Essai routier du Mitsubishi RVR 2016: le strict minimum

Mitsubishi RVR 2016... (fournie par Mitsubishi)

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Mitsubishi RVR 2016

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Éric LeFrançois

Collaboration spéciale

La Presse

Pour Mitsubishi, marque hier souffreteuse, mais aujourd'hui convalescente, le rétablissement passe par le 4 X 4. D'ici à ce qu'elle se remette complètement sur pied, la firme japonaise retouche un peu mollement ses modèles existants, dont le RVR.

Ironiquement, ce dernier a été l'un des tout premiers à cultiver ce segment des utilitaires urbains. Mais, faute de grands moyens, le constructeur a vu la concurrence, plus habile, plus astucieuse et surtout mieux nantie, récolter les fruits de ce qu'il avait semé. La marque japonaise ne peut s'en prendre qu'à elle-même. Même si elle s'est forgé un réel savoir-faire technique grâce au RVR et à ses précédentes réalisations (souvenez-vous de l'époque où elle alimentait la société Chrysler de ses produits), Mitsbushi ne peut aujourd'hui s'en satisfaire. Elle doit passer à la vitesse supérieure, ce qu'elle promet de faire dans un proche avenir. Elle doit surtout retrouver l'audace qui la caractérisait autrefois, faire preuve de plus d'imagination et surtout afficher clairement ses ambitions. Les défis sont nombreux, mais pas insurmontables.

Un coup de chiffon

Essentiellement, le RVR 2016 adopte des modifications d'ordre purement cosmétique. Quelques coups de biseau pour donner du punch à une calandre qui n'en manquait déjà pas, de nouveaux rétroviseurs rabattables à commande électrique avec clignotants à DEL intégrés et des jantes en alliage redessinées de 18 pouces complètent cette mise à niveau extérieure. À l'intérieur, le volant fait peau neuve, tandis que la partie centrale du tableau de bord accueille un nouvel écran d'affichage audio (et de navigation) plus grand qui met davantage en exergue le retard technologique de Mitsubishi dans le domaine de la connectivité, nouvelle lubie des consommateurs. En effet, comment expliquer que le RVR ne soit toujours pas compatible avec les systèmes Apple CarPlay et Android Auto alors que la Mirage, la citadine du groupe, partiellement refondue elle aussi cette année, y a droit?

Soucieuse de valoriser ses clients, Mitsubishi habille les sièges d'un tissu de haute qualité, mais place toujours sous nos yeux une planche de bord (le mot planche est ici volontairement utilisé) peu inspirée et toujours en partie tapissée de plastiques durs et sonores difficilement acceptables sur les versions les plus huppées de la gamme. À ce sujet, on regrette que Mitsubishi n'ait pas profité de cette mise à niveau pour revoir sa structure de prix. Le RVR commande, en entrée de gamme surtout, un prix plus élevé que ses rivaux, sans promettre en retour un plus grand nombre d'accessoires ou de commodités.

Cela dit, dans l'ensemble, les principales commandes sont bien disposées. Comme la colonne de direction se déplace sur deux axes combinés aux ajustements du baquet du conducteur, il est aisé de trouver une position de conduite confortable. À l'arrière, l'accès aux places ne pose pas problème. Pas de coussin coulissant, comme c'est la tendance, mais la possibilité d'incliner partiellement les dossiers de la banquette. Un classique. Tout comme la modularité de l'habitacle d'ailleurs. On escamote en tout ou en partie les dossiers pour accroître le volume utilitaire. À ce sujet, le RVR fait bonne figure. Très bonne, même. Surtout la version à roues avant motrices - au train arrière vierge - qui bénéficie de plus d'espace et, en prime, d'un réservoir d'essence de plus grande capacité. En revanche, peu importe la configuration retenue, la lunette demeure agrafée en permanence au hayon; dommage, cela réduit la polyvalence de ce véhicule.

