Tendance à la hausse pour le marché de la moto en 2015

Un tout nouveau modèle qui ne nécessite pas... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Un tout nouveau modèle qui ne nécessite pas de permis spécifique à la moto a fait son apparition cette année, le Slingshot de Polaris.

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Pour plusieurs constructeurs de motos et de nombreux concessionnaires, l'année 2015 pourrait bien être le point de bascule vers une nette progression des ventes après plusieurs années de vaches maigres.

La croissance des ventes de motocyclettes au Canada est en légère progression depuis trois ans, avec une croissance de 2,1 %. Cependant, la plupart des concessionnaires québécois, rencontrés lors du Salon Motos et VTT au Centre de foires d'ExpoCité, soulignent que le marché devrait connaître une très bonne année 2015. Quelques-uns affirmaient même avoir réalisé plus de ventes lors de la journée d'ouverture du salon que pendant les trois jours de l'événement l'an dernier.

Quelques tendances semblent se dessiner. Les acheteurs, principalement les nouveaux venus, se tournent vers les motos de plus petite cylindrée pour éviter de payer des droits d'immatriculation jugés encore trop élevés. Pour une moto sport ou une très puissante touring, les droits tournent autour de 1100 $ par année. Sans compter que les assurances personnelles varient aussi en fonction de la cylindrée des motos. Les assureurs calculent les primes en fonction de l'expérience des motocyclistes et de leur âge, du nombre d'accidents.

Il y a plus de nouveaux adeptes de la moto que dans les années passées, notamment chez les femmes. Ainsi, les constructeurs ont décidé de proposer des motos plus basses et moins lourdes pour la clientèle féminine. La plupart des constructeurs ont au moins un modèle pour attirer les nouvelles adeptes.

La clientèle des baby-boomers achète encore des motos nord-américaines d'allure traditionnelle, comme les Harley-Davidson et les Indian, ou des routières luxueuses, comme la Gold Wing de Honda ou encore la Victory, sur le marché depuis une dizaine d'années au Québec.

La clientèle plus jeune semble jeter son dévolu sur les motos des constructeurs japonais. Par contre, des concessionnaires affirment que ceux qui veulent se distinguer des marques très connues iront vers des modèles européens comme les Ducati, les Triumph ou les BMW.

Motos à trois roues

Le marché des motos à trois roues est en nette progression, estiment les représentants des constructeurs comme Can-Am ou Harley-Davidson et quelques autres. Elles attirent particulièrement les anciens motocyclistes qui ont abandonné depuis des années ce loisir ou leur permis de moto. Les baby-boomers qui veulent aussi découvrir le vent de liberté de la moto aiment qu'il faille seulement un cours d'une journée et un permis de conduire automobile pour parcourir les routes de l'Amérique du Nord.

«En 2013 et 2014, les ventes ont repris après un léger ralentissement en 2011 et 2012, souligne Robert Gingras, chez Can-Am. Les ventes pour 2015 semblent prédire une très bonne année, malgré la rumeur que les motos comme la Can-Am Spyder ne peuvent pas rouler ailleurs au pays ou aux États-Unis. C'est absolument faux. D'ailleurs les ventes à l'international, dans les provinces canadiennes et aux États-Unis sont en croissance», dans ce segment de marché encore en développement.

Et un tout nouveau modèle ne nécessitant pas de permis spécifique à la moto a fait son apparition cette année, le Slingshot de Polaris. Toutefois, au lieu d'être une moto avec conducteur à l'avant et passager à l'arrière, les deux occupants sont côte à côte et doivent porter un casque de moto. C'est plus proche du T-Rex que de la Spyder à cause du volant. Certains visiteurs qualifiaient le véhicule, qui se vend 22 000 $, de Batmobile.

Mais le printemps, notamment les mois d'avril et de mai, est critique pour beaucoup de concessionnaires. Le mauvais temps de l'an dernier, avec un printemps qui tardait à s'installer en plus d'être pluvieux, a ralenti les ventes de manière importante dans la région de Québec, ce qui correspond à plusieurs centaines d'unités de moins que pendant les mêmes mois en 2013, indiquent les statistiques mensuelles du Conseil de l'industrie de la motocyclette et du cyclomoteur (CIMC).

Lorsqu'il fait beau tôt dans la saison, les ventes sont toujours meilleures. Et les achats qui pouvaient être faits en mai ne se font plus en juin et juillet, parce que les consommateurs ont investi leur argent ailleurs, soulignent les représentants des concessionnaires de la région de Québec.

