Industrie mondiale de l'automobile: Québec en voiture!

Pyromaître, de Lévis, fabrique des fours industriels qui... (Photo Le Soleil, Yan Doublet)

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Pyromaître, de Lévis, fabrique des fours industriels qui améliorent la performance des ressorts qui font marcher les valves et les soupapes dans les moteurs des automobiles. Sur la photo, Alex Grenier, Thomas Grenier-Desbiens, directeur des ventes, Marc-André Guay et Philippe Garneau.

Photo Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Les ressorts de votre véhicule ont sans doute été fabriqués à Montmagny. Pas moins de 45 millions d'automobiles à travers le monde entier sont munies de mécanismes à ressort de haute technicité produits par Ressort Liberté.

Les moules qui ont servi à la fabrication des composants de plastique que vous trouvez à l'intérieur de votre véhicule - portes, console ou tablette arrière - sont peut-être l'oeuvre de l'entreprise I. Thibault, de Saint-Damien.

Et le moule dans lequel a été coulé votre réservoir d'essence porte sans doute la marque Rocand, de Québec.

Si vous trouvez que l'habitacle de votre bolide n'a jamais été aussi bien insonorisé, c'est peut-être parce que le constructeur utilise des matériaux provenant de Texel, de Saint-Elzéar.

Regardez votre véhicule et dites-vous qu'il y a un peu de Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches là-dedans!

Dans la région de Québec, les entreprises de matériel de transport fabriquent des autobus (Prévost), des camions pour la gestion des matières résiduelles (Labrie Enviroquip Group), des remorques (Manac) et des bateaux (Groupe Océan, Chantier Davie Canada).

«Dans le secteur de l'automobile, nos entreprises sont presque exclusivement des sous-traitants pour les fournisseurs de pièces et d'équipements des grands manufacturiers», explique Yanick Godbout, commissaire à l'exportation chez Développement PME Chaudière-Appalaches.

Pour certaines entreprises, comme Pyromaître, l'industrie automobile constitue son pain et son beurre.

«Elle représente entre 80 % et 90 % de notre chiffre d'affaires», indique Thomas Grenier-Desbiens, directeur des ventes de cette entreprise de Lévis qui fabrique des fours industriels qui améliorent la performance des ressorts qui font marcher les valves et les soupapes dans les moteurs des automobiles.

Fondée en 1981 par Mario Grenier, le père de Thomas, l'entreprise qui compte près d'une vingtaine d'employés a bousculé les méthodes traditionnelles en mettant au point un procédé de traitement thermique haute vitesse qui fait économiser de l'argent, gagner du temps et de l'espace de pieds carrés à ses clients. «Aux États-Unis, on dit que notre produit est la Cadillac dans le marché des fours pour procédés industriels. Et en Europe, nous sommes la BMW!» commente Thomas Grenier-Desbiens, qui ne cesse de faire la navette, ces derniers temps, entre la Chine, les États-Unis et le Royaume-Uni.

Cap sur le Mexique

C'est bien beau compter sur GM, Volkswagen ou Toyota parmi ses clients, encore faut-il être en mesure de livrer la marchandise. 

«Les grands constructeurs sont exigeants à l'égard de leurs fournisseurs et ces derniers le sont tout autant avec leurs sous-traitants», explique Christian Bertrand, conseiller spécial pour le marché de l'automobile en Amérique du Nord chez EDC. «Il faut que la chaîne d'approvisionnent soit fiable. Du premier au dernier maillon.»

Plus que jamais, les constructeurs automobiles cherchent à réduire leurs coûts de production. Plusieurs d'entre eux, qu'ils soient américains, asiatiques ou européens, mettent le cap sur le Mexique pour y construire des usines d'assemblage (lire l'autre texte). «Ils demandent aussi à leurs fournisseurs et leur armée de sous-traitants de les suivre au Mexique. Ils tiennent à avoir près d'eux leurs sources d'approvisionnement», explique Yanick Godbout.

Des entreprises de la région, notamment Ressort Liberté, I. Thibault et Dimension Composite, ont établi leurs pénates au Mexique. D'autres, comme Plastiques Moore, ont préféré conclure un partenariat stratégique avec un manufacturier mexicain pour y faire fabriquer leurs produits destinés au marché de l'automobile.

«Ce que nous faisons pour le Mexique est fabriqué au Mexique et ce que nous faisons pour les États-Unis et le Canada est fabriqué à Sainte-Claire», explique Normand Mercier, vice-président des ventes et du marketing de l'entreprise bellechassoise spécialisée dans la production de pièces de précision, notamment des connecteurs pour les lignes d'essence ou des composants pour les moteurs. «Nous avons conservé à Sainte-Claire toutes les activités reliées au développement de nouveaux produits», ajoute-t-il en précisant que Plastiques Moore tirait le quart de son chiffre d'affaires de l'industrie automobile.

Il y a quelques années, Plastiques Moore avait évalué la possibilité de s'installer au Mexique. L'idée a été abandonnée. Son partenariat avec son mouleur mexicain de la région de Monterrey comble les attentes. L'entreprise songe plutôt à réaliser une acquisition aux États-Unis où elle pourra desservir encore plus de clients dans ses différents segments d'affaires, dont l'automobile et l'instrumentation médicale.

Tous au Mexique!

En 2014, l'industrie automobile a continué de rouler à une vitesse folle au Mexique.

À l'échelle mondiale, le Mexique est devenu le huitième producteur et le quatrième exportateur de véhicules. «En Amérique latine, il a doublé le Brésil», signale Joel Enriquez Pérez, délégué commercial du Mexique à Montréal pour ProMexico, un organisme du gouvernement mexicain chargé de promouvoir le commerce extérieur et les investissements directs à l'étranger.

