Land Rover Discovery 2018: l'aventure au bout du capot

Land Rover Discovery 2018... (fournie par Land Rover)

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Land Rover Discovery 2018

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Éric LeFrançois

collaboration spéciale

La Presse

(St. George, Utah) La majeure partie des propriétaires de 4 X 4 n'a jamais ou si peu éprouvé la nécessité de patauger dans la gadoue ou de plonger dans un cours d'eau. Dommage! La cinquième génération du Land Rover Discovery conserve malgré ses allures endimanchées l'âme d'un aventurier. Moins costaud en apparence que ses prédécesseurs (LR3 et LR4), le Discovery s'est bourgeoisement arrondi, presque endimanché. Ses raffinements dissipent définitivement les dernières illusions de rusticité : suspension pneumatique réglable en hauteur de l'arrière pour mieux arrimer une remorque ou pour aider votre toutou à grimper à bord. Les plus pressés (ou paresseux, c'est selon) n'ont pas été oubliés : il est possible de rabattre, à distance à l'aide d'une application logée dans votre téléphone portable, les sièges de la deuxième et de la troisième rangée.

Moins haut et anguleux que les LR3 et LR4 que l'on connaissait de ce côté-ci de l'Atlantique, le Discovery n'offre point une carrosserie taillée à la serpe, mais propose plutôt des angles adoucis tout en faisant ici et là quelques clins d'oeil à ses prédécesseurs comme en fait foi l'emplacement légèrement décalé de la plaque d'immatriculation ou encore la «bosse» qui surélève le pavillon dans sa partie arrière.

Le hayon s'ouvre désormais d'un bloc sur un gigantesque espace couvert de moquette sous laquelle on découvre des petits casiers intégrés. Ce volume s'agrandit encore si l'on bascule les deux rangées de banquettes. Une opération que l'on peut réaliser à distance à l'aide de son téléphone portable ou de l'intérieur par le biais de l'écran tactile principal ou en appuyant sur les commutateurs imprimés contre l'un des montants intérieurs du coffre.

Sans surprise, ce Land Rover prend (bien) soin de ses occupants. Quoique surélevée, la position de conduite est celle d'une voiture classique et les sièges, enveloppants à souhait, comportent sous leur peau des éléments chauffants. Pour ajouter au confort des occupants des places arrière, les sièges sont grimpés sur des monticules pour créer un effet «gradin» et les sièges de deuxième rangée coulissent sur 160 mm pour moduler l'habitacle et faciliter l'accès aux occupants de la troisième rangée.

L'élément le plus marquant de ce Land Rover est sans contredit sa polyvalence. On retrouve des rangements partout. Au tableau de bord, dans les portières, sous l'accoudoir central (possibilité d'y ranger cinq tablettes électroniques), sans oublier des coffrets de rangement dans la partie arrière du véhicule. Bref, il y en a partout, sauf au plafond. Ce dernier, comme sur le modèle antérieur, est largement vitré (seule la partie frontale s'ouvre ou s'escamote) pour mettre en lumière un habitacle aux teintes remarquablement agencées et à la finition sérieuse.

L'importance qu'accorde le consommateur à la connectivité n'a pas été négligée et le Discovery compte pas moins de sept prises USB, six prises 12 volts et la possibilité de relier jusqu'à huit appareils à Internet. L'écran tactile de 10 pouces logé au centre du tableau de bord affiche une quantité importante de menus et de sous-menus qui exigera plusieurs heures de familiarisation à son propriétaire et à son passager pour tirer pleinement profit des fonctionnalités offertes.

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Le diesel lui va à ravir

Avec son châssis bien charpenté et sa transmission à quatre roues motrices, il passe partout et peut traverser une rivière profonde de 50 cm, ce qui n'est pas si mal. Pourtant, sa face avant, ornée d'une calandre finement taillée et d'un pare-brise élégamment incurvé, évoque davantage un multisegment respectable qu'un tout-terrain rustique.

Suspendu au-dessus des embouteillages au volant de ce Land Rover, on pourra sans doute parfois lever autour de soi un soupçon d'incompréhension. Ce véhicule conçu pour notamment affronter les sentiers pierreux et grimper aux arbres, murmurent les cyniques, ne sert guère, en nos contrées, qu'à escalader les trottoirs. Comme s'il fallait jeter la pierre à qui ne décapote pas son cabriolet avant l'été ou conduit une fourgonnette sans être le parent d'au moins quatre enfants... Qu'à cela ne tienne, il importe tout de même de dire que ce Discovery est impeccable sur les chaussées enneigées comme celles rencontrées la semaine dernière...

