Le prix de l'essence pourrait grimper de 15 ¢

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Présentement, seuls les grands émetteurs de GES sont assujettis au plafond, mais à partir du 1er janvier 2015, le marché du carbone inclura les distributeurs de produits pétroliers.

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(Montréal) Les efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre sont une excellente chose, mais ils risquent de coûter cher, avertit le Conseil patronal sur l'environnement du Québec (CPEQ), qui entrevoit une hausse du prix de l'essence allant jusqu'à 15 ¢ le litre à moyen terme.

Le Québec fait en effet partie d'un système de plafonnement et d'échange avec la Californie, qui impose une limite aux émissions de GES et qui permet aux entreprises de vendre et d'acheter des sortes de «permis» de polluer. Pour réduire les quantités de GES rejetées, ce plafond diminue d'année en année.

Dans son dernier énoncé budgétaire, en 2012, l'ancien gouvernement libéral avait prévu que la tonne de CO2 s'échangerait à 10 $ la tonne, mais les économistes ne partagent pas tous cet optimisme, a souligné la présidente du CPEQ, Hélène Lauzon, jeudi, lors des audiences de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec. Une analyse du groupe bancaire britannique Barclays, dit-elle, prévoit que les prix pourraient tourner plutôt autour de 65 $ la tonne - et même 80 $ en 2018. Et si le consommateur n'a pas encore senti les effets directs de ce système d'échange, cela pourrait changer bientôt, avertit Mme Lauzon.

«En ce moment [depuis le 1er janvier dernier], ce ne sont que les grands émetteurs qui sont assujettis au plafond, donc les grandes entreprises qui utilisent des hydrocarbures dans leurs procédés. Mais à partir du 1er janvier 2015, la deuxième phase du marché du carbone commence, et cela inclura les distributeurs de produits pétroliers, donc les deux raffineries du Québec et tous ceux qui importent de l'essence. [... Et ça], ça aura un impact important sur le prix de l'essence», a expliqué Mme Lauzon.

Si le carbone atteint 65 $ la tonne, cela devrait se traduire par une hausse de 15 ¢ du litre. Les gens qui chauffent au mazout seront également touchés par cette deuxième phase.

«Pour atténuer les impacts et les fluctuations de ce système, il faudrait si possible un prix fixé par la Régie de l'énergie et basé sur ce que les grands émetteurs ont payé dans les trois derniers mois», ajoute Jean Piette, du CPEQ. «Parce que ça risque de coûter très cher. Le Québec a des objectifs très ambitieux et on est quasiment tout seul à avoir des objectifs comme ceux-là. [...] Alors, ça peut nuire à notre compétitivité.»

Nouvelle cible illégale

L'organisme patronal a également dénoncé la nouvelle cible de réduction des GES de 25 % par rapport aux émissions de 1990, objectif qu'il décrit comme inatteignable et de toute façon sans valeur légale.

La cible était auparavant de 20 % par le gouvernement précédent. Or la Loi sur la qualité de l'environnement stipule que toute modification doit être «précédée d'une consultation particulière tenue par la commission parlementaire compétente de l'Assemblée nationale», ce qui n'a pas été fait. Le nouvel objectif n'a donc aucune portée légale.

Et de toute façon, fait valoir Mme Lauzon, beaucoup d'entreprises ont déjà fait des investissements en fonction d'une diminution de 20 % de leurs émissions, si bien que changer de cible en cours de route serait pénalisant pour elles.

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