Mercedes-Benz Classe S 550e: l'étoile se branche pour de bon

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Éric LeFrançois

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La Presse

En Europe et tout particulièrement en Allemagne, la technologie hybride - motorisation qui allie un moteur classique à un autre électrique - a jusqu'ici suscité un enthousiasme plutôt modéré. Plus maintenant. Après une première tentative totalement futile, Mercedes se branche cette fois pour de bon.

La première déclinaison hybride de la Classe S (S400) de Mercedes se prêtait à bien des plaisanteries. Sa petite batterie au lithium-ion logée dans le compartiment moteur avait la taille d'une boîte à chaussures et s'avérait incapable de mouvoir cette berline sans faire fumer les échappements. Sept ans plus tard, la firme à l'étoile remet sa copie au propre.

Comme bien des constructeurs allemands, Mercedes a longtemps cru que les gains d'efficacité enregistrés avec les motorisations essence et (surtout) diesel allaient considérablement réduire l'écart avec celles doublées d'un moteur électrique. Ces mêmes constructeurs allaient même jusqu'à prétendre que si l'on tenait compte du coût plus élevé d'un groupe propulseur hybride, de sa complexité et de son poids, il n'y avait à proprement dit aucun réel avantage à s'offrir cette technologie conçue par Honda et Toyota.

La rhétorique allemande n'était pas dénuée de vérités, mais le spectre d'un resserrement de certaines mesures (pollution zéro dans les centres-villes, par exemple) et plus récemment le scandale des moteurs truqués de Volkswagen ont invité ces mêmes constructeurs à réviser leur discours. À reconsidérer aussi cette motorisation hybride comme étant le pont qui conduira vers une mobilité vraisemblablement tout électrique et durable.

Pourquoi est-elle importante?

Le prix affiché par cette Classe S met bien évidemment la voiture hors de portée de nombreux portefeuilles. Qu'à cela ne tienne, la technologie hybride à prise rechargeable que cette opulente berline abrite va rapidement cascader sur l'ensemble des produits de la marque allemande et, qui sait, sur certains de ses partenaires commerciaux. En fait, dès l'an prochain, des Mercedes moins élitistes - on pense notamment à l'utilitaire GLC - adopteront un groupe hybride similaire, voire plus évolué.

Mercedes associe au V6 3,0 litres biturbo un moteur électrique de 85 kW. Pour mémoire, rappelons que la S400 essayée dans nos pages il y a six ans jumelait un V6 de 3,5 l atmosphérique à une «centrale électrique» de 0,9 kW. Autre différence, cette Classe S peut se mouvoir à l'aide de son seul moteur électrique. Elle peut également parcourir 33 km et atteindre 140 km/h sans que les bougies créent la moindre étincelle. Autant de prouesses qu'était incapable de réaliser son ancêtre, né il y a pourtant sept ans à peine.

Le système hybride conçu par Mercedes se compose de quatre modes de conduite: hybride, e-mode, e-save et charge. Tous sont associés à des programmes de conduite (E, E+ et S). Ce qu'il faut surtout retenir ici est que cette motorisation comporte notamment un dispositif qui permet de recharger la batterie - merci au moteur à essence - tout en roulant. Ainsi, il faut compter une quarantaine de minutes avant que le V6 recharge complètement la batterie si une borne de recharge ne se trouve pas à proximité. En outre, une fois l'énergie emmagasinée dans la batterie, il est possible d'opter pour le mode e-save qui permet de préserver l'autonomie électrique. Dans les faits, cela veut dire que vous pourriez, par exemple, quitter votre domicile de Chambly, sur la Rive-Sud, faire le plein d'électricité sur l'autoroute 10 et entrer dans la ville de Montréal sans émettre le moindre gaz polluant.

