Les tarifs d'Hydro-Québec risquent de bondir, selon l'IRIS

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Dans son premier budget déposé il y a deux semaines, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a annoncé un dégel du tarif du bloc patrimonial d'électricité (vendu à 2,79 ¢ le kilowattheure). Entre 2014 et 2018, ce tarif du bloc patrimonial sera indexé annuellement au coût de la vie, a fait savoir le ministre dans son énoncé budgétaire.

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(Québec) L'indexation du coût du bloc patrimonial d'électricité risque de faire bondir les tarifs d'Hydro-Québec au cours des prochaines années, indique une note de recherche de l'IRIS.

Dans son premier budget déposé il y a deux semaines, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a annoncé un dégel du tarif du bloc patrimonial d'électricité (vendu à 2,79 ¢ le kilowattheure). Entre 2014 et 2018, ce tarif du bloc patrimonial sera indexé annuellement au coût de la vie, a fait savoir le ministre dans son énoncé budgétaire.

Les calculs présentés par le Parti québécois (PQ) lors du dépôt du budget ont fait état d'une économie importante pour les consommateurs d'électricité par rapport à l'ancienne hausse prévue par les libéraux d'un cent du tarif du bloc patrimonial. Le ministre Marceau a parlé d'une économie potentielle de 288 $ par année en 2018 pour le propriétaire d'une maison unifamiliale moyenne.

Or, selon la chercheuse Ève-Lyne Couturier de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS), le gouvernement du Québec n'a pas tout dit. Car cette indexation du coût du bloc patrimonial aura pour effet d'augmenter les tarifs d'électricité (pourtant déjà indexés) d'Hydro-Québec plus vite que l'inflation entre 2014 et 2018.

«Dans ce cas, peut-on vraiment parler de dégel?» souligne la chercheuse qui rappelle que depuis 1963, les tarifs d'Hydro-Québec ont progressé sensiblement au même niveau que l'inflation en sol québécois. «Mais avec cette indexation du tarif du bloc patrimonial, les consommateurs d'électricité du Québec risquent de se retrouver plutôt avec une double augmentation de leur facture», fait-elle observer.

Car à l'indexation du coût du bloc patrimonial, la division Hydro-Québec Distribution pourra bel et bien se présenter devant la Régie de l'énergie au cours de prochaines années et demander de son côté une hausse tarifaire liée à son taux de rendement reconnu.

La production sans surveillance

Il faut savoir que seulement deux des trois divisions d'Hydro-Québec sont soumises à la loupe de la Régie de l'énergie. La division Production, qui vend à la division Distribution un bloc d'énergie patrimonial de 165 térawattheures (TWh) au coût de 2,79 ¢ le kilowattheure, n'est pas tenue d'ouvrir ses livres au tribunal réglementaire.

La chercheuse de l'IRIS déplore que la Régie de l'énergie ne puisse avoir accès aux livres d'Hydro-Québec Production afin de vérifier si la modification du prix du bloc patrimonial est justifiable par Québec.

Le bloc d'énergie patrimonial (165 TWh) cédé en l'an 2000 par Hydro-Québec aux consommateurs québécois à 2,79 ¢ le kilowattheure se voulait une façon de reconnaître leur contribution financière dans l'édification de la société d'État depuis sa création.

Que le gouvernement décide de faire plus d'argent avec l'électricité est une décision qui lui appartient, dit la chercheuse. Toutefois, en disant qu'il indexe le bloc patrimonial, il donne l'impression à la population qu'il indexe les tarifs d'électricité qui, eux, suivent déjà l'inflation.

«Si son intention est plutôt d'augmenter les tarifs plus vite que l'inflation, il serait important que le débat sur cette mesure se fasse en bonne connaissance de cause», dit-elle en ajoutant du même souffle que la décision de «dégeler» le bloc patrimonial est une décision d'abord politique qui n'est pas justifiée par les besoins économiques d'Hydro-Québec.

En 2011, la chercheuse signale que les trois divisions d'Hydro-Québec ont rapporté un bénéfice net de 21 % (près de 2 milliards $) à son principal actionnaire, soit 26 % pour la Production, 14 % pour le Transport et 3 % pour la division Distribution.

«Choisir l'indexation devient alors un choix aussi arbitraire que celui de l'augmenter de 1 ¢ et n'aura que comme conséquence de faire grimper encore plus la facture d'électricité des ménages», prévient-elle.

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