Jouer les polyvalents ne permet pourtant pas de gagner sur tous les tableaux. La tenue de route du Discovery ne rivalise pas avec celle de certaines de ses concurrentes (Audi Q7 et Volvo XC90). La répartition des masses place le centre de gravité assez haut et le poids de la bête, qui en dépit d'une réduction importante, rend aléatoires les brusques changements d'appui lorsque les virages s'enchaînent sur une route étroite. Malgré la vigueur de la motorisation (essence ou diesel), ce 4 X 4 pèse son poids. Lourd, mais nécessairement pataud, ce Discovery transmet beaucoup plus nettement ses réactions que ses ancêtres. À son volant, on découvre un plaisir de conduire intemporel, décalé et peut-être un brin régressif qui incite à une conduite franchement flegmatique, bercée par la respiration apaisante du moteur et par le moelleux de ses suspensions pneumatiques. Ce Land Rover dispose d'un train avant assez réactif qui le rend plus maniable qu'on ne pourrait l'imaginer. Il ne «plonge» pas au freinage et le rayon de braquage, pas trop large, réserve une bonne surprise.

Sous le capot soigneusement sculpté, le V6 essence s'acquitte bien de sa tâche, mais il est encore beaucoup trop gourmand. La présence d'un dispositif de coupure automatique à l'arrêt n'y change rien, ce V6 consomme trop et la concurrence offre des mécaniques plus économiques à la pompe, plus caractérielles que celle proposée par le constructeur anglais. On lui préfère, de loin, le turbodiesel tout aussi silencieux (de l'intérieur à tout le moins), plus sobre et surtout plus «coupleux». Considérant la somme exigée par Land Rover (un supplément de 2000 $), cette motorisation sied beaucoup mieux à la conduite apaisée qu'inspire (et affectionne) ce véhicule. Quel que soit le choix retenu, seule une boîte automatique à huit rapports figure au catalogue de ce modèle.

Plus raffiné que son prédécesseur, plus moderne également, le Discovery colle parfaitement à la définition du mot utilitaire. Ingénieux, aventurier et agréable à vivre au quotidien, ce Land Rover exhale un parfum d'exotisme que ses concurrents n'ont pas. En revanche, malgré des efforts sentis, son poids demeure trop élevé, sa motorisation essence trop peu performante (dans le sens large du terme), son comportement routier encore trop «camionesque» pour certains.

Le pour et le contre

On aime

  • Mécanique diesel sobre et bien adaptée
  • Aptitudes hors-route exceptionnelles
  • Habitacle ingénieux
On aime moins

  • Consommation (V6 essence)
  • Poids toujours important
  • Comportement empesé

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Ce qu'il faut retenir

  • Prix: de 61 500 $ à 82 500 $
  • Frais de transport: 995 $ (préparation en sus)
  • Garantie de base: 48 mois ou 80 000 km
Moteur (essence)

  • Cylindrée: V6 DACT 3,0 litres suralimenté
  • Puissance: 340 ch à 6500 tr/min
  • Couple: 332 lb-pi à 3500 tr/min
  • Poids: 2193 kg
  • Rapport poids/puissance: 6,45 kg/ch
Moteur (diesel)

  • Cylindrée: V6 3,0 litres suralimenté turbodiesel
  • Puissance: 254 ch à 3750 tr/min
  • Couple: 440 lb-pi à 1750 tr/min
  • Poids: 2230 kg
  • Rapport poids/puissance: 8,77 kg/ch
  • Mode: 4 X 4
  • Transmission de série: automatique à huit rapports
  • Transmission optionnelle: aucune
  • Diamètre de braquage: 12,3 m
  • Freins (av.-arr.): disque-disque
  • Pneus (av.-arr.): 255/60VR19
  • Capacité du réservoir: 89 litres
  • Essence recommandée: super ou diesel
  • Capacité de remorquage (kg): 3500
  • Consommation réelle observée: 12,6 l/100 km (V6 essence)  10,7 l/100 km (Diesel)
Pour en savoir plus: www.landrover.ca




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