Lait: l'ambassadeur canadien tente de calmer le jeu

Donald Trump a promis aux producteurs laitiers du... (La Presse, François Roy)

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Donald Trump a promis aux producteurs laitiers du Wisconsin de revoir les accords commerciaux avec le Canada, qu'il a qualifiés d'«injustes».

La Presse, François Roy

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Keith Doucette
La Presse Canadienne
Halifax

L'ambassadeur du Canada à Washington a tenté de minimiser les irritants potentiels dans les relations commerciales avec les États-Unis, mercredi, au lendemain des critiques incisives du président Donald Trump à l'égard du secteur canadien des produits laitiers.

David MacNaughton a soutenu que malgré certaines frondes provenant des États-Unis - et une lettre de sa part contestant certaines affirmations d'élus américains -, il s'attendait toujours à des «discussions constructives» entre les deux pays étant donné le grand nombre d'emplois en jeu des deux côtés de la frontière.

À la suite d'une rencontre avec le cabinet du gouvernement de la Nouvelle-Écosse, mercredi, M. MacNaughton a affirmé que les négociations à venir sur des modifications à l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) ne seraient pas faciles, tout en disant croire que tout devrait se mettre en place correctement en bout de course.

L'ambassadeur n'a pas abordé directement les commentaires de M. Trump, et a évité de répondre à la question de savoir s'ils présagent les débuts d'une guerre commerciale transfrontalière.

M. MacNaughton a fait valoir que des discussions continues avec la Maison-Blanche ont été «positives et professionnelles», et que la relation «extrêmement solide» du Canada avec les États-Unis devrait «donner des dividendes à long terme».

Dans l'immédiat, M. MacNaughton a affirmé que le Canada devait être préparé à répondre sur tous les enjeux potentiels du commerce transfrontalier, et que le pays ne devrait pas agir en fonction d'un seul secteur.

«Nous avons du mal dans le dossier du bois d'oeuvre depuis 30 ans. Je suis sûr que nous entendrons beaucoup parler des produits laitiers et beaucoup d'autres éléments, et je suis sûr qu'il y aura beaucoup d'éléments que nous voudrons aborder avec eux», a dit l'ambassadeur.

La gestion de l'offre

Dans un discours au Wisconsin, mardi, M. Trump a promis aux producteurs laitiers de cet État de revoir les accords commerciaux avec le Canada, qu'il a qualifiés d'«injustes».

Le président américain a aussi signalé qu'il souhaitait davantage que des ajustements à l'ALENA, disant qu'il anticipait de «très grands changements» à l'accord de libre-échange avec le Canada et le Mexique, sans quoi il pourrait déchirer le document.

L'association Les Producteurs de lait du Québec a dit être persuadée de voir le gouvernement fédéral continuer à protéger le système de gestion de l'offre dans le cadre duquel, malgré les vues de M. Trump, les exportations laitières des États-Unis ont augmenté depuis l'entrée en vigueur de l'ALENA en 1993.

«Si jamais nous sentons que le gouvernement canadien ne soutient plus (la gestion de l'offre), nous allons nous mobiliser, mais nous n'avons aucune raison de croire que ce sera le cas», a dit le porte-parole François Dumontier.

M. MacNaughton a dit s'attendre à des négociations à trois sur l'accord commercial, mais a affirmé qu'il y aurait un certain nombre de négociations bilatérales soutenues sur des enjeux touchant le Canada et les États-Unis, mais pas le Mexique.

«Je voudrais que cela se déroule rapidement, tout simplement parce que je crois que dissiper l'incertitude aiderait la communauté d'affaires», a affirmé l'ambassadeur.

Divergences ranimées au Parti conservateur

Les déclarations de Donald Trump sur la gestion de l'offre dans le secteur laitier au Canada ont remis en lumière les divergences de vues entre les candidats à la direction du Parti conservateur dans ce dossier.

Maxime Bernier, candidat libertarien dans cette course, a salué la déclaration du président américain. Le député de Beauce a soutenu que les Canadiens souffrent davantage encore que les Américains de la gestion de l'offre, et il a promis que s'il devenait premier ministre, il abolirait ce régime, qu'il assimile à un «cartel».

Sur son fil Twitter, Maxime Bernier a rapidement écrit que Donald Trump avait «raison de dire que la gestion de l'offre est injuste». M. Bernier a d'ailleurs écrit une longue lettre ouverte au président américain, publiée mercredi par le quotidien The Globe and Mail. Il propose à Donald Trump d'éliminer la gestion de l'offre en échange de l'abandon des mesures protectionnistes contre le bois d'oeuvre canadien, tout aussi injustes, selon lui.

Seul dans son coin

La gestion de l'offre suscite depuis toujours un malaise chez les conservateurs, qui y voient une ingérence de l'État dans le libre marché, mais qui savent très bien que leur important électorat rural y tient mordicus - notamment au Québec, où l'industrie laitière est très importante.

Ce qui n'a pas empêché le député de Beauce de devenir le seul candidat dans la course à s'opposer avec vigueur à ce régime. Le député du comté voisin, Steven Blaney, aussi candidat à la chefferie du Parti conservateur, n'a pas pris cette voie.

Réagissant à la déclaration «erronée» du président Trump, M. Blaney a demandé au premier ministre Justin Trudeau d'indiquer clairement à Washington que «la gestion de l'offre n'est pas sur la table pour la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain».

«Le lait canadien ne bénéficie d'aucune subvention spécifique alors que le gouvernement américain verse 990 milliards $US à l'ensemble du secteur agricole, dont des centaines de millions en subventions directes chaque année au secteur laitier», soutient le député de Bellechasse-Les Etchemins-Lévis.

Un autre candidat dans cette course, l'homme d'affaires Kevin O'Leary, estime quant à lui que la gestion de l'offre est «vitale» pour le secteur agricole et pour l'économie canadienne. Il a déjà indiqué que s'il devenait premier ministre, il se battrait pour protéger les producteurs de lait et de volaille - et le système de gestion de l'offre.

Le candidat ontarien Erin O'Toole croit quant à lui que Maxime Bernier fait preuve d'une incompréhension totale du monde agricole en comparant la gestion de l'offre à un «cartel».  




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