L'as caché de Cora

La fondatrice de la chaîne Cora, Cora Tsouflidou,... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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La fondatrice de la chaîne Cora, Cora Tsouflidou, entourée des franchisés-propriétaires du restaurant situé sur route de l'Église, Régis Morneau et Michel Aubé.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) L'entreprise Cora Déjeuners possède un as caché dans sa manche, elle a un nouveau terrain jeu à développer et test présentement le service de livraison dans l'Ouest canadien.

Depuis 30 ans, la chaîne de restauration québécoise a dû évoluer pour conserver ses parts de marché et demeurer l'une des adresses matinales les plus courues. Aujourd'hui, la compétition vient de partout. Du Canada, mais également de l'international. Mais pas question de baisser les bras.

«Le marché des déjeuners est saturé. C'est malsain pour l'économie et c'est très difficile. [...] La compétition, c'est positif, mais aujourd'hui, c'est trop», concède au Soleil la fondatrice Cora Tsouflidou, désappointée par le nombre de joueurs dans son domaine d'affaires. C'est pourquoi l'entreprise cherche continuellement à se démarquer de ses compétiteurs et se tourne aujourd'hui vers de nouveaux territoires pour renflouer ses coffres.

Depuis belle lurette, Cora, qui a vu le jour dans un petit casse-croûte à Montréal, rêve de faire des petits au pays de l'Oncle Sam. Et ce jour approche à grands pas, parole du patron, Nicholas Tsouflidis, fils benjamin de la fondatrice et président de la bannière. Boston et Seattle sont les deux pièces maîtresses de son jeu d'échecs au sud de la frontière. Bien que toutes les options sont encore sur la table.

Pour le moment, l'homme d'affaires préfère ne pas trop s'avancer sur une date précise pour la première percée aux États-Unis. D'ici cinq ans? 

«Oui, c'est ce qu'on souhaite. Nous souhaitons le faire avec des franchises. Il y a déjà des gens qui manifestent de l'intérêt. Toutefois, il y a une certaine façon de faire aux États-Unis. La loi américaine au niveau des affaires est différente et plus structurée. C'est un certain défi, mais nous sommes très avancés», explique-t-il, n'ayant pas encore statué sur le nombre de restaurants qu'il aimerait ouvrir. 

Mais une chose à la fois, car il y a également des offres de la Chine et de l'Australie sur son bureau. «Ces destinations, ce n'est pas pour tout de suite».

Avant de mettre les pieds chez Donald Trump, l'entreprise, dont le chiffre d'affaires bondit annuellement de 5 % à 10 %, souhaite consolider sa présence dans l'Ouest canadien, notamment en Alberta et en Colombie-Britannique. D'ailleurs, quatre nouveaux restaurants devraient ouvrir leurs portes d'ici la fin de l'année. La direction aimerait bien doubler ce nombre.

«Nous avons sous-estimé notre nombre de restaurants dans l'Ouest canadien. Il y a un emballement pour la marque. Ça fonctionne beaucoup», raconte Cora Tsouflidou, originaire de Caplan, un petit village de la péninsule gaspésienne. D'ailleurs, ce nom, elle le doit à son ex-mari, un restaurateur d'origine grecque. 

Un «Cora 2.0»

Tout en poursuivant son expansion pancanadienne, Cora prévoit au cours des prochaines années rénover et moderniser certains restaurants. Les franchisés-propriétaires du commerce situé sur route de l'Église, Régis Morneau et Michel Aubé, ont notamment investi 350 000 $ pour donner un second souffle à leur établissement, aujourd'hui un «Cora 2.0» avec des écrans.

Au total, on dénombre à travers le pays environ 130 restaurants Cora, dont 126 détenus par des franchisés, et la bannière compte plus de 3500 employés. 

Afin de demeurer compétitifs, depuis quelques mois, certains restaurants Cora dans l'Ouest canadien offrent un service de livraison à domicile. Un projet-pilote mis en place par des franchisés.

«Pour l'instant, nous trouvons que ce service est très dispendieux. On évalue la situation. Nous allons voir», note Nicholas Tsouflidis.

Quant à l'as caché, Cora ne dit pas non à la possibilité d'ouvrir un jour certains restaurants en soirée, avec le même menu qu'actuellement. Deux établissements avaient déjà tenté l'expérience par le passé, les résultats n'avaient toutefois pas été au rendez-vous. Si un franchisé se dit intéressé par cette idée, la direction promet de l'étudier. Actuellement, la majorité des Cora ferme à 15h. 

«Malgré des temps plus difficiles, Dieu merci, les restaurants Cora s'en tirent très bien. Chaque deux ou trois ans, nous interrogeons nos franchisés et pour le moment, il n'a pas de propriétaire qui souhaite ouvrir le soir. Avoir un restaurant qui ouvre tôt le matin et qui ferme à minuit, c'est très difficile pour la famille. [...] Pour nous, c'est peut-être notre as caché», conclut Cora Tsouflidou, âgée de 70 ans.

Aujourd'hui, lancer une franchise Cora coûte de 500 000 $ à 1 million $. Le siège social de l'entreprise est basé à Sainte-Thérèse.

***

«On ne comprend pas encore»

Le président des restaurants Cora, Nicholas Tsouflidis, cherche toujours à comprendre ce qui a motivé son enlèvement à son domicile dans la soirée du 8 mars dernier.

Vers 22h, au moins une personne s'est présentée à sa résidence de Mirabel, dans les Laurentides. L'homme d'affaires de 44 ans aurait été transporté dans le coffre d'une voiture bleue. Il a été retrouvé par un citoyen le lendemain matin dans un fossé, à Laval, avec les mains ligotées. Il n'a pas subi de blessures majeures.

«On ne comprend pas encore. Une chance qu'on est au Québec et que cela n'arrive pas souvent. [...] C'est surprenant que cela arrive ici», dit-il, avare de commentaires sur ce sujet. «L'enquête suit son cours. Je préfère ne rien dire de plus pour ne pas nuire à l'enquête», se contente-t-il d'ajouter.

«Il est bien, il est en vie et il est correct. Il a le coeur à l'ouvrage», note pour sa part la fondatrice de la chaîne et sa mère, Cora Tsouflidou.

Selon les policiers, l'enlèvement était motivé par une rançon. Aucun montant n'aurait toutefois été versé.




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