Contamination au fipronil: au tour de la viande de poulet d'être testée

Après avoir été retirés des tablettes par mesure... (AFP, John Thys)

Agrandir

Après avoir été retirés des tablettes par mesure préventive, les oeufs importés sont de retour dans les supermarchés de plusieurs pays européens.

AFP, John Thys

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Charlotte Van Ouwerkerk
Agence France-Presse
La Haye

Les Pays-Bas procèdent à des tests sur la viande de poulets provenant d'élevages touchés par l'affaire des oeufs contaminés pour déterminer une éventuelle présence de fipronil, molécule toxique à l'origine d'un scandale sanitaire qui s'étend désormais dans toute l'Europe.

Alors que des dizaines de millions d'oeufs ont été retirés de la vente depuis la semaine dernière dans plusieurs pays européens et après l'extension de la crise en France et au Royaume-Uni annoncée lundi, l'attention se porte désormais sur la viande de poulet aux Pays-Bas, où l'affaire du fipronil est née.

«Nous testons actuellement la viande de poulet dans les élevages dont les oeufs ont été infectés pour déterminer si la viande est également contaminée», a rapporté à l'AFP mardi Tjitte Mastenbroek, porte-parole de l'organisme néerlandais chargé de la sécurité alimentaire et sanitaire NVWA.

Grandement touchée par le scandale, l'Allemagne avait appelé vendredi les autorités belges et néerlandaises à faire «rapidement» la lumière sur le frelatage «criminel» à l'insecticide d'oeufs.

«Quand on voit une énergie criminelle quasiment organisée en réseau, c'est inacceptable», a commenté «avec fermeté» le ministre de l'Agriculture Christian Schmidt dans les médias allemands mardi, critiquant une nouvelle fois la lenteur des autorités belges et néerlandaises à communiquer.

L'enquête pénale conduite par le NVWA sous l'autorité du parquet néerlandais, en collaboration avec la justice belge, sur le rôle d'entreprises et de fournisseurs dans l'introduction du fipronil au sein des élevages des Pays-Bas est encore en cours, a fait savoir Tjitte Mastenbroek.

En France, «treize lots d'oeufs contaminés en provenance des Pays-Bas» ont été livrés en juillet à des entreprises de transformation alimentaire situées dans l'ouest» de l'Hexagone, avait précisé le ministère français de l'Agriculture lundi.

Après les oeufs, la viande 

«La détection des oeufs contaminés était la plus haute priorité. Nous avons maintenant le temps et la place» pour nous pencher «sur la viande», a poursuivi le porte-parole de la NVWA, soulignant qu'il s'agissait d'une «mesure de précaution».

En effet, la probabilité que la molécule néfaste pour la consommation humaine soit détectée dans la viande de poulet est petite, selon le LTO. «Les poulets de chair n'ont aucun problème avec le pou rouge contrairement aux poules pondeuses enfermées dans un poulailler pendant deux ans, ce qui permet au parasite de se développer», a expliqué Eric Hubers.

Les analyses sont menées sur la viande de poulets issus d'élevages qui produisent aussi bien des oeufs que de la viande, ce qui correspond à «quelques dizaines» de sites dans le pays, selon la NVWA et l'organisation agricole néerlandaise LTO.

«La plupart des exploitations font un choix entre l'un ou l'autre», a fait savoir Eric Hubers, représentant des aviculteurs au sein de la LTO.

Si les tests s'avèrent négatifs, ces éleveurs, dont la distribution d'oeufs est bloquée auront le droit de rouvrir leur branche viande», a précisé Tjitte Mastenbroek.

Mais en cas de détection de fipronil dans la viande, «l'élevage restera entièrement bloqué», a-t-il ajouté, alors que les éleveurs néerlandais pourraient abattre des millions de poules contaminées par l'insecticide dans les jours à venir.

L'ampleur de la crise est apparue au grand jour la semaine dernière aux Pays-Bas, où jusqu'à 180 élevages ont été bloqués et des rappels massifs ordonnés alors que les taux de fipronil --une molécule utilisée pour éradiquer le pou rouge sur les poules-- dépassaient parfois largement les seuils autorisés par la réglementation européenne.

D'autres pays européens tels que l'Autriche, Pologne, Portugal, Bulgarie et Roumanie ont indiqué procéder à des analyses, bien qu'aucun oeuf directement importé dans ces pays ne soit contaminé, selon les agences de sécurité alimentaire. En Suisse, les grands distributeurs ont retiré de la vente les oeufs importés en provenance des pays touchés, à titre préventif.

Oeufs contaminés : la Belgique aurait tardé à prévenir l'Union européenne

La Belgique aurait attendu un mois avant de prévenir l'Union européenne de la découverte d'oeufs contaminés par un insecticide, même si les États membres ont l'obligation de le faire «immédiatement».

Des dizaines de producteurs de la Belgique et des Pays-Bas ont été visités pour retracer les oeufs contaminés par du Fipronil, un produit dangereux pour la santé humaine, et plusieurs autres pays surveillent la situation.

Des millions d'oeufs ont été retirés des tablettes en Belgique et aux Pays-Bas. L'Allemagne, le Royaume-Uni, la France, la Suède et la Suisse ont été prévenus de la présence possible d'oeufs contaminés sur leur territoire.

Une porte-parole de la Commission européenne, Mina Andreeva, a dit mardi qu'«aucune information concernant cet incident de contamination n'a été fournie» avant le 20 juillet. Des oeufs contaminés avaient pourtant été trouvés en Belgique en juin.

Elle a dit que les membres de l'Union européenne «ont une obligation juridique» d'informer la Commission sur-le-champ s'ils détiennent de l'information concernant une menace possible à la santé humaine.

Les autorités sanitaires belges ont dit que des traces de Fipronil ont été trouvées sur 21 des 86  fermes visitées. Les niveaux détectés sont sept fois inférieurs à ceux jugés dangereux par l'Europe.  AP




publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer