Prix de l'essence: le rôle intrigant d'Ultramar

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L'essence sous la loupe

Des prix fixes. Une concurrence absente. Des parts de marché stables. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le marché de l'essence à Québec semble «facile à contrôler». La région serait-elle sous l'emprise d'un cartel? Le Soleil a enquêté. »

Ultramar semblait garder le dernier mot sur les... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Ultramar semblait garder le dernier mot sur les hausses amorcées par la compétition.?

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

 

Pierre Couture et Simon Boivin
Le Soleil

(Québec) Sa publicité soutient qu'elle surveille les prix pour les automobilistes. Pourtant, Ultramar a rapidement plaidé coupable à des accusations de fixation de prix lors du démantèlement d'un cartel à Victoriaville, à Sherbrooke, à Thetford Mines et à Magog l'an dernier.

À la lecture des conversations interceptées par le Bureau de la concurrence, on constate qu'Ultramar semblait avoir toujours le droit de vie ou de mort sur une hausse amorcée par des compétiteurs.

«On a là une entreprise qui nous endort en nous disant de lui faire confiance pour les prix, alors qu'en réalité, elle se fait prendre dans un complot de fixation de prix, c'est très étonnant», soutient la professeure de droit à la concurrence à l'Université de Montréal, Ysolde Gendreau.

Dans la région de Québec, le rôle de la pétrolière ne semble d'ailleurs pas négligeable lorsque survient un changement de prix comme en fait foi une conversation interceptée par le Bureau de la concurrence.

«Ça tient à Québec?» demande André Bilodeau, alors représentant du distributeur Philippe Gosselin (Shell), à Jérôme Dufresne, de Pétrole F. Dufresne (stations EKO), qui répond : «Ça monte. Couche-Tard a lancé cela partout. Il y a juste Ultramar qui sont au ralenti; ça niaise ou c'est une stratégie de coupons.»

«Ça va rebaisser?» poursuit Bilodeau. Dufresne de répondre : «Non, Ultramar est monté sur Laurier. C'est une question de minutes.»

Des avocats habiles

À l'Association pour la protection des consommateurs (APA), on avance qu'Ultramar avait tout intérêt à plaider coupable rapidement et à payer des amendes (1,85 million $) sur-le-champ. Un de ses représentants, Jacques Ouellet, s'est même vu imposer une amende personnelle de 50 000 $, en plus d'être congédié par la pétrolière.

Joint par Le Soleil à son domicile, Jacques Ouellet s'est excusé de ne pas pouvoir formuler de commentaires dans le dossier.

«Je pense que leurs avocats [d'Ultramar] ont fait un travail formidable», affirme le président de l'APA, George Iny. «Ils ont fait un travail habile en limitant les dommages, surtout afin de ne pas monter plus haut dans la chaîne de commandements.»

«Pour nous, il est clair que les gens qui ont plaidé coupable pour les pétrolières, dont Ultramar, ce sont des exécutants. Ils ne sont pas les généraux. On est d'avis que cela allait plus haut», d'ajouter le président de l'APA.

Chez Ultramar, personne ne nous a rappelé. 

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