Uber teste ses voitures sans chauffeur à Pittsburgh

Une petite flotte de quatre voitures bardées de... (AFP, Angelo Merendino)

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Une petite flotte de quatre voitures bardées de lasers, de caméras et de capteurs va prendre à son bord des clients fidèles du service et les amènera à destination à Pittsburgh.

AFP, Angelo Merendino

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Paul Handley
Agence France-Presse
Pittsburgh

La révolution automobile fait un bond mercredi à Pittsburgh où des clients d'Uber, le service de location de voiture par internet, vont se laisser mener à bon port par un véhicule entièrement autonome.

Une petite flotte de quatre voitures bardées de lasers, de caméras et de capteurs va prendre à son bord des clients fidèles du service et les amènera à destination dans cette ville de plus de 2,6 millions d'habitants, devenue un pôle de haute technologie de la côte est.

Dans un premier temps, le passager ne sera pas seul. Un technicien sera assis à la place du conducteur, mais sans toucher le volant. Un second technicien sera là pour observer le comportement du véhicule.

Très vite l'entreprise espère passer à un seul.

Test réaliste

Lors d'un essai avec la presse mardi, un journaliste de l'AFP a pu constater que les véhicules trouvaient leur chemin sans grande difficulté, dans une ville où il n'est pas simple de circuler.

Cela fait deux ans qu'Uber les «entraîne» sur le terrain.

Uber s'est vu coiffer au poteau en août par une start-up de Singapour qui a lancé un service embryonnaire et cantonné à une petite partie - facilement navigable - de l'île.

Pittsburgh et ses collines escarpées, ses vieilles rues étroites et ses autoroutes en pagaille sont un test autrement plus réaliste.

Une douzaine de Ford hybrides, reconnaissables à toute la machinerie perchée sur le toit du véhicule, sont prêtes à prendre rapidement du service et s'ajouter aux quatre véhicules pionniers.

Dans un avenir proche, Uber veut aussi utiliser une flotte du suédois Volvo, qui incarne mieux qu'aucune autre marque l'image de sécurité sur la route. Les deux entreprises travaillent d'arrache-pied dans l'ancienne capitale mondiale de l'acier.

Secteur de pointe

Les voitures autonomes sont l'un des secteurs les plus en pointe dans la recherche automobile, les constructeurs rivalisant d'annonces pour présenter des voitures capables de se conduire et de se diriger toutes seules.

L'américain Ford ou l'allemand BMW se sont récemment fixé l'objectif d'une production en série en 2021.

Le constructeur américain Tesla commercialise lui déjà une berline, la «Model S», avec des équipements très avancés en la matière, toutefois en question après un accident mortel en Floride. Il ambitionne aussi à plus long terme de créer un réseau de voitures autonomes utilisable à la demande.

Outre les constructeurs traditionnels, des géants de l'internet comme Alphabet (Google) sont également sur les rangs.

Ce qui a permis à Uber de battre ses concurrents, c'est sa capacité à collecter et exploiter les quantités faramineuses de données sur les routes et les conditions de circulation accumulées par les chauffeurs de son service «traditionnel» au long de milliards de kilomètres parcourus.

«Nous avons l'un des groupes les plus puissants du monde en terme d'ingénierie de conduite autonome, tout comme l'expérience tirée de la gestion d'un réseau de covoiturage et de livraisons dans des centaines de villes», a souligné mercredi dans un blog Travis Kalanick, fondateur d'Uber.

Moins de morts ?

La voiture autonome correspond mal à l'image que l'on se fait d'Uber, un service basé sur une application téléchargeable sur le téléphone portable qui a permis à des millions de conducteurs de gagner de l'argent en «faisant le taxi» sans avoir besoin d'investir dans une coûteuse licence.

La corporation se bat d'ailleurs pied à pied pour endiguer Uber.

Mais le test de Pittsburgh laisse penser que le but ultime est de créer une flotte de taxis sans chauffeur du tout.

«La conduite autonome est au coeur de la mission d'Uber», estime Anthony Levandowski, vice-président chargé de l'ingénierie chez Uber.

Cela reste un objectif lointain, s'empressent de préciser les responsables de l'entreprise. Ils envisagent une cohabitation entre voitures classiques et autonomes pendant encore longtemps.

Pour Travis Kalanick, le but ultime c'est de faire en sorte que les routes soient plus sûres.

«Nous savons que les Ubers autonomes ont un potentiel énorme pour accomplir notre mission et améliorer la société: réduire le nombre d'accidents de la route, qui tuent 1,3 million de personnes par an, libérer 20% de l'espace urbain mangé par les places de stationnement pour des milliards de voitures et réduire les embouteillages qui font perdre des milliers de milliards d'heures par an», a-t-il affirmé.

Pour l'heure, Uber affirme que ses voitures autonomes n'ont pas eu d'accident. Mais l'entreprise a formé ses techniciens-accompagnateurs à cette éventualité. Elle leur paraît inéluctable.

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