Essai routier: Rolls-Royce Wraith, la séductrice

Rolls-Royce Wraith... (fournie par Rolls Royce)

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Rolls-Royce Wraith

fournie par Rolls Royce

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Éric LeFrançois

collaboration spéciale

La Presse

(Montréal) Luxe, somptuosité excessive, individualité. Comment définir autrement Rolls-Royce? Sans renoncer à ses traditions, le constructeur britannique cherche aujourd'hui des voies nouvelles pour rayonner, pour séduire. Le monumental coupé Wraith a ce dessein. Il cherche à convaincre une clientèle plus jeune en quête d'originalité, de modernité et de cet énigmatique supplément d'âme qui justifie pareille dépense.

Clarifions dès le départ une chose. Ce qui est rare est cher. Posséder une Rolls-Royce est donc une authentique extravagance. Alors, quand vous entrez chez Rolls, vous n'achetez pas une auto, mais bien une oeuvre d'art mobile. Cela dit, historiquement, la marque aux deux R entrelacés visait les monarques, les richissimes chefs d'entreprise et quelques célébrités, dont Daniel Beckham, Karl Lagerfeld ou Sir Paul McCartney. Elle les courtise toujours, mais souhaite néanmoins recruter une clientèle plus jeune - mais toujours aussi riche - dans le but de faire tourner son usine anglaise à plein rendement. Celle-ci, qui peut assembler 6000 unités par an, nous rappelle aussi que le luxe n'est pas un marché de masse.

Pour élargir son territoire de chasse, l'antenne de luxe du groupe BMW épaissit son portefeuille de modèles - elle compte d'ailleurs commercialiser un «4 X 4» l'an prochain - mais choisit délibérément de maintenir des tarifs très élevés et de faire de cette cherté un argument de qualité, d'authenticité et de distinction sociale. Plutôt que de démocratiser ses produits à la manière de certaines autres marques (Audi et Mercedes, notamment) en les rendant plus abordables, Rolls-Royce souligne ainsi délibérément son caractère luxueux pour les rendre plus désirables pour les générations actuelles et futures d'acheteurs.

Sans bafouer la tradition plus que centenaire de la marque, mais tout en étant consciente que le luxe traditionnel du haut de gamme, du cher, du beau est sur le déclin, la direction de Rolls-Royce se tourne subtilement vers une conception plus personnalisée. C'est ce que certains professionnels de la mise en marché appellent «le luxe du moi, du je». Individualiste à souhait, cette notion privilégie le bonheur et le plaisir personnel.

Ce long préambule nous mène à la Wraith, dont la présentation remonte à plus de quatre ans déjà. Elle connaît un joli succès d'estime auprès des esthètes et connaisseurs - même au Québec - et sa performance commerciale n'a pas à rougir de la comparaison avec celle réalisée par la berline Ghost dont elle dérive assez étroitement. Plus important encore, la Wraith a surtout permis à la jeune génération de désirer une Rolls-Royce, comme on rêve d'une Ferrari ou d'une Bugatti.

Muet d'étonnement

Le moins que l'on puisse écrire est que la Wraith en impose : colossale, majestueuse et dégoulinante de - vrai - chrome. Ce coupé est carrément sculptural avec ses portières à ouverture antagoniste et la chute gracieuse de la ligne du pavillon de son toit. À cela, il convient d'ajouter un traitement bicolore de la carrosserie - une option parmi tant d'autres - et l'incontournable Flying Lady ou Spirit of Ecstasy est prête à prendre son envol. Pour peu qu'on ait un peu de mémoire, la Wraith s'inspire d'un concept (101EX) apparu il y a 10 ans déjà.

L'absence d'un montant central et la cinématique singulière des portières - celles-ci se déplacent de l'avant vers l'arrière et dissimulent chacune un parapluie - rendent l'accès à l'arrière étonnamment aisé. Avant de rejoindre les sièges généreusement capitonnés dans lesquels il est possible de s'effondrer avec un verre de whisky à la main, l'invitation est lancée de lire l'inscription sur le marchepied : «Wraith, handbuilt in Goodwood, England». Vous apprécierez alors davantage votre visite de ce palace roulant qui vous procure très vite une douce sensation : celle d'être riche et d'avoir bon goût. En fait, peu importe la place occupée à bord, on ne se lasse pas de détailler la richesse de la finition, les nervures parfaitement symétriques des boiseries et le ciel de toit étoilé tissé à la main de 1340 fibres optiques.

