Un cycle nouveau pour le Kia Sportage

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Le Kia Sportage 2017

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Éric LeFrançois

Collaboration spéciale

La Presse

(Montréal) Les gammes Hyundai et Kia doublonnaient; désormais, elles se complètent, quitte à se concurrencer sur certains segments. Kia sait maintenant ce qu'on lui demande : devenir un constructeur original, à la personnalité multiple, et non plus la doublure un peu effacée de Hyundai. Le Sportage, quatrième du nom, entend non seulement dissiper le brouillard qui jusqu'ici enveloppait cette marque, mais aussi partir à la conquête d'une autre clientèle.

Jusqu'à l'an dernier, au Québec, les consommateurs préféraient largement le Tucson au Sportage. Pourtant, hormis le style, très peu de choses les distinguaient. La tentation est grande d'écrire la même chose à la suite du renouvellement de ce modèle, seulement, il y a un «mais». Le Sportage se distingue techniquement davantage du Tucson, sur notre marché à tout le moins. Plutôt que d'embrasser toutes les avancées techniques promulguées par Hyundai, Kia aime mieux (ou se fait-elle imposer?) le statu quo. Interdit de la boîte automatique à double embrayage et du moteur 1,6 litre suralimenté par turbocompresseur, Kia réitère sa confiance, non sans avoir apporté certaines modifications, aux groupes motopropulseurs qui mouvaient la précédente mouture du Sportage. Cette dialectique doit permettre de jouer sur deux tableaux en distinguant la marque Kia, empreinte d'une sportivité légèrement épicée, et Hyundai, plus portée vers les architectures innovantes, cultivant une vraie complicité avec le public. Cela dit, les repères stratégiques définis par Kia sont plutôt flottants et pourraient bien évoluer. Pour preuve, en Europe, le Sportage partage encore tout avec le Tucson.

Du bon et du moins bon

Comme bien d'autres, le Sportage n'adopte que très partiellement les codes des VUS et s'adresse à une clientèle plus attachée au look de son véhicule que versée dans les escapades rupestres. Pour autant, Kia joue le jeu. La transmission intégrale (un modèle à deux roues motrices est également offert) s'enclenche automatiquement en cas de perte d'adhérence et se dote même d'un blocage du différentiel central. Résultat : le comportement de ce Kia en hors-piste est solide, mais handicapé par une garde au sol un peu juste par rapport à celle des aventuriers de la catégorie que sont les Jeep Cherokee et Subaru Forester. Inapte à franchir les ornières ou à partir à l'assaut du mont Sutton (surtout avec ses pneus standards), le Sportage s'accommode en revanche des chaussées glissantes, voire neigeuses, de la route. Fermement suspendu, il reste stable sur le sec et, sur autoroute, garde imperturbablement son cap.

Le fiable et vigoureux 2,4 litres à injection directe, souple mais légèrement bruyant dans les tours, remplit son office avec efficacité, mais sa consommation nous déçoit avec une moyenne supérieure à 10 l/100 km. Légèrement retouchée, cette motorisation bénéficie d'un cheval-vapeur additionnel pour 2017, mais ses temps (accélération et reprise) demeurent en deçà de ceux réalisés par la concurrence. Par chance, la boîte automatique à six rapports, souple et parfaitement étagée, parvient à créer l'illusion que le Sportage est plus vif qu'il ne l'est réellement. Naturellement, les plus pressés (et les plus fortunés) privilégieront la version suralimentée par turbocompresseur, mais celle-ci n'est guère plus convaincante face à l'offre de la concurrence. D'autant plus que sa puissance a été révisée à la baisse cette année. En effet, le 2,0 l Ecoboost de Ford s'avère plus frugal et plus tonique que ce moteur sud-coréen.

Malgré son relatif encombrement, le Sportage est à l'aise en ville. Il braque bien et nous met davantage en confiance, maintenant que ses montants ont été affinés pour améliorer la visibilité - surtout de trois quarts arrière - autrefois si problématique. Ce Kia offre aussi un petit supplément d'âme 4 X 4 grâce à son assise haut perchée.

Avec ce drôle de VUS dont le faciès mime à la fois le Cayenne (Porsche) et le Juke (Nissan), la firme sud-coréenne entend visiblement se positionner dans la zone sportive de ce vaste créneau. Par conséquent, elle chasse sur le même territoire que le CX-5 de Mazda qui se fait un point d'honneur d'être le plus dynamique de la catégorie. Sans atteindre le même niveau que le Mazda, le Sportage a néanmoins bien progressé dans ce domaine. La rigidité de son châssis combinée à la géométrie révisée de ses trains roulants contribue à rendre la conduite plus fluide, plus sportive aussi. À cela, il convient d'ajouter la présence d'une direction aujourd'hui plus sensible au relief de la route. Cela a été rendu possible en déplaçant le boîtier d'assistance plus près de la crémaillère que de la colonne où il se trouvait autrefois. Le toucher de route est plus précis et le véhicule se positionne mieux dans les virages.

Finition plus soignée

À l'intérieur, la présentation a fait l'objet d'un réel effort. Certes, les plastiques n'ont rien de très chic, mais les matériaux sont devenus plus lisses et quelques insertions de chrome viennent, sinon déchaîner l'enthousiasme, égayer un ensemble un peu plus chaleureux et soigné que naguère. Le graphisme de l'écran central qui regroupe notamment la navigation est démodé, mais les contrôles qu'il intègre ont le mérite d'être efficaces et aisément identifiables.

Toutes les places sont confortables et les sièges avant procurent un support très adéquat pour les longues randonnées. En revanche, le coffre est étriqué et soutient difficilement la comparaison face à un CR-V (Honda) ou encore un Rogue (Nissan). En outre, on se désole qu'une fois rabattus, les dossiers de la banquette arrière ne tombent pas parfaitement à plat et on regrette le seuil plutôt élevé du coffre.

Indépendamment de la version retenue, la liste des caractéristiques de série en met plein la vue; ne vous laissez pas impressionner. La meilleure affaire demeure le modèle d'entrée de gamme (LX).

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Le Kia Sportage 2017

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Où va Kia?

Doit-on comprendre qu'en Amérique du Nord, Kia ne doit plus concurrencer directement Hyundai, sorte de Toyota à la coréenne? Chose certaine, Kia ne peut pas non plus regarder vers le haut de gamme depuis la création toute récente de la marque Genesis. Pas question pour autant de se poser comme une firme à «bas coûts» comme à ses débuts sur le marché canadien. Où doit-elle se positionner, alors?  La marque sait qu'elle n'a guère le droit à l'erreur. 

En réalité, la contrainte la plus problématique imposée à Kia n'est pas l'obligation de cultiver l'originalité - elle a toujours su le faire par son design -, mais l'interdiction qui lui est faite, au nom des intérêts supérieurs de Hyundai et maintenant de Genesis, de monter en gamme et d'investir certains territoires. S'en tenir à un projet trop flou qui, au bout du compte, lui imposerait un plafond de verre obligerait Kia à ne plus se définir qu'en creux, par rapport aux deux autres marques.

On connaît peu de constructeurs qui se sont épanouis dans un tel contexte. Sans quoi des marques comme Mercury ou Oldsmobile, pour ne nommer que ces deux-là, auraient survécu.

Le pour et le contre

On aime

  • Habitacle valorisant
  • Nombreux accessoires
  • Précision de la direction
On aime moins

  • Statu quo technique
  • Coffre étriqué
  • Consommation décevante

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Le Kia Sportage 2017

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Ce qu'il faut retenir

  • Prix: de 24 895 $ à 39 595 $ 
  • Frais de transport et de préparation: 1740 $
  • Garantie de base: 60 mois ou 100 000 km
  • Moteur: L4 DACT 2,4 litres
  • Puissance: 181 ch à 6000 tr/min
  • Couple: 175 lb-pi à 4000 tr/min
  • Poids: 1696 kg
  • Rapport poids/puissance: 9,37 kg/ch
  • Mode: intégral
  • Transmission de série: automatique à six rapports 
  • Transmission optionnelle: aucune
  • Diamètre de braquage: 10,6 m
  • Freins (av.-arr.): disque-disque
  • Pneus (av.-arr.): 225/55R18
  • Capacité du réservoir: 62 litres
  • Essence recommandée: ordinaire
  • Capacité de remorquage maximale: 907 kg
  • Consommation réelle observée: 10,4 l/100 km
  • Pour en savoir plus: www.kia.ca

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