La hausse des prix à la pompe alors que le coût du baril chute fait rager. Alors qu'à Ottawa, les conservateurs convoquent les représentants de l'industrie pour obtenir des explications, à Québec, l'opposition réclame un prix plafond comme dans les provinces maritimes.
Vendredi, le responsable du Développement économique a indiqué que la Régie de l'énergie du Québec analyse cette option. Les résultats devraient être connus dans «quelques semaines».
Mais M. Gignac «émet certaines réserves» et met en garde contre la «pensée magique» qui veut que cela protège les automobilistes des hausses mondiales. «Cette idée-là n'est pas rejetée, mais déjà les faits démontrent qu'on n'a pas mis du tout les gens des Maritimes à l'abri des hausses du prix de l'essence», a déclaré M. Gignac en point de presse.
À Montréal, le premier ministre Jean Charest est allé dans le même sens. Il a dit craindre qu'au bout du compte, les automobilistes du Québec paient plus cher. Un plafond pourrait amener tous les détaillants à s'aligner sur ce prix et réduire la concurrence, croit-il.
«On ne veut pas, en fixant un prix plafond, finir par fixer un prix plancher que les Québécois vont payer trop cher parce que le marché aura changé», a-t-il déclaré à La Presse Canadienne. «On ne veut pas faire une solution à court terme qui va nous coûter plus cher à long terme.»
Selon M. Gignac, les hausses observées dans les Maritimes au cours des deux dernières années sont pratiquement les mêmes que celles de la région de Québec.
Le plafond freine les hausses majeures, convient-il, mais empêche aussi les automobilistes de bénéficier des grandes baisses. «Les statistiques démontrent que les tendances sont les mêmes, mais que ça augmente le fardeau administratif», note-t-il.
L'?organisme CAA-Québec a rejeté aussi cette option en notant que, dans les provinces maritimes, «les détaillants avaient eu tendance à fixer le prix de l'essence le plus près possible du prix maximum, imposant une surcharge indue aux automobilistes», dit-il.
Le discours est à l'opposé au PQ. Son porte-parole en matière de protection des consommateurs, François Rebello, promet que le PQ imposera un plafond s'il remporte les prochaines élections.
Le député fait sienne la rhétorique de l'Association québécoise des indépendants du pétrole, qui estime que la «réglementation assurerait aux Québécois de payer un juste prix».
Ceux qui prétendent qu'un prix maximum a un effet à la hausse n'ont aucun chiffre pour le prouver, plaide M. Rebello. Au contraire, dit-il, les chiffres existants démontrent qu'il y a «toujours un avantage pour le consommateur» de l'application d'un plafond. Si les mesures n'étaient pas efficaces, les provinces maritimes s'en seraient débarrassées, dit le député.
Selon lui, le gouvernement libéral a «acheté le discours des pétrolières sans poser aucune question». «Il va falloir qu'ils regardent autre chose que l'intérêt des pétrolières, dit M. Rebello. Il faut qu'ils se posent la question des intérêts des Québécois.»
L'augmentation actuelle des prix de l'essence coûte environ 1000 $ de plus chaque année pour une famille, estime le député péquiste.
«Vous avez vu les chiffres des profits des pétrolières? soulève Rebello. C'est épouvantable l'argent qu'ils se mettent dans les poches.»