Les occupants des places avant bénéficient, il va sans dire, de fauteuils tout aussi confortables. Le caractère massif du tableau de bord est étonnant, mais le rétroéclairage turquoise clair des instruments et de l'ordinateur central l'allège de beaucoup. Comme chez BMW, la molette iDrive (pardon, Spirit of Ecstasy) trouve sa place au pied de la console centrale et permet, elle aussi, de tracer des chiffres et des lettres avec le doigt pour ne pas avoir à quitter la route des yeux. Pratique si vous recherchez LA chanson qui vous fait vibrer parmi les 5700 fichiers musicaux que le système audio peut contenir.

Le journal n'est pas assez dense pour décrire l'ensemble des options offertes sur ce modèle. Ce qu'il faut retenir ici est que l'acheteur de ce modèle a la possibilité de personnaliser son véhicule à l'infini. À tel point qu'il est possible de reproduire la couleur exacte de votre sac à main préféré ou encore de graver la photo et le nom de vos enfants dans les boiseries. Rolls-Royce ne recule devant aucun caprice, pour peu que le client y mette le prix.

Silence, on roule

Autrefois, Rolls-Royce se montrait plutôt discret sur le comportement dynamique de ses produits. D'ailleurs, à ce sujet, longtemps la marque a maintenu secrète la puissance de ses moteurs, prétextant avec une souveraine désinvolture que celle-ci était «suffisante». Il appartenait donc aux chauffeurs d'en juger.

Avec le coupé Wraith, Rolls-Royce ne s'adresse pas aux chauffeurs, mais plutôt à cette race - pratiquement éteinte - des gentlemen drivers. Ceux-ci se font sans doute toujours conduire le jour (le propriétaire d'une Rolls a en moyenne un parc automobile personnel de sept voitures), mais préfèrent prendre le volant le soir ou la fin de semaine. Par conséquent, la Wraith se devait d'être à la hauteur. Et elle l'est.

Propulsé par un V12 suralimenté d'origine BMW, ce très lourd coupé se déplace avec grâce et facilité. Que dire de la boîte automatique qui l'accompagne et qui profite de l'assistance du système de navigation pour sélectionner le rapport idéal en fonction du profil de la route. Aussi, est-il besoin d'écrire que, ce faisant, la consommation devient carrément pantagruélique? Un détail.

Sur la route, la Wraith fait oublier son poids et enchaîne les virages en souplesse sans que sa mascotte ailée au bout du capot rechigne à changer de cap. La direction est légère et précise. La suspension pneumatique et l'armée d'aides à la conduite nécessaires pour réguler l'accélération et un contrôle automatique d'assiette facilitent la maîtrise de cette Rolls, peu importe la qualité du bitume. Étant donné le poids de l'engin, il est toutefois préférable de ne pas défier avec trop d'audace les lois de la physique. Le moteur, dont le ronronnement feutré est des plus distingués même si l'on n'entend jamais le tic-tac de la montre posée sur le tableau de bord, se déchaîne à la moindre sollicitation. Il le fait avec tact et sans vacarme. L'accélération est terrible, mais jamais brusque ni violente. Impression rassurante de disposer sous le pied droit d'une inépuisable réserve de puissance et, sous le pied gauche, d'un freinage franchement vigoureux.

La marque qui s'autoproclame constructeur de «la meilleure voiture du monde» n'a pas toujours été à la hauteur de son ambition. Cette fois, si. De quoi calmer votre banquier ou votre comptable qui s'affole, sans parler, bien sûr, de Revenu Québec...

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Le pour et le contre

On aime

  • Douceur de roulement
  • Finition sur mesure
  • Exclusivité garantie
On aime moins

  • Encombrement spectaculaire
  • Seulement deux roues motrices
  • Prix stratosphérique

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Rolls-Royce Wraith

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Ce qu'il faut retenir

  • Prix: à partir de 375 000 $
  • Frais de transport et de préparation: 6900 $
  • Garantie de base: 48 mois ou 80 000 km
  • Moteur: V12 DACT 6,6 litres suralimenté
  • Puissance: 624 ch à 6600 tr/min
  • Couple: 590 lb-pi entre 1500 et 5500 tr/min
  • Poids: 2440 kg
  • Rapport poids/puissance: 3,91 kg/ch
  • Mode: propulsion
  • Transmission de série: automatique à huit rapports
  • Transmission optionnelle: aucune
  • Diamètre de braquage: 13,4 m
  • Freins (av.-arr.): disque-disque 
  • Pneus (av.-arr.): 255/50R19
  • Capacité du réservoir: 83 litres
  • Carburant recommandé: super
  • Consommation réelle observée: 14,4 l/100 km
  • Concurrentes à considérer: aucune
Pour en savoir plus: rolls-roycemotorcars.com

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