Vins d'épicerie: la bataille de l'affichage continue

L'étiquetage complet du vin, qui était réservé exclusivement... (Photothèque Le Soleil)

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L'étiquetage complet du vin, qui était réservé exclusivement aux produits offerts à la SAQ, est maintenant possible pour les vins artisanaux... à l'exception des appelations contrôlées, qui sont très nombreuses, déplore le président de Julia Wine, Alain Lord Mounir.

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(Québec) La bataille pour l'affichage des appellations sur les bouteilles de vin offertes dans les épiceries et les dépanneurs est loin d'être terminée. Pour le président de Julia Wine, Alain Lord Mounir, «la Société des alcools du Québec [SAQ] fait preuve de mauvaise volonté politique» dans le dossier.

Comme plusieurs producteurs et entreprises, M. Mounir s'est réjoui en mai lorsque le gouvernement provincial s'était engagé à modifier la réglementation pour les embouteilleurs industriels. L'étiquetage complet était jusque-là réservé exclusivement aux produits disponibles sur les tablettes de la SAQ. Le projet de loi 88 offre les mêmes avantages aux vins artisanaux.

Le projet de règlement et la réglementation officielle du projet de loi 88 ont été publiés le 26 octobre dernier. À partir de cette date, les intervenants du milieu ont 45 jours pour exprimer leurs commentaires. Et M. Mounir n'a pas l'intention de rester les bras croisés. 

L'homme d'affaires a dernièrement reçu de la SAQ «une mauvaise surprise» dans un courriel fournissant des informations concernant la soumission des étiquettes avec l'identification des cépages. «Aucun nom de lieu ou d'aire géographique réservé selon la législation du pays d'origine du vin ne sera permis dans l'étiquetage de même que tout nom pouvant porter à confusion avec ceux-ci», peut-on lire dans la missive, dont Le Soleil a obtenu copie. 

Cela signifie, à titre d'exemple, qu'un producteur aura le droit d'inscrire sur l'étiquette le cépage, le millésime et le pays, États-Unis, mais pas l'endroit de production, comme Napa Valley ou Californie, car ce sont des appellations contrôlées, déplore M. Mounir.

«Il va y avoir encore plus de confusion chez les consommateurs. Si une personne n'aime pas les vins de Bordeaux, mais préfère ceux de Bourgogne, il va juste voir cabernet sauvignon et le pays. Les gens vont se dire que tous les vins d'un pays goûtent ça, alors que c'est faux», s'insurge l'homme d'affaires, qui prévoit déposer un mémoire sur le sujet au cours des prochains jours. «On ne comprend pas... C'est de la mauvaise volonté politique», poursuit-il.

Voie judiciaire

Et si M. Mounir n'est pas entendu, il n'écarte pas la possibilité d'avoir recours aux tribunaux. Au début 2016, il avait d'ailleurs fait parvenir une mise en demeure au procureur général et ministre de la Justice du Québec, Stéphanie Vallée, où il soulignait que la réglementation contrevenait à la Charte canadienne des droits et libertés.

«Cela ne s'arrêtera pas là, et ce, peu importe ce qui arrive. Je ne veux pas mettre les clients dans l'ignorance. Je me suis battu depuis le début pour la transparence. [...] Je suis prêt à me battre, mais j'espère trouver un terrain d'entente et que le gouvernement ne dépensera pas des fonds publics pour ce combat», affirme au bout du fil le propriétaire de Julia Wine, dont les produits sont disponibles dans les dépanneurs Couche-Tard, certains Canadian Tire et chez Costco. «Au Québec, nous sommes le seul endroit dans le monde que c'est comme ça. Personne sur la planète n'a deux systèmes d'étiquetage pour le vin», ajoute-t-il.

Du côté du ministère des Finances, on affirme que «par concordance avec les législations étrangères, seules les appellations d'origine qui ne sont pas contrôlées seront autorisées dans les épiceries. Ainsi, les noms des régions, des villes ou des lieux géographiques peuvent être inscrits sur les bouteilles à condition qu'ils ne soient pas protégés par leur propre législation dans leur juridiction d'origine».

Aux États-Unis, 50 États possèdent des appellations contrôlées, dont l'Oregon, Washington et la Californie et on dénombre 239 régions viticoles (AVA) dont le nom est également contrôlé, peut-on lire sur le site d'Alcohol and Tobacco Tax and Trade Bureau. Ils ne pourront donc pas être inscrits sur les bouteilles de vin vendues dans les épiceries et les dépanneurs. C'est aussi le cas pour plusieurs autres pays à travers la planète, notamment ceux d'Europe. 

À la SAQ, le règlement en vigueur permet l'affichage des appellations d'origine contrôlées sur les étiquettes. Et cela touche «la majorité» des vins, a confirmé la société d'État.

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