Cette donnée a été publiée hier par la Direction régionale de santé publique (DRSP) de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale. Elle provient d'une étude à laquelle ont aussi participé les agences régionales de la Mauricie-Centre-du-Québec et de la Côte-Nord. Dans cette dernière région, il faut ajouter près de 18 % à la facture, en raison des coûts de transport.
Céline Morrow est chef de l'équipe pauvreté/développement social et des communautés à la DRSP. À la vue des informations recueillies sur le coût du «panier à provisions nutritif» (PPN) dans la région de la capitale, elle ne peut que conclure que la difficulté des familles pauvres à bien s'alimenter n'a rien à voir avec leurs capacités à gérer un budget ou leur savoir-faire en cuisine.
Et comme celles-ci consacrent en moyenne 46 % de leur budget disponible à se loger (une dépense «incompressible»), plutôt que la norme maximale acceptable de 30 %, il en reste nécessairement moins pour manger, dit-elle. Dans la pratique, une famille de quatre personnes consacre plutôt 19 % à ce poste, ce qui ouvre grand la porte à un déficit nutritionnel.
Le panier à provisions nutritif se définit comme «la commande hebdomadaire d'aliments qui, à faible coût, satisfait les besoins nutritionnels selon l'âge, le sexe et la condition physiologique. Le PPN est composé d'aliments de base, au plus bas prix, nécessitant de la préparation». En bas de ce contenu, «le statut nutritionnel est à risque d'être compromis», dit Mme Morrow.
Dans la capitale nationale, le coût quotidien moyen par personne d'une famille de quatre était de 7,23 $ en septembre 2011, et de 8,50 $ sur la Côte-Nord. Pour trois personnes, il faut ajouter 5 %, pour deux personnes 10 %, et pour une personne seule, 20 %.
Banques alimentaires
Ce n'est pas pour rien que les familles à faibles revenus, une catégorie comprenant aussi bien les familles assistées que celles travaillant à petit salaire, recourent de plus en plus aux banques alimentaires, souligne Clémence Gagnon, consultante budgétaire à l'ACEF de Québec.
Même profiter des rabais est difficile, puisqu'elles n'ont pas la marge de manoeuvre qui leur permettrait de faire des provisions. Et lorsque survient une dépense urgente, l'endettement devient la seule issue pour «celles qui ont le bonheur d'avoir une carte de crédit», dit-elle.
En 2005 (dernière donnée disponible), 12 % de la population de la capitale nationale vivait sous le seuil de faible revenu, soit 77 335 personnes.
Céline Morrow ne peut s'empêcher d'observer que l'«on vit dans une région riche où il y a le plein emploi, mais pas nécessairement des emplois qui sortent les gens de la pauvreté».
On peut consulter les résultats de l'étude à l'adresse www.dspq.qc.ca.