Ces rabais de 5000 $ à 8000 $ sont réservés aux acheteurs de voitures entièrement électriques ou hybrides rechargeables. Les ventes pour ce type de véhicule sont toutefois encore marginales. Il n'y a en ce moment que la Nissan Leaf, un modèle de Ford Focus et, dans quelques jours, la Mitsubishi i-MiEV, qui fonctionnent entièrement à l'électricité. La Volt, de Chevrolet, entre quant à elle dans la catégorie des hybrides rechargeables.
Les acheteurs des voitures hybrides ne pouvant se recharger à l'aide d'une prise électrique - qui représentent la plupart des modèles actuellement sur le marché - recevront quant à eux une subvention gouvernementale de 1000 $ à l'achat.
Chez les concessionnaires, on ne s'illusionne pas quant à l'ampleur que prendra le phénomène des voitures électriques, à court terme. Elles représenteront 1 ou 2 % des ventes d'ici cinq ans, estime Vincent Baril, directeur général de Capitale Nissan, qui peine à recevoir des Leaf. Le concessionnaire n'a livré jusqu'à maintenant que six ou sept voitures et n'en a qu'une seule en stock.
C'est que la voiture entièrement électrique comporte encore ses limites. La Leaf, tout comme la Mitsubishi i-MiEV, a une autonomie maximale de 160 km. Une bonne option pour un deuxième véhicule, sans plus. «Le véhicule électrique va avoir des choses à prouver sur l'autonomie», convient M. Baril.
Chez Marlin Chevrolet, les Volt entrent elles aussi au compte-gouttes. Après en avoir vendu huit l'an dernier, le directeur général, Christian Boucher, en attend le même nombre en 2012. «Je ne suis pas capable d'en avoir.»
La différence de prix entre une voiture électrique et une voiture à essence est d'environ 16 000 $. La subvention vient donc diminuer cet écart de moitié.
Chez Mitsubishi, on constate «un certain engouement» en raison du rabais annoncé. «Si les clients viennent en concession demander des renseignements par rapport à la voiture électrique, souvent ils sont au courant des subventions», indique Luc Lachance, directeur adjoint chez Mitsubishi Sainte-Foy. Il souhaite profiter de la rareté de ces véhicules chez les concurrents pour percer le marché avec sa sous-compacte vendue 33 000 $.
Avant de voir un réel engouement pour ce type de véhicules, il faudra d'abord pouvoir recharger ses batteries en chemin, sans quoi la traditionnelle balade du dimanche pourrait finir plutôt abruptement, pour ceux qui se seront aventurés un peu trop loin de la maison.
Stationnements spéciaux
À partir du printemps, Hydro-Québec procédera à l'installation d'une centaine de bornes de recharge de 240 volts à Québec et à Montréal. Aux abords de celles-ci, des stationnements seront réservés aux véhicules munis d'une plaque d'immatriculation verte, que la SAAQ octroiera aux propriétaires de voitures 100 % électriques ou hybrides rechargeables.
Ces stationnements spéciaux seront d'abord disponibles près des quincailleries RONA, des supermarchés Métro et des restaurants St-Hubert.
Plus tard dans l'année, des bornes à chargement rapide, de 400 volts, seront mises en place, dès qu'elles seront homologuées. Dix minutes de recharge permettront une autonomie de 50 km. Selon la demande, l'offre s'étendra ensuite dans d'autres villes du Québec.
Les propriétaires de véhicules électriques pourront se munir d'une borne de recharge de 240 volts moyennant environ 2000 $, afin de diminuer le temps de recharge, à la maison. Le gouvernement offre une subvention équivalant à la moitié du coût de l'installation d'une telle borne.
Selon Hydro-Québec, le coût moyen pour parcourir 100 km avec une voiture électrique est de 1,24 $, comparativement à 10,58 $ pour la même distance, avec une voiture à essence. C'est environ neuf fois moins.