La très grande sophistication de ce système lui permet de se conformer à des législations futures (zéro émission dans les centres-villes notamment). Et pour peu que l'automobiliste adopte une conduite plus coulée, il est possible de réaliser une consommation moyenne à peine supérieure à 10,0 l/100 km et de profiter d'une autonomie globale de quelque 700 km. Que du bon, mais il y aura du meilleur encore l'an prochain déjà... Voilà de quoi jeter de l'ombre sur ce modèle qui bénéficiera dès 2018, dit-on, d'une batterie plus puissante qui permettrait théoriquement d'atteindre près de 49 km d'autonomie électrique, un gain de 16 km par rapport à la 550e actuelle.

Tous les attributs réunis

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Même si le meilleur est à venir, la 550e demeure néanmoins - pour ceux qui en ont les moyens, bien sûr - une déclinaison à considérer. Uniquement offerte sur le modèle à empattement long pour mieux masquer l'encombrement de la batterie, la 550e est proposée sensiblement au même prix que la version à moteur à essence. Où est l'intérêt alors de se procurer la plus verte des Classe S? La consommation, bien sûr, la protection de l'environnement, la ristourne du gouvernement du Québec (4000 $) ou encore la possibilité d'emprunter des voies ou des places de stationnement réservées aux véhicules «verts». Des attributs guère visibles à l'oeil nu.

Hormis le petit clapet posé sous le feu arrière droit destiné à recevoir la prise de recharge, rien ne distingue physiquement cette Classe S d'une autre. À l'intérieur, même constat, à l'exception bien sûr des renseignements offerts par le bloc d'instrumentation. En fait, il faut soulever le couvercle du coffre pour véritablement percevoir une différence. Hélas, elle est de taille puisque la quincaillerie additionnelle de cette motorisation hybride ampute sérieusement la capacité du coffre. Pour le reste, c'est la même chose avec cette finition remarquable et une liste de caractéristiques à donner le vertige.

Routière au long cours

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Ce remarquable travail d'ingénierie se trouve en partie affaibli par l'absence d'un rouage à quatre roues motrices. De fait, et contrairement aux autres berlines de Classe S, cette version hybride est uniquement entraînée par ses roues arrière. Voilà qui risque de refroidir l'enthousiasme de certains acheteurs. Tout comme son énorme diamètre de braquage qui, malgré l'aide de différents capteurs, ne facilite en rien les manoeuvres dans les espaces restreints.

Toutefois, dès que l'horizon se dégage, cette Classe S n'apporte que du bonheur. Sa suspension filtre remarquablement les ondulations et les bosses rencontrées sur son passage. En dépit du poids de la voiture, l'accélération est franche, aidée il va sans dire par la rapidité du moteur électrique à se mettre en action, et se compare avantageusement à celle d'une Classe S mue par un V8 à essence. En revanche, les pneus à faible résistance de roulement de la version hybride ont un impact négatif sur une chaussée détrempée (adhérence moindre) et lors des freinages d'urgence (distances plus longues). Les adeptes de la conduite écologique n'y verront rien.

Pour prolonger l'été

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Chez Mercedes, la Classe S était un modèle; désormais, c'est une gamme. À la traditionnelle berline se sont en effet ajoutés un coupé (ex-CL) et, plus récemment, un cabriolet. Ce dernier porte à six le nombre de véhicules «plein air» au sein de la marque à l'étoile. 

C'est beaucoup, mais le constructeur allemand répond à une clientèle qui souhaite prendre un bain de soleil en famille. En effet, contrairement à la mythique SL, cette Classe S fait glisser quatre personnes sur des baquets de cuir bien dodus et entourés de laque noir piano (une option de 1500 $) un peu kitsch. Les occupants des sièges arrière maugréeront un peu sur l'espace qui leur est alloué ou sur les difficultés de les atteindre ou de s'en extraire, mais bon, on a vu pire.

Avec ou sans toit, la Classe S est impressionnante par sa taille et cela se ressent au volant. Taillée pour les lignes droites et les longues courbes, cette décapotable ne déteste pas les trajets plus sinueux pour peu que l'acheteur opte pour la déclinaison AMG. Nettement plus rapide, cette dernière n'apporte pas le plaisir attendu, malgré la vivacité de ses réactions. Mieux vaut préférer la version standard, plus en phase avec la nature de ce modèle.

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