«Cette année, c'est une très bonne année. La température est avec nous et on n'a pas senti de ralentissement. Des fois, on entend parler que l'économie va mal et que les gens sont surendettés, mais si c'est le cas, ils continuent de dépenser», constate Jean-Paul Daoust, copropriétaire de la jardinerie Floralies Jouvence. Selon lui, les mois de mai, juin et juillet sont vraiment ceux où il enregistre le plus de ventes. Il y réalise facilement 60% de son chiffre d'affaires annuel.
Semblable pour les quincailleries, si on se fie aux commentaires de Jean Laberge, président-directeur général de Canac. Chez lui, le plus gros trimestre est sans aucun doute le deuxième, alors que ses clients commencent à s'équiper pour la belle saison, que ce soit pour aménager leur gazebo, leur patio ou leur terrain au chalet. «En mai, ça a été l'enfer, c'est vraiment là que le monde s'est garroché [chez nous], note M. Laberge. Donc, en juin, on s'attendait à avoir des baisses, mais finalement, ça ne s'est pas réalisé.» À son avis, les jours de pluie affectent directement les ventes dans ses succursales, mais cela finit toujours par s'équilibrer au terme du trimestre.
Même par temps maussade
Du côté des magasins d'équipement de plein air, l'affluence serait toutefois meilleure par temps maussade, signale Pierre Poitras, responsable du marketing au Magasin Latulippe. «Beau temps, mauvais temps, ça ne nous affecte pas tellement. Mais c'est sûr que quand il pleut, il y a un plus gros achalandage que quand il fait un beau soleil», mentionne-t-il. Par contre, l'arrivée hâtive du printemps, alors que la neige a fondu en un temps record en mars, aurait réveillé «la fibre des amateurs de plein air» plus rapidement cette année. «Mai, juin et juillet, ça reste d'excellentes périodes, mais la meilleure d'entre toutes en termes de chiffre d'affaires, on est obligés de vous dire que c'est Noël», souligne M. Poitras.
Maxime Lavoie, de chez Matériaux Lavoie, se fait plutôt philosophe quant à la météo. «La température, c'est un détail, considère-t-il. Au Québec, pendant l'été, soit qu'il fait super beau, soit qu'il pleut. Ça fait qu'on s'arrange!» Selon lui, tous les «maniaques du barbecue» vont sortir et cuisiner quand même sur le gril, «qu'il fasse frette, beau, pas beau, peu importe! Ils vont toujours avoir besoin de charbon, d'épices, de sauces, d'ustensiles ou de livres de recettes».
L'an passé, les ventes au détail au Québec avaient atteint près de 8,5 milliards $ en juillet, selon les données colligées par Statistique Canada.