Entre les mois de janvier et de novembre, la production a augmenté de 8,7 % par rapport à la même période en 2013, et les exportations ont enregistré une croissance de 8,2 %.  

Si l'industrie automobile est si prospère au Mexique, c'est que le pays dispose de nombreux atouts: une main-d'oeuvre qualifiée à faible coût, une politique commerciale ouverte, de bonnes infrastructures et une excellente position géographique. Le pays a su tirer profit des ententes de libre-échange signées avec une quarantaine de pays au cours des dernières années.

Et ça ne fait que commencer. Les constructeurs investissent massivement pour y construire des usines d'assemblage ultramodernes.

«Des investissements de plus d'un milliard de dollars, nous en avons compté sept au cours des derniers mois», fait remarquer Yanick Godbout, commissaire à l'exportation chez Développement PME Chaudière-Appalaches.

En novembre dernier, cet organisme qui accompagne les entreprises manufacturières de la région de la Chaudière-Appalaches a piloté une mission commerciale au Mexique au cours de laquelle des entreprises évoluant dans l'industrie du plastique et des produits composites ont vendu leur salade auprès de grands donneurs d'ordres, dont Nissan, John Deere et Caterpillar.

Ventes mondiales d'automobiles: la pédale dans le fond

Les ventes mondiales d'automobiles devraient atteindre de nouveaux sommets cette année. Dans le marché nord-américain, l'année 2015 devrait même afficher des «records absolus», avance une analyse économique réalisée par la Banque Scotia.

«Cette année, les ventes et la production combinées du Canada, du Mexique et des États-Unis devraient surpasser les sommets atteints en l'an 2000, soit 19,8 millions d'unités vendues et plus de 17,6 millions d'unités produites», écrit Carlos Gomes, économiste à la Banque Scotia, dans une note publiée le 9 janvier.

«Le Canada et le Mexique ont établi des records de ventes en 2014, records qui devraient être battus en 2015, puisque les exportations des deux pays bénéficieront de la robustesse de la demande américaine. Pour leur part, les achats américains devraient s'approcher de 17 millions d'unités, un chiffre sans précédent depuis 2001, dopé par la meilleure croissance économique des 10 dernières années, par l'assainissement des bilans des ménages et par la montée de la demande de remplacement. Selon nos estimations, après plusieurs années de ventes atypiques, l'âge moyen de près de 40 % du parc automobile est d'au moins 12 ans, ce qui laisse présager un cycle de remplacement prolongé», suggère l'économiste.

Du côté de l'Europe de l'Ouest, malgré la détérioration persistance des perspectives économiques, les ventes d'automobiles ont commencé à reprendre de la vigueur en 2014. «Les achats de véhicules ont atteint 12,1 millions d'unités l'année dernière, mais restent malgré tout de 12 % inférieurs à la moyenne depuis 2001 et de 20 % inférieurs à leur sommet de 2007.»

En Chine, l'histoire est différente. Dans ce plus grand pays du monde, les automobiles se vendent encore comme des petits pains chauds.

«Nous estimons que la demande chinoise progressera de 7 % en 2015 pour frôler le 19,5 millions d'unités», avance la Banque Scotia qui s'attend toutefois à la fin d'une décennie de progression à deux chiffres en Chine. La hausse enregistrée en 2014 avait de 12 % par rapport à l'année précédente. «Même si l'urbanisation et la croissance de l'emploi restent soutenues, la hausse des revenus par habitant en milieu urbain s'est modérée, après 10 années de performance à deux chiffres, ce qui jouera défavorablement sur la croissance des ventes.»

À l'échelle de la planète, la Banque Scotia s'attend à ce que les ventes d'automobiles atteignent

74 millions de véhicules en 2015. Une progression de 4 % par rapport à 2014. Le raffermissement de l'emploi, le maintien de taux d'intérêt bas et la chute marquée du prix du pétrole contribueront à cette croissance.

***

LES JOUEURS

Des entreprises des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches qui sont des fournisseurs des plus grands constructeurs d'automobile au monde.

Alizem (Lévis): développement de logiciels pour le fonctionnement des moteurs électriques

Créaform (Lévis): fabrication de numériseurs 3D portables

Dimension Composite (Saint-Georges): fabrication de moules et de composantes

Fonderie Poitras (L'Islet): fabrication de pièces en fonte (joints, pompes d'huile à transmission, supports d'essieu)

Freins Absco (Québec): fabrication de pièces de freins

I. Thibault (Saint-Damien): fabrication de moules pour l'injection de plastique

Laforo (Sainte-Claire): fabrication de pièces en fonte (freins à disque, pièces de suspension, boîtier de différentiel)

Phantom Intelligence (Québec): développement de solutions pour améliorer la détection des obstacles routiers

Plastiques Moore (Saint-Damien): fabrication de composants en plastique

PCM Innovation (Sainte-Claire): fabrication de moules et d'outillages spécialisés

Pulltral (Thetford Mines): fabrication de pièces en matériaux composites

Pyromaître (Lévis): fabrication de fours industriels pour la production de ressorts 

Ressort Liberté (Montmagny): fabrication de ressorts de précision 

Rocand (Québec): fabrication de moules de réservoirs d'essence

Sigma Industries (Saint-Éphrem de Beauce): fabrication des moules et de pièces (toits de camion, déflecteurs, capots, etc.)

Systèmes Pran (Québec): production d'équipement électronique et d'intégrateurs de systèmes de commande

Texel (Saint-Elzéar de Beauce): fabrication de matériaux non tissés thermoformables (composants intérieurs de toit d'automobile)

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