Ouverture des magasins le 2 janvier: les petits commerces pris de court

Les consommateurs sont aujourd'hui dans les derniers milles... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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Les consommateurs sont aujourd'hui dans les derniers milles de leur sprint d'achats avant la nuit de Noël.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

Isabelle Houde
Le Soleil

(Québec) Plusieurs employeurs ont été pris au dépourvu par l'annonce tardive du nouveau règlement qui permet aux centres commerciaux d'ouvrir leurs portes le 2 janvier. À preuve, environ le quart des magasins de Laurier Québec seront fermés le lendemain du jour de l'An.

Dans la vitrine de la boutique Angela Jones, à Laurier Québec, une affiche explique que le magasin sera fermé le 2 janvier pour permettre à son personnel de prendre un repos mérité et de profiter du temps passé en famille.

«Nous avons été prévenus à la dernière minute, alors que l'horaire des Fêtes était déjà fait», a expliqué Laurie Bédard, gérante de la boutique Angela Jones. «Nous avons déjà très peu de journées de congé. C'est un des seuls temps qu'on a pour  être en famille, alors si on dit oui à ça, on ouvre la porte à bien d'autres choses», a-t-elle ajouté. Sa pensée résume bien l'état d'esprit de la plupart des employés rencontrés par Le Soleil hier.

Les employeurs qui ont décidé d'ouvrir sont d'ailleurs nombreux à s'être cassé la tête pour réussir à trouver du personnel. «Étant donné qu'on l'a su sur le tard, on a eu des problèmes à trouver des employés. Les gens avaient déjà des choses d'organisées pour le 2 janvier», a raconté Sylvie Allard, gérante chez Bentley de Laurier Québec.

Certains devront donc se priver d'un congé promis d'avance. «J'avais déjà plein de trucs en famille de planifiés. J'ai dû les annuler. Je travaille déjà le 24, au Boxing Day, le 31... j'ai besoin de mon 2 janvier!» s'est exclamée Kimberly Lamarre-Turgeon, responsable de magasin chez Spring, au même centre commercial.

Devant les problèmes rencontrés par les employeurs, le ministre responsable de ce nouveau règlement, Raymond Bachand, a reconnu en entrevue au Soleil hier qu'il s'y était peut-être pris un peu tard, le règlement étant prêt dès le 1er décembre, mais mis en vigueur seulement le 10 décembre dernier. Il a expliqué ne pas avoir voulu être qualifié d'opportuniste, alors qu'il était à ce moment en pleine campagne et à une semaine du vote.

Administrations tolérantes

Les locataires des centres commerciaux, liés à l'administration par un bail, seront donc tenus d'adopter les nouvelles heures d'affaires prévues. Cependant, dans le contexte présent, la plupart des centres commerciaux ont décidé de ne pas imposer de conséquences aux magasins qui ne se plieront pas aux nouvelles heures d'ouverture.

«L'avis est arrivé tellement tard, on a finalement décidé de laisser le choix à nos commerçants. Cependant, après un sondage interne, nous pouvons estimer qu'environ 75 % de nos commerces seront ouverts», a affirmé Pierre Léveillé, directeur général de Laurier Québec, en ajoutant croire que tout ira mieux l'an prochain.

Même son de cloche du côté des Galeries de la Capitale. «Les locataires sont liés par un bail, alors ils doivent se conformer à nos heures d'ouverture, mais compte tenu du bref délai, on n'imposera pas de pénalités à ceux qui n'ouvriront pas», a expliqué son directeur général, Yves Bois. «C'est autant désagréable pour les commerçants que pour les employés, mais la compétitivité est incontournable pour un centre d'achats, alors nous devons ouvrir», a-t-il ajouté.

Le poids de la concurrence

Ainsi, même si le règlement n'oblige pas les commerces à ouvrir, la concurrence du libre-marché les forcera à le faire, pense Anne Potvin, la secrétaire générale de la Fédération du commerce, affiliée à la CSN, qui rassemble près de 35 000 membres, dont environ 5000 touchés par la nouvelle réglementation du ministre Bachand. «Ce n'est vraiment pas la meilleure décision pour les travailleurs», a-t-elle affirmé en entrevue au Soleil.

Anne Potvin a aussi expliqué que ce nouveau règlement créait des problèmes pour les employeurs dont les syndiqués bénéficiaient déjà d'un congé férié payé le 2 janvier, comme IKEA à Montréal. La Fédération du commerce demande depuis longtemps que les sept jours fériés prévus par le gouvernement soient garantis pour les commerces.

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