Volkswagen a triché: «désastre», «choc», «débâcle»

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Volkswagen pourrait devoir verser des pénalités pouvant atteindre plusieurs milliards de dollars.

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Francfort, Washigton

Volkswagen a triché aux États-Unis sur les contrôles antipollution, une duperie qui va lui coûter très cher financièrement et en termes d'image, et à même de faire tomber de son piédestal le géant mondial de l'automobile.

Lundi, ce sont plus de 15 milliards d'euros de capitalisation boursière qui sont partis en fumée à la Bourse de Francfort. Le titre du constructeur allemand a fini en baisse de 17,14% à 133,70 euros. Les autres titres automobiles et des équipementiers en Europe ont aussi accusé le coup.

«Désastre», «choc», «débâcle» : les titres de la presse allemande lundi étaient à la mesure de la commotion suscitée  par la révélation vendredi d'une manipulation du constructeur, fierté nationale et récemment couronné numéro un mondial des ventes.

Crédibilité touchée

L'affaire «va avoir pour le groupe des conséquences financières considérables, qui ne sont pas encore calculables», estime le spécialiste automobile Ferdinand Dudenhöffer, interrogé par l'AFP, «l'image et la crédibilité de Volkswagen dans le monde entier sont maintenant entamées».

D'après l'agence de notation financière Fitch, un abaissement immédiat de la note («A») du géant allemand est peu probable, mais sa notation pourrait être mise sous pression par une aggravation de la crise.

Des voitures Volkswagen et Audi vendues aux États-Unis... (Agence France-Presse, Patrick Pleul) - image 2.0

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Des voitures Volkswagen et Audi vendues aux États-Unis ont été équipées d'un logiciel sophistiqué capable de détecter automatiquement à quel moment elles étaient soumises par les autorités à un test de mesure de la pollution et d'alors enclencher un mécanisme interne de limitation des émissions de gaz polluants. Hors contrôles, les voitures contrevenaient aux normes environnementales.

Agence France-Presse, Patrick Pleul

Selon les autorités américaines, 482 000 véhicules des marques Volkswagen et Audi, fabriqués entre 2009 et 2015 et vendus aux États-Unis, ont été équipés d'un logiciel sophistiqué capable de détecter automatiquement à quel moment ils étaient soumis par les autorités à un test de mesure de la pollution et d'alors enclencher - a priori à l'insu des conducteurs - un mécanisme interne de limitation des émissions de gaz polluants. Hors contrôles, les voitures contrevenaient aux normes environnementales.

«Tout le monde le fait sans doute, mais on n'attendait pas ça de VW !», s'indignait dans les allées du salon automobile de Francfort Karl-Heinz Lülsdorf, un retraité de 75 ans auquel Volkswagen jusqu'ici «inspirait confiance».

Des soupçons ailleurs

Le mastodonte allemand s'expose non seulement à des amendes pouvant se monter au total à 18 milliards de dollars (16 milliards d'euros), mais aussi au coût - des millions, voire des milliards de dollars - des rappels de tous les véhicules concernés, et à de possibles poursuites judiciaires de la part de leurs propriétaires.

Et le scandale menace de faire des petits. «On se demande à présent si la manipulation n'a pas eu lieu non seulement aux États-Unis, mais aussi sur d'autres marchés comme l'Europe», souligne Stefan Bratzel, directeur du centre allemand de recherche sur l'automobile CAM.

Berlin veut procéder à des vérifications auprès de tous les constructeurs, tandis que la Corée du Sud va contrôler les niveaux d'émission de polluants de trois modèles de Volkswagen, selon l'agence de presse Yonhap.

Le ministère allemand de l'Environnement et le président de l'État régional de Basse-Saxe, actionnaire de Volkswagen, ont exhorté le constructeur à faire toute la lumière sur les responsabilités au sein du groupe tandis que le chef du comité d'entreprise de VW, Bernd Osterloh, a appelé à «tirer les conséquences» de cette affaire.

Un porte-parole du groupe a indiqué que celui-ci cessait jusqu'à nouvel ordre de commercialiser les modèles diesel quatre cylindres de ses marques VW et Audi aux États-Unis, confirmant des informations de presse.

Pour Volkswagen, l'affaire survient à un mauvais moment. Faute de produits adaptés à ce marché, friand de gros 4x4, la marque Volkswagen est à la peine depuis des années aux États-Unis. La technologie diesel devait lui permettre de se différencier pour gagner des parts de marché.

Volkswagen a triché aux États-Unis sur les contrôles... (Infographie Le Soleil) - image 3.0

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Infographie Le Soleil

Questions sur le patron

Le constructeur va devenir «un paria pour le gouvernement et peut-être aussi pour les consommateurs américains», juge Max Warburton, analyste de Bernstein.

M. Winterkorn, le patron de Volkswagen depuis 2007, a fait son mea culpa dimanche et promis de coopérer avec les autorités américaines.

Mais sur cette affaire, il risque son poste.

Il doit théoriquement être prolongé à la tête du groupe pour deux ans, jusqu'à fin 2018, au cours d'une réunion du conseil de surveillance vendredi 25 septembre. Ce doit être la consécration pour cet homme de 68 ans après le duel en coulisses qui l'avait opposé au printemps à son ancien mentor et homme fort de Volkswagen, Ferdinand Piëch.

Les États-Unis étendent leurs enquêtes à d'autres constructeurs

Les États-Unis ont étendu à d'autres constructeurs automobiles leurs investigations sur des logiciels intégrés à certains modèles Volkswagen ayant permis de fausser des tests anti-pollution, a indiqué lundi à l'AFP l'agence américaine de protection de l'environnement (EPA).

«L'EPA et la CARB (son homologue californienne) ont commencé des tests sur des véhicules diesel déjà en circulation produits par d'autres constructeurs pour détecter la présence de possibles +logiciels trompeurs+», a indiqué une porte-parole.

L'agence environnementale ne précise pas quels constructeurs étaient désormais visés par l'enquête. Parmi les groupes américains, Fiat Chrysler (FCA US) est celui qui mise le plus sur le diesel, suivi par General Motors (GM). Le japonais Mazda est aussi présent sur ce marché.

Le géant allemand Volkswagen est au coeur d'une vaste tempête pour avoir équipé quelque 500.000 véhicules VW et Audi vendus aux Etats-Unis de ces logiciels permettant de dissimuler le niveau réel des émissions de gaz polluants.

L'affaire révélée vendredi aux Etats-Unis a fait dévisser le titre du groupe en Bourse lundi et suscité de forts remous en Europe, notamment en Allemagne.

Berlin a ainsi ordonné des «tests approfondis» sur tous les modèles diesel de la marque Volkswagen.

Le PDG de VW Martin Winterkorn a d'ores et déjà exprimé ses «regrets» face à ce scandale qui expose son groupe à une amende pouvant théoriquement atteindre plus de 18 milliards de dollars aux Etats-Unis.

Selon l'ONG qui a fait éclater le scandale, l'International Council on Clean Transportation, il n'est «pas exclu» que Volkswagen ait eu recours aux mêmes techniques de dissimulation en Europe, a déclaré son directeur exécutif Drew Kodjak dans un entretien à l'AFP.

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