Potentiel inexploité

Depuis son lancement, le RVR a peu évolué techniquement. Toujours offert en configuration à deux ou à quatre roues motrices, cet utilitaire retient - une rareté - les services d'une boîte manuelle à cinq rapports... Cette dernière est uniquement offerte sur la version tractée (roues avant motrices), et en dépit de l'absence d'un sixième rapport et d'une course trop longue, celle-ci s'avère sans doute celle qui masque le mieux les faibles ressources - et les larmoiements insuffisamment étouffés dans l'habitacle - du moteur 2,0 litres de 148 chevaux dont les plus grandes qualités sont sans doute sa robustesse et sa fiabilité. Sur le plan technique, on repassera. Mitsubishi n'a visiblement jamais eu l'intention d'investir dans le développement de cette motorisation originalement créée à l'époque où Daimler, Chrysler et Mitsubishi se fréquentaient assidûment. Ironiquement, ce 2,0 litres ne dispose même pas de l'injection directe, concept pourtant lancé par Mitsubishi dans les années 80...

Dans un monde idéal donc, le 2,4 litres - pas d'injection directe d'essence pour lui non plus - offert sur les versions les plus coûteuses apparaît comme le meilleur choix. Plus costaude, moins sonore, mais aussi un peu plus gourmande, cette motorisation sied tellement mieux à ce véhicule, sans offrir pour autant un rendement exemplaire considérant la taille de sa cylindrée. À noter que ce moteur s'acoquine uniquement à une boîte automatique à variation continue. Baptisée CVT8, cette transmission offre un rendement plus lisse et une meilleure économie de carburant que par le passé.

Volant en main, le RVR vire relativement plat et offre un comportement routier très prévisible. Les éléments suspenseurs font du bon travail pour minimiser les mouvements de caisse, sans nuire au confort des occupants. De plus, son court rayon de braquage lui confère une belle agilité, accrue par l'assistance d'une direction bien dosée, quoiqu'un peu imprécise au centre.

Même si cette qualité n'est pas de saison, le rouage intégral du RVR est d'une remarquable efficacité. Plutôt sophistiqué, ce mode permet, grâce à une molette placée au pied de la console, de configurer manuellement le nombre de roues motrices nécessaires (deux ou quatre) et aussi de bloquer le différentiel central pour se sortir de situations plus coriaces.

En regardant de près le RVR, on se désole que le potentiel de ce véhicule ne sera jamais pleinement exploité. C'est à se demander si Mitsubishi, marque fondée il y a près de 150 ans, qui donne aussi dans la chimie, les trains et les avions, a encore la passion des autos...

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Mitsubishi RVR 2016

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Le pour et le contre

On aime

  • Retouches apportées (style)
  • Fiabilité éprouvée
  • Rouage intégral performant
On aime moins

  • Retard technologique
  • Moteur 2,0 litres anémique
  • Insonorisation à revoir 

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Mitsubishi RVR 2016

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Ce qu'il faut retenir

  • Prix: de 21 817 $ à 31 517 $
  • Coût de transport et de préparation: 1700 $
  • Version essayée: GT
  • Garantie de base: 60 mois ou 100 000 km
  • Moteur: L4 SACT 2,4 litres 
  • Puissance: 168 ch à 6000 tr/min 
  • Couple: 167 lb-pi à 4100 tr/min
  • Poids: 1490 kg
  • Rapport poids/puissance: 8,86 kg/ch
  • Mode: intégral
  • Transmission de série: automatique à variation continue (CVT)
  • Transmission optionnelle: aucune
  • Direction: crémaillère
  • Diamètre de braquage: 10,6 m
  • Freins (av.-arr.): disque-disque
  • Pneus (av.-arr.): 215/60R16
  • Capacité du réservoir: 60 litres
  • Carburant recommandé: ordinaire
  • Consommation réelle: 10,2 l/100 km
Pour en savoir plus: www.mitsubishi-motors.ca

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