Du cannabis bientôt dans votre assiette

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«Il est fort possible que 5 à 7 % des produits alimentaires vendus au Canada d'ici 10 ans puissent contenir du cannabis», avance le professeur Sylvain Charlebois, doyen de la Faculté en management, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l'Université Dalhousie de Halifax.

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Une fois légalisé, comme prévoit le faire le gouvernement fédéral, le marché du cannabis récréatif pourrait générer plus de 22 milliards $ au Canada pour le secteur alimentaire, selon une étude de la firme Deloitte.

«C'est plus que les ventes combinées de vin, de bière et de spiritueux sur l'ensemble du territoire», s'exclame Sylvain Charlebois, doyen de la Faculté en management, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l'Université Dalhousie de Halifax. «Ce que plusieurs ne réalisent pas encore, c'est que le cannabis représente une petite mine d'or pour les secteurs de la transformation et de la distribution alimentaire au pays», poursuit-il.

D'ici 10 ans, M. Charlebois est d'avis que les Canadiens pourraient retrouver de la marijuana dans leur assiette, entre autres dans les «repas prêt-à-manger, dans les biscuits, des liqueurs, des huiles et même du beurre au cannabis». Il confie toutefois que les entreprises oeuvrant dans le secteur de l'alimentation se montreront probablement plus prudentes les premières années suivant la modification de la loi.

«Il est fort possible que 5 à 7 % des produits alimentaires vendus au Canada d'ici 10 ans puissent contenir du cannabis», avance le professeur spécialisé en alimentation. «En effet, depuis déjà plusieurs mois, certains transformateurs et distributeurs amplifient leurs efforts de recherche pour créer de nouveaux produits avec la marijuana comme ingrédient. Cela semble peut-être farfelu, mais après avoir discuté avec quelques cadres dans le domaine agroalimentaire, je me suis rendu compte qu'il y avait bel et bien de l'intérêt», poursuit-il, rappelant que Rexall et Shoppers Drug Mart, qui appartient à Loblaw, ont déposé des demandes à Santé Canada au début de 2016 en vue d'obtenir un permis de distribution.

Produits dérivés

Selon l'étude de Deloitte, dévoilée au mois d'octobre, les ventes de cannabis non transformé pourraient représenter entre 4,9 milliards et 8,7 milliards $ par an. Et le marché des produits dérivés représenterait environ 14 milliards $ de revenu additionnel.

«Le secteur agroalimentaire cherche depuis fort longtemps de nouvelles façons d'innover et d'augmenter les ventes alimentaires au pays. Avec une population vieillissante, offrir des produits à valeur ajoutée est plus que jamais une question de survie», estime M. Charlebois, ajoutant que «les produits sans gluten, même s'ils ne touchent que 1 % de la population, ont représenté, pendant un certain temps, un miracle pour plusieurs dans l'industrie. Ce qui est intéressant, c'est que dans le cas du cannabis, le marché est beaucoup plus vaste.» En 2015, les produits sans gluten avaient généré des recettes de 5 milliards $ au Canada. 

Dernièrement, un groupe de travail présidé par l'ancienne ministre Anne McLellan et formé à la demande du gouvernement fédéral a déposé à Ottawa un rapport de 120 pages entourant la légalisation du cannabis. Parmi ses nombreuses recommandations, le comité ne privilégie pas la vente par la Société des alcools du Québec (SAQ), mais souligne que ce sont les provinces et les territoires qui devraient avoir comme tâche de réglementer la distribution et la commercialisation du produit. 

L'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS) a également réalisé une étude sur le sujet. Selon son rapport de recherche, la commercialisation du cannabis récréatif par des entreprises privées, entre autres via un réseau de dépanneurs ou de magasins spécialisés, «pourrait générer une valeur ajoutée de 844,9 millions $ et créer 912 emplois», comparativement à «867 millions $ et 982 emplois» si le marché était pris en charge par la SAQ.

Le gouvernement fédéral prévoit déposer au printemps son projet de loi visant à légaliser la marijuana. Nous saurons alors quelle avenue sera privilégiée pour la distribution et la commercialisation du produit.

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