1,5
milliard $
Ventes des motos, des scooters et des VTT neufs, avec les pièces et les accessoires, en 2013
106 000
unités vendues en 2013

Des augmentations de tarifs qui ont fait très mal

Les modifications des tarifs pour l'immatriculation et les permis de conduire des motocyclettes ont fait mal à l'industrie de la moto au Québec en 2006, avec des répercussions jusqu'en 2012.

Chez les concessionnaires, on parle d'une baisse de 30 % dans les ventes dès l'entrée en vigueur des nouveaux tarifs. Selon les statistiques du Conseil de l'industrie de la motocyclette et du cyclomoteur (CIMC), on constate une baisse des unités vendues avec 17 600 unités en 2007, comparativement à 20 500 en Ontario, seule année entre 2007 et 2013 où il s'est vendu plus de motos dans la province voisine qu'au Québec, où les ventes sont plus élevées que partout ailleurs au Canada.

On constate une remontée à 20 300 unités en 2008, suivi de diminutions successives pour atteindre un creux de 13 700 unités en 2011, pour voir une remontée à 16 500 unités en 2013.

Le rapport annuel du CIMC révèle qu'en 2013, «les ventes combinées de motocyclettes, de scooters et de VTT neufs se sont chiffrées à plus de 106 000 unités, en plus des pièces et des accessoires, soit une valeur au détail de plus de 1,5 milliard $ (1 563 536 000 $). Les motocyclettes et les scooters représentaient 51,10 % du total des ventes d'unités neuves et les VTT, 48,90 %. En 2013, 74,75 % des ventes au détail de motocyclettes et de scooters neufs ont eu lieu au printemps et en été, soit du mois d'avril au mois de septembre inclusivement, et 25,25 % ont eu lieu durant la période combinée automne-hiver.»

Le creux de la vague serait donc passé, espère-t-on chez les concessionnaires. La tendance à la hausse s'est fait sentir dès novembre 2014 avec une hausse des ventes au pays, comparativement au même mois en 2013, de 24 %. Et en décembre, il s'est vendu plus d'unités qu'à la même période l'année précédente.

Pour 2014, les résultats ont dépassé ceux de 2013 par une marge de 2,9 %, soit plus de 1600 unités, indique le CIMC. «En pourcentage, les motos de compétition ont augmenté de 12 %, soit 831 unités, tandis que les motos routières ont augmenté de 721 unités, soit 2 %», précise-t-on.

Et une preuve que le monde de la moto semble reprendre de la vigueur : un nouveau concessionnaire, Motos Illimitées, ouvre ses portes sur le boulevard Hamel cette semaine.

Le prix des cours pourrait éloigner les apprentis motocyclistes

Les nouvelles règles pour les cours de conduite de la moto, qui entreront en vigueur le 1er avril, feront augmenter les tarifs pour les apprentis motocyclistes de près de 200 $. Le gouvernement a même imposé la tarification à 895 $ avant taxes, soit un total de 1030 $, alors que la moyenne des prix dans les écoles de conduite dépassait rarement 800 $, taxes incluses.

1030 $
Le prix d'un cours de conduite de moto, après le 1er avril, taxes incluses

Personne chez les représentants des écoles rencontrés vendredi ne pouvait nous dire quel effet aurait cette tarification obligatoire, mais ils s'attendaient à une légère baisse de la clientèle. Déjà que les droits d'immatriculation sont assez élevés pour les motos, comparativement aux automobiles, et qu'il y a un surplus à payer avec le permis de conduire... L'an dernier, les instructeurs rencontrés parlaient d'une bonne année quant aux nombres d'élèves. Outre les prix, les cours de conduite de moto compteront moins d'heures de théorie (3 heures), un peu moins de temps en circuit fermé (16 heures au lieu de 18) et plus d'heures sur la route (10 heures au lieu de 4).

En 2006, lorsque le gouvernement du Québec et la Société de l'assurance automobile du Québec ont modifié la tarification pour l'immatriculation et le permis de conduire, notamment en ce qui touche la portion assurances, le nombre de motocyclistes a chuté dramatiquement.

Un instructeur qui souhaite garder l'anonymat affirme que la baisse a été de 70 % dans les écoles, entraînant de nombreuses faillites d'écoles de conduite.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer