Prévenir le décrochage par la mécanique

Les jeunes et leurs mentors étaient tous fiers... (Le Soleil, Yan Doublet)

Agrandir

Les jeunes et leurs mentors étaient tous fiers de présenter le hot-rod dérivé d'un Ford 1930, réalisé durant cette cinquième édition de Tuning-moteur de persévérance, au 48e Salon Auto Sport de Québec, en fin de semaine.

Le Soleil, Yan Doublet

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Paul-Robert Raymond

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Comment peut-on donner le goût aux études à des jeunes, qui souvent en arrachent depuis les années du primaire? En les faisant participer à un projet de restauration d'un véhicule, entre autres.

L'école secondaire Mont-Saint-Anne (ESMSA) répète pour une cinquième année consécutive son initiative Tuning-moteur de persévérance. Le groupe constitué de sept jeunes et de trois mentors a dévoilé au public le fruit de leur travail réalisé sur 17 semaines, depuis novembre dernier, lors du 48e Salon Auto Sport, en fin de semaine dernière. 

«Ce projet s'adresse à des jeunes qui ont des troubles d'apprentissage, de comportement ou même de consommation», explique Gabrielle Morin, coordonnatrice du projet, au Carrefour jeunesse-emploi Charlevoix-Côte-de-Beaupré. 

Pour ces jeunes qui font un cheminement particulier continu, une journée passée en atelier avec leurs mentors Christian Fortin, Christian Lajeunesse et Alain Tremblay fait toute la différence pour les motiver à poursuivre leurs études secondaires. «Souvent, ils n'ont même pas fini leur sixième année du primaire», ajoute Mme Morin.

«Pour qu'ils puissent faire leur journée sur le projet [le mercredi], les jeunes doivent mettre l'effort dans leurs études et contrôler leur comportement et ne pas consommer», explique la coordonnatrice.

Sur ce programme, il y a plusieurs appelés, peu d'élus. De plus, l'ESMSA ne se limite pas à la mécanique automobile. L'établissement, qui n'a pas de centre de formation professionnelle, compte au moins trois autres projets similaires, dont un dans la construction de cabanons et un autre dans la restauration.

«Cela les prépare à la réalité du marché du travail en plus de rehausser leur estime de soi», de dire Mme Morin.

Mais au-delà de cette préparation au marché du travail et à l'exploration technique, cette expérience tisse des liens entre les jeunes.

«Ça nous a donné l'occasion de nous connaître. Si ça n'avait pas été de ce projet-là, je n'aurais jamais parlé avec ceux qui sont maintenant mes collègues», dit Annabel Bérubé, appuyée dans ses propos par Marianne Bacon.

«On a appris beaucoup et ça nous a donné une chance exceptionnelle», ajoute Émilie Plasse, qui en est à sa deuxième année dans le projet, mais qui avoue candidement qu'elle ne souhaite pas nécessairement travailler dans le monde de l'automobile.

Fait intéressant pour cette année, les filles sont en majorité dans Tuning-moteur de persévérance. «Ça a commencé avec une il y a trois ans, ensuite deux, ainsi de suite. Elles sont quatre [sur sept] cette année», conclut Mme Morin. 

Hot-rod inspiré par l'aviation

Pour cette cinquième édition de Tuning-moteur de persévérance, les jeunes et leurs mentors proposent quelque chose de complètement différent de ce qu'il a été fait au cours des autres années. Durant les quatre premières éditions, l'équipe restaurait des voitures selon les règles de l'art. 

Le véhicule présenté au Salon Auto Sport était une pure création : un pick-up hot-rod  constitué de parties recyclées et de pièces complètement neuves. Par exemple, la cabine est construite à partir d'un mur coupe-feu d'une Ford 1930, de portières d'une Murray 1930 à quatre portes ­- «parce que les portes de la Ford à deux portes étaient trop longues» - et d'un fond de cabine d'une Murray. Le panneau de boîte du camion provient d'un Ford 1934 et la calandre d'une Ford 1932. Le moteur HEMI 354 qui doit propulser l'ensemble provient d'une génératrice des années 50.

«Le reste des pièces neuves ont été achetées ou construites à neuf, comme les panneaux de côté de la boîte ou la structure», ajoute Christian Lajeunesse, un des trois mentors qui ont épaulé les sept jeunes apprentis.

Le revêtement en acier inoxydable poli et riveté, sur les flancs et le toit, fait tout de suite penser aux avions P-51 Mustang de la Seconde Guerre mondiale. La cocarde de l'aviation américaine ne laisse aucun doute sur les intentions des créateurs. Même le tableau de bord est conçu comme celui d'un avion. Ils ont même poussé l'audace en y intégrant de vrais instruments d'avion - un altimètre, un horizon artificiel, un gyroscope directionnel, etc. «On a même mis un panneau de largage de bombes, sorti d'un bombardier», indique M. Lajeunesse.

L'utilisation de l'acier inoxydable a représenté tout un défi pour les jeunes et leurs mentors. Surtout dans les coins de la cabine... «J'avais tout découpé dans la tôle avant de la faire dans du stainless. J'ai eu beaucoup de misère pour faire les coins arrondis!» explique Christian Fortin, un autre des trois mentors. «Jusqu'au jour où je vais au restaurant et je vois un serveur passer avec des bols à salade en stainless... "Je les ai mes coins!" que je m'étais dit. J'ai acheté alors des bols à salade que j'ai découpés. 

Est-ce que ce bolide a pu rouler? «Il ne peut pas rouler légalement sur les routes du Québec, mais notre client compte bien le faire rouler aux États-Unis», affirme M. Lajeunesse. Selon les dires de Mme Morin qui était présente au montage du kiosque de Tuning-moteur de persévérance, ce moteur d'ancienne génératrice faisait «pas mal de bruit». «Un très beau son!» renchérit M. Lajeunesse.

Pari gagné pour le Salon Auto Sport

Le 48e Salon Auto Sport a attiré près de 24 000 visiteurs au Centre de foires d'ExpoCité durant la fin de semaine dernière. L'an dernier, l'événement avait attiré 20 765 visiteurs.

Le directeur du Salon attribue cette hausse d'achalandage à plusieurs facteurs. «L'augmentation de l'espace d'exposition, plus d'exposants... On a mis l'accent sur la diversité et le comité de sélection a mis la barre haute. On a eu la crème de la crème. Aussi, le virage familial y est pour quelque chose», affirme Martin D'Anjou.

Quant à la prochaine présentation, M. D'Anjou est plus que confiant. «On a monté en deux mois à deux, ma femme [Karine] et moi le Salon cette année. Là, on a une année pour le prochain! Également, JF Launier reviendra en 2018 avec d'autres voitures!»




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer