Essai routier de la Porsche 718 Boxster: des images, pas de son

La Porsche 718 Boxster... (fournie par Porsche)

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La Porsche 718 Boxster

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Éric LeFrançois

Collaboration spéciale

La Presse

(Cascais, Portugal) Personne n'y échappe. Pas même Porsche. Après la 911, au tour de la Boxster - à laquelle a été accolé le préfixe 718 - d'appliquer la philosophie très actuelle du downsizing. Ce principe consiste à concevoir des mécaniques de moindre cylindrée, mais capables de produire plus de puissance et de reprises pour une consommation réduite. L'image est forte, pas le son.

Avant de s'exciter de sa venue, il importe de préciser qu'il faudra passer l'été sans elle, car la 718 Boxster ne sera pas commercialisée avant le mois de novembre de ce côté-ci de l'Atlantique. Sans trahison de la silhouette, la 718 Boxster change pourtant en profondeur. À l'exception du pare-brise, du couvercle de malle arrière et de la capote, tout a été revu. Les ailes se déploient plus largement tandis que les prises d'air latérales s'étirent pour avaler une plus grande quantité d'oxygène et faire respirer au mieux la mécanique suralimentée implantée, comme toujours, en position centrale arrière.

On a beau soulever le capot moteur, on ne voit toujours pratiquement rien. Pourtant, la 718 Boxster comporte deux cylindres de moins que le modèle actuellement visible dans les salles d'exposition. En possédant auparavant six, le bloc moteur compte désormais quatre cylindres, mais conserve néanmoins l'architecture à plat (cylindres opposés). Il faut remonter à l'époque de la 914 - et non de la 718 - pour retrouver pareille configuration mécanique chez Porsche. Mais celle-ci à l'époque était à aspiration naturelle et non, comme c'est le cas de la 718 Boxster, suralimentée par turbocompresseur.

Mais avant d'aller plus loin, soulignons que Porsche a mis au point deux blocs. L'un pour la version de base (2,0 l) et un autre pour la déclinaison S (2,5 l). Ces derniers épousent un turbocompresseur unique et un système de calage variable inédit chez Porsche, à savoir qu'il opère aussi bien à l'admission qu'à l'échappement. Hormis la cylindrée, la différence majeure entre ces deux engins se trouve du côté du turbocompresseur. Celui de la S est à géométrie variable pour réduire au maximum le temps de réponse, temps d'inertie entre le moment où l'on enfonce la pédale d'accélérateur et celui où le turbo entre en action en ajoutant une soupape de décharge. Une technique parfaitement maîtrisée par le constructeur de Stuttgart avec la 911 Turbo et ses multiples modèles destinés à la compétition.

Essentiellement, ce qu'il faut retenir, c'est que le 2,0 l produit 35 chevaux de plus que le six-cylindres 2,7 qu'il remplace, tandis que le 2,5 l dépasse le précédent flat six de 3,4 l. Dans un cas comme dans l'autre, on observe une réduction de la consommation de l'ordre de 1,0 l/100 km, et ce, même si le poids du véhicule s'est accru de 25 (base) et 35 kg (S). L'honneur est sauf.

Les changements mécaniques ont incité à revoir les trains roulants de ce roadster. La taille des freins a été optimisée, tout comme la suspension arrière, pour améliorer notamment la motricité, tout particulièrement en sortie de virage. En prime, la 718 Boxster fait sienne la crémaillère de direction de la 911 Turbo, 10 % plus directe que celle de la Boxster, avec ou sans S, actuelle.

Ça se sent, mais ne s'entend pas

Sur papier, ça sonne mieux qu'à l'oreille. Aussi bien le dire tout de suite, la sonorité de ce quatre-cylindres est quelconque, même en phase d'accélération. Cela est d'autant plus regrettable à bord d'une auto à carrosserie ouverte. Une fois cette déception passée, il faut se rendre à l'évidence, cette mutation vers le quatre-cylindres est particulièrement réussie. À défaut du son, la 718 Boxster fait défiler les images plus rapidement et met davantage de vent dans les cheveux. Le 2,5 l surtout qui, indépendamment du mode de conduite sélectionné (Normal, Sport, Sport +), pousse très fort. Pour connaître l'ivresse sans la bouteille au volant de la version 2,0 l, mieux vaut s'en tenir aux modes Sport et Sport + pour ne pas ressentir ce «trou à l'accélération» à la position Normal.

Comme d'autres mécaniques suralimentées (celles offertes sur certaines Ford par exemple), Porsche invite à appuyer sur le bouton rouge Sport Response Button au milieu la molette située au volant permettant de bénéficier pour un temps limité (20 secondes) d'une pression accrue du turbocompresseur, ce qui facilite les dépassements.

La puissance n'est rien sans le contrôle. À ce chapitre, la 718 Boxster se révèle encore plus efficace que le modèle précédent. Ce roadster se conduit avec facilité en ville comme sur les routes en lacet. À chacune des nos sorties, on se délecte de poser ses paumes sur le cuir du volant, de guider avec précision la commande de la boîte manuelle ou de se dégourdir les pouces sur les commutateurs de la transmission PDK offerte en option. Plus directe encore, la direction à assistance électrique décrypte avec justesse le message des roues directrices, mais une fois celui-ci traduit, c'est le bonheur! À peine mise en appui et délestée, la 718 Boxster prend le virage pour vous.

Alerte, cette Porsche paraît vissée à la route grâce à son centre de gravité très bas et se conduit avec une certaine jubilation. Pour éviter les grosses bêtises et prévenir le pilote qu'il risque de franchir les limites du raisonnable, les anges gardiens électroniques veillent non seulement à ce que ce bolide - dans des conditions extrêmes - ne parte pas en toupie, mais contribuent également à son savoir-faire. La Boxster combine l'agilité d'un acrobate du Cirque du Soleil à la puissance d'une... Porsche. Elle jaillit des épingles en montée les plus rudes avec une vivacité fantastique, grâce à une motricité presque surnaturelle. Tout n'est pas parfait, cependant. 

Copier-coller

Le cockpit de la 718 Boxster ressemble à s'y méprendre à celui du modèle actuel. L'oeil avisé aura reconnu le nouveau volant, inspiré de la 918 Spyder, ou la connectivité accrue de ce véhicule désormais compatible avec le système d'exploitation Car Play d'Apple. Pour le reste, c'est pareil. La position de conduite échappe à toute critique, pas les rangements, trop peu nombreux dans cet habitacle taillé pour deux. En revanche, à l'avant et à l'arrière ont été installés deux compartiments pour les bagages dont la capacité totale atteint 280 litres. Parfait pour une fin de semaine en amoureux. La capote se déploie avec une élégance toute classique en seulement neuf secondes grâce à sa commande électrique. L'opération pourra se faire à l'arrêt, mais il est aussi possible de la réaliser en roulant jusqu'à 50 km/h.

Pour tout dire, la 718 Boxster représente une réelle avancée par rapport au modèle qu'elle remplace. Plus rapide, plus efficace et aussi plus sobre, cette Porsche conserve, hélas, un coûteux et volumineux catalogue d'options. Étant donné les limites imposées sur notre réseau routier et à moins d'être un esthète, la version de base représente la meilleure affaire.

Les frais d'hébergement liés à ce reportage ont été payés par Porsche Canada.

Le pour et le contre

On aime

  • Direction vive et rapide
  • Sens pratique (deux coffres)
  • Performances relevées
On aime moins

  • Sonorité du moteur quelconque
  • Options coûteuses et nombreuses
  • Pratiquemenent aucun gain au chapitre du poids

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La Porsche 718 Boxster

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Ce qu'il faut retenir

  • Fourchette de prix: 61 500 $ à 75 600 $
  • Garantie de base: 48 mois ou 80 000 km
  • Moteur: H4 DACT 2,5 litres suralimenté par turbocompresseur
  • Puissance: 350 ch à 6500 tr/min 
  • Couple: 309 lb-pi entre 1900 et 4500 tr/min
  • Poids: 1355 kg (boîte manuelle)
  • Rapport poids/puissance: 3,87 kg/ch
  • Mode: propulsion
  • Transmission de série: manuelle à six rapports
  • Transmission optionnelle: automatique à double embrayage à sept rapports
  • Direction: crémaillère
  • Diamètre de braquage: 10,98 m
  • Freins (av.-arr.): disque-disque 
  • Pneus (av.-arr.): 235/40ZR19 - 265/40ZR19
  • Capacité du réservoir: 64 litres
  • Carburant recommandé: super
  • Consommation réelle: 10,7 l/100 km
  • Visibles dans les concessions: novembre
Pour en savoir plus: www.porsche.ca

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