Lamborghini Huracan: un autre frisson

Lamborghini Huracan... (fournie par Lamborghini)

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Lamborghini Huracan

fournie par Lamborghini

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Éric LeFrançois

collaboration spéciale

La Presse

(Las Vegas) L'esprit d'avant-garde qui la caractérisait jadis s'est émoussé, pas son côté provocant. Lamborghini a sans doute compris - où s'est-elle résignée à ce constat? - que plusieurs acheteurs de voitures d'exception ont renoncé aux satisfactions traditionnelles que l'on recherche derrière un volant. Puisque la chasse aux excès de vitesse (si minimes soient-ils) a coupé les ailes de la sportivité, l'esthète doit dorénavant considérer séparément l'objet et ses performances, et l'Huracan veille à concilier les deux.

À moins de tourner sur un circuit - toutes les marques organisent des stages de conduite -, il faut admettre que les quelque 600 chevaux (le nombre varie en fonction du mode privilégié), c'est beaucoup. Pourtant, en dépit de toute cette puissance, l'Huracan n'a absolument rien à voir avec les créations passées du constructeur Sant'Agata, ne manqueront pas de relever les puristes. Il était nettement plus difficile - voire impossible pour certains - de domestiquer une Countach de 449 chevaux à la fin des années 80.

Ce désenchantement conduit à se demander si l'on peut encore trouver plaisir à posséder un modèle aussi performant qu'une Huracan sans s'inquiéter de jouer son permis de conduire à chaque sortie. Il serait hypocrite de cacher que la première envie que l'on éprouve à ses commandes est de donner un petit coup d'accélérateur lorsque l'horizon se libère. Linéaire et remarquablement maîtrisée par l'électronique, l'accélération est ferme, avec ce qu'il faut de brutalité. Difficile de ne pas s'autoriser un démarrage énergique à la sortie d'une bretelle d'autoroute.

Après le passage du deuxième rapport de boîte, qui en compte sept, léger stress : l'indicateur de vitesse affiche une valeur proprement ahurissante alors que l'aiguille du compte-tours est encore loin de la zone rouge. Silencieuse et exempte de vibrations, cette Lamborghini se conduit avec une étonnante facilité, pour peu que son conducteur possède des talents d'extralucide, puisqu'on ne voit rien, à l'arrière surtout. Et c'est pire encore au volant de la version Spyder avec sa fine lunette et ses excroissances latérales postées à la hauteur des deux occupants.

Vite, le circuit

Capable d'atteindre des vitesses phénoménales (0-100 km/h en moins de trois secondes), la Huracan exige une vigilance de tous les instants si l'on veut éviter le piège du radar et un très court instant de bonheur. Offerte en série, une alerte sonore de survitesse se propose de rappeler à l'ordre ceux qui ont le pied trop lourd. Efficacité non garantie. Par chance, l'Huracan s'immobilise aussi rapidement qu'elle accélère.

Sur une route sinueuse, elle «enroule» à merveille les virages et sa stabilité est rassurante. Mais la surprise vient peut-être du fait qu'à allure raisonnable, on ne s'ennuie pas au volant d'une Lambo. À 100 km/h, on ressent mieux la sensation de vitesse avec cette voiture très basse et (très) fermement suspendue qu'à bord d'une berline au confort ouaté ou d'un utilitaire dominant la route.

Le fameux «coup de pied aux fesses» expédié par le 10 cylindres installé en position centrale arrière est toujours aussi vigoureux, mais ce biplace est si équilibré («homogène», corrigent les esthètes) que les sensations sont édulcorées. Mieux élevée que les modèles précédents, la Huracan gagne en confort et paraît moins «joueuse» en raison de la présence d'un rouage à quatre roues motrices au rendement fort efficace sur une chaussée à faible coefficient d'adhérence, mais affecté d'un sous-virage qui ne manquera pas d'horripiler un carré de puristes. Ces derniers lui préféreront la version deux roues motrices, plus légère, plus agile et surtout plus franche dans ses réactions. Hélas, pour l'heure, cette configuration ne s'amalgame qu'à une motorisation moins puissante (572 chevaux) et qu'au seul coupé. Dommage, car en raison de la répartition plus équitable de ses masses et d'une réduction de son poids, une version Spyder de cette LP580-2 (désignation officielle) représenterait sans doute l'offre à saisir. Et à ceux et celles qui s'inquiètent de ne pas avoir autant de chevaux sous le pied, il convient de préciser qu'en dépit d'une motorisation moins musclée, la plage de couple est plus linéaire et autorise de belles - dans un environnement contrôlé - glissades.

Format jockey ou presque

Tant qu'à payer autant d'argent pour un véhicule qui sommeillera tout l'hiver, pourquoi ne pas favoriser la version Spyder? Celle-ci est coiffée d'une capote en toile qui s'escamote en 17 secondes, même en roulant, pour peu que la vitesse n'excède pas les 50 km/h. Certains regretteront que ce passage de coupé à cabriolet s'accompagne d'une partie arrière partiellement redessinée qui fait en sorte que le V10 ne s'expose plus en vitrine. Il se trouve plutôt dissimulé derrière des persiennes. En revanche, les rugissements de cette mécanique s'entendent mieux.

À bord de la Spyder, on retrouve la même présentation intérieure néo-rétro du coupé. On retrouve donc un savoureux mélange entre le concept Marzal apparu à la fin des années 60 et l'avant-gardisme d'un bloc d'instrumentation entièrement numérique et reconfigurable. La quantité de commutateurs est impressionnante autant que déroutante - l'absence d'un levier de clignotants ou d'essuie-glaces, notamment. Ces derniers se trouvent imprimés au volant. Par ailleurs, en raison de la nouvelle configuration du capot moteur et de l'épaisseur de la cloison, les rails des sièges ont été amputés de quelques centimètres, ce qui risque de gêner les grands gabarits. Une petite concession (et contorsion) additionnelle qui n'enlève rien au plaisir d'en posséder une.

Les frais de déplacement liés à ce reportage ont été payés par Automobili Lamborghini SPA

Le pour et le contre

On aime

  • Version deux roues motrices plus animée
  • Apparence spectaculaire
  • Finition soignée
On aime moins

  • Visibilité atroce
  • Tempérament survireur (intégral)
  • Cabine étriquée pour les grands gabarits 

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Lamborghini Huracan

fournie par Lamborghini

Ce qu'il faut retenir

  • Fourchette de prix: 279 985 $ à 309 985 $
  • Transport et préparation: 3500 $
  • Garantie de base: 24 mois, kilométrage illimité
  • Moteur: V10 DACT 5,2 litres
  • Puissance: 602 ch à 8250 tr/min
  • Couple: 413 lb-pi à 6500 tr/min
  • Poids: 1542 kg
  • Rapport poids/puissance: 2,56 kg/ch
  • Transmission de série: automatique à sept rapports double embrayage
  • Transmission en option: aucune
  • Mode: intégral
  • Diamètre de braquage: 11,5 m
  • Freins (av.-arr.): disque-disque
  • Pneus (av.-arr.): 245/35R19 - 305/30R20
  • Capacité du réservoir: 80 litres
  • Essence recommandée: super
  • Consommation obtenue: 13,6 l/100 km
  • Pour en savoir plus: www.lamborghini.com

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