Agri-Marché nourrit les animaux depuis 103 ans

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Patrice Brochu, président du Groupe Brochu et d'Agri-Marché, poursuit la tradition familiale avec son frère et sa soeur.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Saint-Isidore) «Le samedi matin, à l'époque, je partais avec mon père Donald et nous faisions, en quelques heures, la tournée de nos bâtiments et de nos usines. Le faire aujourd'hui, je rentrerais à la maison le dimanche soir!»

Avec sa soeur Guylaine et son frère Jean-Pierre, Patrice Brochu dirige Agri-Marché, une entreprise de Saint-Isidore, en Beauce, spécialisée en alimentation animale.

Chacun a son rôle.

Guylaine est vice-présidente aux affaires corporatives du Groupe Brochu - le holding familial - présidente des centres de rénovation Rona L'Outilleur de Saint-Lambert-de-Lauzon et de Saint-Henri.

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La famille Brochu en 1955

Jean-Pierre est vice-président responsable de l'innovation et du développement technologique chez Agri-Marché.

Patrice, lui, est président du Groupe Brochu et d'Agri-Marché.

Avant eux, il y a eu leur père Donald et leur oncle André. Et d'autres oncles qui, en cours de route, ont mis l'épaule à la roue.

Et, à l'origine, il y a eu le grand-père Joseph-Napoléon Brochu et la grand-mère Amanda. Ensemble, ils ont eu 14 enfants.

Ils habitaient une ferme et possédaient quelques vaches laitières.

C'est en 1913 - il y a 103 ans - que le patriarche ouvrait un magasin général à Saint-Henri. «Il avait pignon sur rue non pas au coeur du village, mais à la campagne. C'était plutôt inhabituel dans ce temps-là.»

Le troc était une façon courante de brasser des affaires à cette époque, notamment au cours de la crise économique de la fin des années 20 - que l'on a appelé la Grande Dépression - qui s'est poursuivie jusqu'au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en 1939.

«Mon grand-père échangeait de l'équipement agricole aux fermiers en retour de morceaux de viande, d'oeufs et de poulets qu'il allait vendre ensuite à Québec», raconte Patrice Brochu.

Il finira, en 1936, par ouvrir une boucherie à Québec - J.N. Brochu et fils - qu'il vendra, en 1951, à deux de ses fils, Laval et Fernand.

De l'autre côté du fleuve, l'entreprise de Joseph-Napoléon prend de l'expansion, notamment avec l'érection, en 1954, d'une meunerie, tout juste à côté du magasin général.

La croissance s'accélère avec l'entrée en scène de Donald et d'André Brochu, deux autres fils de Joseph-Napoléon,  à qui le paternel confiera les commandes de l'entreprise en 1961.

Ils mettent l'accent sur deux segments de marché: l'alimentation animale et la viande. «Mon père et mon oncle se mettent à acheter des meuneries et des fermes et, en 1994, J.N. Brochu deviendra Agri-Marché.»

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Joseph-Napoléon Brochu, qui s'est lancé en affaires en 1913.

La piqûre pour la gestion d'entreprise

Jeune homme, Patrice Brochu s'affairait déjà dans l'entreprise familiale.

«Je n'ai jamais travaillé ailleurs. Mon père m'a confié des responsabilités alors que j'étais très jeune. J'ai immédiatement eu la piqûre pour tout ce qui touche la gestion d'une compagnie.»

En 2008, la gestion de l'entreprise devient l'affaire des trois enfants de Donald et Irène Brochu.

Cinq ans plus tard - l'année du 100e anniversaire - ils achètent les parts de leur paternel et de leurs oncles et deviennent les seuls actionnaires du Groupe Brochu.

Aujourd'hui, Agri-Marché fait travailler près de 500 personnes et oeuvre dans quatre secteurs d'activité: le laitier, le porcin, les oeufs et les grains.

L'entreprise opère cinq meuneries au Québec et en Ontario et un centre de transbordement de grains situé au Port de Valleyfield. Elle possède des fermes d'élevage porcin et avicole. Avec l'un de ses compétiteurs Shur-Gain, Agri-Marché a créé Lactech, des centres d'expertise dédiés exclusivement à l'alimentation pour les vaches laitières.

Si le magasin général et la première meunerie de Joseph-Napoléon ont croulé sous le pic des démolisseurs - le terrain a été exproprié pour faire passer une route - Agri-Marché continue de vendre de l'équipement agricole par l'entremise de ses deux centres de rénovation et de son site JNB L'Outilleur agricole.

S'il y a une tradition qui se perpétue dans la famille, selon Patrice Brochu, c'est la volonté de satisfaire le producteur agricole. «Si mes clients réussissent en affaires, nous avons de bonnes chances, nous aussi, de réussir.»

À savoir maintenant s'il y aura une quatrième génération de Brochu à la tête de l'entreprise, Patrice Brochu n'ose pas s'aventurer sur le sujet. «Nous allons leur offrir la possibilité, mais nous ne les poussons pas.»

Il faut savoir que la marmaille de Guylaine, de Jean-Pierre et de Patrice - des rejetons, ils en ont six - est encore jeune. La plupart d'entre eux sont encore sur les bancs d'école.

***

Quatre questions à Patrice Brochu

Q Quel diagnostic posez-vous sur l'état de santé de l'agriculture québécoise?

R La démographie change la donne. Il y a moins de jeunes et il y a des tas de bons emplois en ville. Le travail à la ferme, c'est exigeant. C'est du sept jours par semaine. C'est donc plus difficile d'attirer la relève. Par contre, j'ai confiance en la capacité du monde agricole de s'adapter aux changements afin de continuer de produire et d'être compétitif. Il faut aussi se rappeler que la population aura toujours besoin de manger.

Q Quels sont les projets d'Agri-Marché?

R Il y a toujours des projets qui mijotent sur le feu! Nous avons des objectifs de croissance organique. Nous envisageons également de diversifier nos activités. Toujours dans l'agroalimentaire, évidemment.

Q Pour une troisième année consécutive, le nom d'Agri-Marché apparaît dans la liste des sociétés les mieux gérées au Canada publiée par Deloitte. Que représente cet honneur pour le patron de l'entreprise?

R Ce n'est surtout pas la réussite d'un seul homme. C'est une reconnaissance qui rejaillit sur chacun de nos 480 employés. La participation à ce programme des sociétés les mieux gérées nous permet de nous mesurer par rapport à d'autres entreprises. Ce bon résultat nous montre que nous faisons les bonnes choses. 

Q Enfin, quelle recette vous permet d'être encore en affaires 103 ans plus tard?

R Avoir une vision à long terme. Quand nous réalisons un investissement, nous ne cherchons pas nécessairement à obtenir le rendement optimal sur-le-champ. Nous agissons toujours en pensant qu'un jour, nos enfants ou des membres de notre famille hériteront peut-être de l'entreprise et que cette dernière devra alors être en bonne santé.




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