoises y consacreront environ 15 $ de moins, rapporte le Conseil québécois du commerce de détail. Sur un budget total des Fêtes de 639 $, 371 $ iront aux cadeaux.

Cyberlundi

Yan Cimon, professeur agrégé à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval, souligne que le volume d'achats des Fêtes reste à peu près le même, mais que les emplettes sont réparties sur une plus longue période avec des événements comme le Vendredi fou. 

Et une journée, ce n'est pas assez. Suit d'ailleurs immédiatement le Cyberlundi, alors que les soldes s'invitent en ligne. Selon le Toronto Star, un Canadien sur trois n'en a jamais entendu parler. Ça ne saurait tarder. L'an dernier aux États-Unis, le Cyber Monday a enregistré de nouveaux sommets de ventes en ligne, alors que les ventes du Black Friday ont reculé pour la première fois depuis 2009.

Pour contrer cette ruée mercantile, l'Union des consommateurs vante pour aujourd'hui la Journée sans achat et propose de télécharger sur son site un certificat d'exemption de cadeau. Le porte-parole Philippe Viel invite à réfléchir sur notre empreinte écologique, alors qu'une partie des problèmes environnementaux sont causés par la surconsommation, le transport, le suremballage, les déchets... Sur la provenance des produits proposés et sur ceux qui les fabriquent. Sur le surendettement des familles.

302 %
Augmentation du nombre de détaillants qui ont pris part au Vendredi fou au Québec dans les centres commerciaux d'Ivanhoé Cambridge en 2013 par rapport à 2012
8 %
d'augmentation des ventes à Place Ste-Foy en novembre 2013 par rapport à novembre 2012
33 %
des consommateurs canadiens s'attendent à dénicher les meilleures offres lors du Vendredi fou, au même titre que lors des soldes de l'Après-Noël (Boxing Day)
18 à 24
ans
Groupe d'âge le plus susceptible de magasiner lors du Vendredi fou
34 %
des Québécois ont l'intention de commencer leurs achats des Fêtes en novembre
28 %
des consommateurs canadiens affirment qu'un rabais d'au moins 50 % serait nécessaire pour les convaincre de faire un achat

Coup d'envoi du magasinage des Fêtes, cette tradition... (AP, Robert F. Bukaty) - image 3.0

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Coup d'envoi du magasinage des Fêtes, cette tradition américaine du Vendredi fou migre de plus en plus de ce côté-ci de la frontière alors que 2,8 millions de Canadiens ont prévu prendre congé pour y participer.

AP, Robert F. Bukaty

Comment survivre au Vendredi fou?

Philippe Viel, responsable des communications à l'Union des consommateurs, et Yan Cimon, professeur agrégé à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval, y vont de quelques recommandations.

  • Réfléchir à l'effet de nos dépenses sur nos finances personnelles. Dans le temps des Fêtes, outre l'achat des cadeaux pour la famille, pour les proches (ou pour soi), il faut penser aux sorties qu'on aura à ajouter, aux réceptions qu'on prévoit donner, aux déplacements, donc aux coûts en transport. Cette réflexion doit être globale pour le budget familial, histoire de ne pas arriver en janvier avec des factures impayées.
  • Se fixer un budget limite pour ces journées de rabais fous. Payer en argent, selon nos moyens, en traînant par exemple 200 $ ou 500 $ dans nos poches.
  • Limiter nos achats à crédit, alors que le niveau d'endettement des Canadiens est à 160-165 %. Les taux d'intérêt sur les cartes de crédit sont importants. Du côté des plans de financement, certains consommateurs qui paient 20 $ par semaine pour une télé ne connaissent pas le montant total, l'effet des intérêts. 
  • Évaluer nos besoins. Cette fameuse télé de 42 pouces est-elle vraiment nécessaire pour remplacer celle de 36 pouces?
  • Les soldes sont-ils si intéressants? Ce n'est pas parce que c'est écrit plus gros que le rabais est plus important. 
  • Le consommateur averti sera celui qui évaluera tout au long de l'année le meilleur moment pour acheter un nouveau produit.
  • Être stratégique, éviter de se ruer sur les articles en solde dans une période déterminée, pour ne pas être pris dans la cohue des magasins ou risquer d'avoir des retards de livraison pour nos achats en ligne.
  • Ne pas hésiter à comparer les coûts en magasin et en ligne. 
  • Rester alertes : lorsqu'on annonce des rabais trop beaux pour être vrais, méfions-nous. Pensons aux fraudes autour des manteaux Canada Goose ou de certaines lunettes de grandes marques. Ces périodes sont intéressantes pour les fraudeurs.

=> EN UN MOT

Black Friday > L'expression née aux États-Unis désigne le lendemain de Thanksgiving, qui lance la saison du magasinage des Fêtes. Selon Wikipédia, le terme Black provient de la ruée de monde (noir de monde) dans les rues de Philadelphie ce dernier vendredi de novembre. Il fait aussi référence au moment de l'année où les commerçants passaient de l'encre rouge à l'encre noire dans les livres comptables, encaissant leurs premiers profits.

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