Le défi VR de Pierre Harvey

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Pierre Harvey est consultant depuis deux ans pour New-West V.R., un manufacturier de véhicules récréatifs de Lévis.

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(Québec) Lorsqu'il a vu Pierre Harvey se pointer dans son commerce pour acheter une pièce pour une poignée de porte de son campeur, Laurent Brochu lui a aussitôt proposé de faire la publicité de ses véhicules récréatifs.

«Je peux bien faire la publicité de vos VR, mais, surtout, je peux vous aider à les concevoir. Je suis ingénieur en génie mécanique. Ça fait 25 ans que je travaille en développement de produits», lui suggère l'ancien athlète olympique.

Le propriétaire de New-West V.R., un manufacturier de véhicules récréatifs de Lévis, venait de faire d'une pierre deux coups.

«Nous avons choisi de développer un modèle à partir du châssis du nouveau Ford Transit qui prenait la relève de la série Econoline», explique Pierre Harvey en entrevue au Soleil.

Dans son atelier de fabrication, New-West V.R. transforme, depuis une quinzaine d'années, des châssis GM, Ford et Mercedes en véhicules récréatifs polyvalents, confortables et personnalisés. Des produits qui se vendent entre 72 000 $ et 120 000 $.

Sur la route en VR

Pierre Harvey s'y connaît en matière de VR.

«J'utilise un campeur depuis l'âge de 19 ans. À l'époque, je partais de Rimouski au volant d'une vieille fourgonnette Volkswagen que j'avais aménagée à mon goût pour aller participer à des compétitions de vélo. Je n'avais pas assez d'argent pour me payer un hôtel toutes les fins de semaine.»

En cours de route, il a dû dire adieu aux produits Volkswagen.

«Je n'arrivais plus à trouver les pièces de rechange. À un certain moment, le constructeur allemand a cessé d'exporter des pièces au Canada et aux États-Unis. Tomber en panne à 300 ou 400 kilomètres de la maison, ça ne plaît à personne.»

Il a donc opté pour un modèle américain usagé qu'il a aménagé selon ses besoins.

L'arrivée des enfants n'a rien changé aux habitudes de Pierre Harvey.

«Nous roulons encore entre 20 000 et 25 000 kilomètres par année. Pas plus tard que cette semaine, je l'ai utilisé pour me rendre à Gatineau, puis à Montréal pour assister aux épreuves de la Coupe du monde de ski de fond auxquelles participe mon fils Alex.»

Dans les faits, le VR de Pierre Harvey est sur la route pratiquement toutes les fins de semaine.

«Le jeudi soir, nous installons les vélos sur les camions. Nous remplissons le frigo. Et le vendredi, après le travail, nous décollons.»

La consultation et le ski

Le développement de produits, c'est le dada de Pierre Harvey depuis un quart de siècle.

En plus d'être consultant depuis deux ans pour New-West V.R., il fait le même boulot pour le Centre collégial de transfert de technologie en orthèses, prothèses et équipements médicaux affilié au Collège Mérici et à Opco Technologie, une entreprise de Forestville spécialisée en recherche et développement dans les secteurs forestier et de la bioénergie.

Auparavant, il avait travaillé au sein de Précidad, une société de design industriel de Québec, qui collabore au développement du bus électrique.

«J'arrive à un moment dans ma carrière où je peux me permettre de choisir les projets sur lesquels je veux travailler», explique le membre du Temple de la renommée du sport canadien qui aura 59 ans le 24 mars. «Je me lève tôt le matin. Je travaille une heure ou deux. Je saute sur mes skis pour une courte randonnée, puis je me rends au bureau», raconte le résident de Saint-Ferréol-les-Neiges.

La faute à Alex!

Un jour, Pierre Harvey a dû mettre le poing sur la table. Les enfants ne toucheront plus à la fourgonnette familiale.

Une mesure disciplinaire imposée à ses trois enfants (Alex, Laurence et Sophie) ainsi qu'aux trois garçons de sa conjointe à la suite des petites mésaventures de fiston Alex au volant du VR.

«Alors qu'il était plus jeune [Alex a aujourd'hui 27 ans], je lui avais prêté le véhicule à quelques reprises. Trois fois, le camion est revenu à la maison avec des bosses.»

Le papa n'était pas content.

Chaque fois, Alex s'était fait gronder.

Au troisième épisode, la coupe a débordé.

Tous les enfants en ont payé le prix.

Pierre Harvey rigole, aujourd'hui, en racontant l'anecdote au Soleil.

«Alex, peut-il le prendre, maintenant, votre VR?» lui demande-t-on.

«Bien oui. Il est plus vieux. Ça me fait même plaisir de lui prêter. S'il devait arriver quelque chose, il a suffisamment d'argent pour payer les dommages. Chose certaine, il sait pertinemment qu'à son retour, je vais inspecter le véhicule d'un pare-chocs à l'autre à la recherche de la plus petite égratignure. S'il y a une bosse, je vais la trouver. J'ai un sens de l'observation bien aiguisé et mon truck, j'aime ça quand il est impeccable.»

Pierre Harvey à l'intérieur d'un VR de New-West... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 3.0

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Pierre Harvey à l'intérieur d'un VR de New-West

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Un aménagement intelligent et confortable

Pierre Harvey a participé à trois olympiades en cyclisme et à une en ski de fond. Il avoue, cependant, que l'aménagement de l'habitacle d'un véhicule récréatif d'une longueur d'à peine 20 pieds constitue un défi quasi olympien!

«C'est tellement minuscule là-dedans! Dans cet espace de cinq pieds de largeur et d'une hauteur de six pieds, il faut qu'il y ait de la place pour manger, pour dormir, pour faire ses besoins et pour transporter des passagers et des bagages. Chaque pouce carré doit être utilisé de façon efficiente. Et il faut que ça soit confortable», explique-t-il.

«Si vous ajoutez un module, vous devez en sortir un. C'est aussi simple que ça. Avec New-West Liberté que nous avons développé, tout est pensé en fonction des principes de multifonctionnalité. Par exemple, le garde-manger a été conçu de façon à ce qu'un campeur, qu'il soit à l'intérieur ou à l'extérieur de la fourgonnette, puisse accéder à son pot de confiture.»

Une attention est aussi portée à la consommation d'énergie. Par exemple, le chauffe-eau est alimenté par la chaleur dégagée par le moteur.

Assemblé sur un châssis d'un Ford Transit 250, le New-West Liberté est un VR en constante évolution. «Il a été lancé sur le marché l'an dernier et déjà nous y apportons des changements.»

Évidemment, sa formation en génie mécanique est l'atout principal de Pierre Harvey dans ses fonctions de concepteurs de VR. Sa longue expérience d'utilisateur d'un VR aussi.

Son autre qualité, c'est l'écoute des campeurs.

«Mon travail, c'est simple, c'est de penser à des choses et de les développer. Mon aspiration vient des campeurs. Quand je vais dans un salon de VR, ce n'est pas pour vendre des véhicules, mais pour entendre les nombreux commentaires des utilisateurs et de m'imaginer comment nous pourrions intégrer leurs besoins dans nos produits.»

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