Infiniti QX30: l'art du déguisement

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Éric LeFrançois

collaboration spéciale

La Presse

(Montréal) Véritable clone, l'Infiniti QX30 est étroitement dérivée des actuelles compactes de Mercedes-Benz (Classe B, CLA et GLA). Cette collaboration a permis à la filiale de luxe de Nissan de gagner du temps et d'éviter de devoir partir d'une page (totalement) blanche.

D'où sort-elle, celle-là? Cet automne, la gamme Infiniti s'enrichit d'un nouveau modèle d'entrée dont la silhouette se distingue par une ligne de toit fuyante et une surface vitrée qui se pince vers la poupe. Physiquement, la QX30 ne rappelle rien de connu, et pourtant si, puisqu'elle reprend intégralement une base Mercedes.

Conclu en 2010, le partenariat entre Daimler (Mercedes, Smart) et l'Alliance Renault-Nissan va bien au-delà d'une participation financière croisée entre ces trois constructeurs; cette collaboration est en effet beaucoup plus large qu'elle n'y paraît. Ce pacte permet entre autres de multiplier les synergies entre eux. Ainsi, l'Infiniti QX30, qui entreprend une carrière nord-américaine cet automne, doit son architecture technique, son groupe motopropulseur et sa conception intérieure aux compactes tractées de Mercedes-Benz. Pour confondre le consommateur, la filiale de luxe de Nissan veille à ce que tout ce que celui-ci voit, touche ou ressent ne l'amène pas à comparer la QX30 à un produit de la firme germanique.

On n'est pas obligé d'être entièrement convaincu par ce coup de baguette magique. En réduisant la surface du vitrage latéral et en rehaussant la ceinture de caisse, les stylistes ont alourdi la partie inférieure de la voiture. Celle-ci, dans sa configuration à quatre roues motrices, se distingue notamment des versions tractées à sa garde au sol rehaussée, à ses passages de roues surlignés. Cela n'en fait pas un modèle apte à sortir des sentiers battus pour autant.

Loin de la rigidité et de l'austérité de la marque allemande, la QX30 y met plus de couleurs et, surtout, tapisse son habitacle de matériaux à la texture plus valorisante. L'ergonomie des commandes demeure cependant la même, mais l'interface de l'écran central provient de chez Infiniti (Nissan) et non de chez Mercedes. Bonne idée : celle du constructeur japonais est plus conviviale. En dépit d'une assise que d'aucuns jugeront trop courte, les sièges avant procurent un confort supérieur à ceux montés à bord des compactes de la firme à l'étoile à trois branches. Et puisqu'il est question de bien-être, l'insonorisation de l'habitacle a également été améliorée par rapport à vous savez maintenant qui.

Habitabilité mesurée

Un peu basse de plafond, guère accessible aux places arrière et souffrant d'une piètre visibilité latérale - prix à payer, entre autres, pour le fameux pavillon incliné -, la QX30 ne peut héberger plus de quatre personnes sous son toit, et non cinq, comme le prétendent les publicités du constructeur. Outre une habitabilité mesurée, mentionnons le faible appétit du coffre, dont le volume peine à soutenir la comparaison avec bon nombre de ses concurrents. Naturellement, il est toujours possible de rabattre en tout ou en partie les dossiers de la banquette arrière pour augmenter la capacité de chargement, mais celle-ci demeure, encore une fois, réduite à une modularité somme toute classique.

La dotation de série ne porte pas flanc à de trop grandes critiques. En revanche, on regrettera que plusieurs des avancées en matière de sécurité se trouvent intégrées dans un forfait offert moyennant la coquette somme de 5000 $. Si certaines aides à la conduite ne sont pas indispensables (la détection de sortie de voie, par exemple), d'autres, comme les capteurs d'angles morts - considérant la visibilité réduite de ce véhicule - et la visualisation du périmètre avec détection des objets en mouvement, auraient mérité de se retrouver sur la liste des caractéristiques standards ou, à tout le moins, au rayon des options «détachées» de modèle qui prend naissance dans l'usine Nissan de Sunderland, au Royaume-Uni.

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Une personnalité bien à elle

Inutile de tourner autour du pot, la QX30 propose des prestations routières de bon niveau, mais point transcendantes. La faute au manque de charisme du 2 L suralimenté qui l'anime. Sans surprise, la présence du rouage intégral hausse légèrement la consommation, mais on retient surtout le temps de réponse un peu long du turbocompresseur, son inflexibilité et sa curieuse apathie à moyen régime. Avis également mitigé à propos de la transmission automatique à sept rapports à double embrayage qui comporte trois gestions différentes (Eco, Sport, Manuel) assez typées, mais omet d'en ajouter une quatrième (Normal) qui aurait sans doute été la plus homogène et la moins contraignante de toutes dans le cadre d'une utilisation quotidienne.

Moins fermes que celles proposées sur les Mercedes, les suspensions de la QX30 «percutent» tout de même sur les fortes irrégularités de la chaussée. La direction offre au départ un bon ressenti, mais manque de fermeté sur les voies rapides. Et, contre toute attente pour un véhicule bénéficiant d'un rouage intégral, cette direction ne parvient pas à masquer totalement les remontées de couple au volant lors des démarrages sur les chapeaux de roue sur une surface à faible coefficient d'adhérence. Dans les virages, le roulis de la caisse se fait légèrement sentir et le train avant se laisse aisément déborder (sous-virage) si l'automobiliste fait preuve de trop de témérité.

En dépit de ces réserves, l'Infiniti QX30 dispose d'une belle carte à jouer. Son allure singulière pourrait lui permettre d'incarner les habits neufs du multisegment compact de luxe, une catégorie en pleine ascension. Toutefois, considérant le prix demandé pour la version à rouage intégral et les conditions de financement actuelles, la QX30 souffre de la comparaison avec la QX50. Cette dernière est plus spacieuse - plus encombrante, aussi -, plus confortable et à peine plus coûteuse.

Le pour et le contre

On aime

  • Déguisement réussi
  • Saveurs variées
  • Composants reconnus et éprouvés
On aime moins

  • Habitacle étriqué
  • Groupe propulseur peu charismatique
  • Comportement empesé

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Ce qu'il faut retenir

  • Prix: de 35 990 $ à 46 490 $
  • Transport et préparation: 1995 $
  • Garantie de base: 48 mois ou 80 000 km
  • Moteur: L4 DACT 2,0 litres suralimenté
  • Puissance: 208 ch à 5500 tr/min
  • Couple: 258 lb-pi entre 1200 et 4000 tr/min
  • Boîte de vitesse de série: automatique à sept rapports
  • Boîte de vitesse optionnelle: aucune
  • Poids: 1576 kg
  • Rapport poids/puissance: 8,7 kg/ch
  • Mode: intégral
  • Diamètre de braquage: n.d.
  • Freins (av.-arr.): disque-disque
  • Pneus (av.-arr.): 235/50R18
  • Capacité du réservoir: 50 litres
  • Essence recommandée: super
  • Consommation moyenne: 9,6 l/100 km
Pour en savoir plus: www.infiniti.ca

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