Des rachats de permis de pêche au homard font craindre le pire

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Le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie craint que des investisseurs étrangers s'intéressent aux permis, ce qui aurait des conséquences sur l'économie régionale.

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Gilles Gagné
Le Soleil

(Paspébiac) La Fédération des pêcheurs indépendants du Canada s'inquiète de l'intérêt porté par des investisseurs étrangers pour acquérir des permis de pêche du homard en Nouvelle-Écosse. Ces acquisitions viendraient en contravention avec un règlement du ministère fédéral des Pêches et des Océans.

L'inquiétude, partagée au plus haut point par le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie, découle d'un précédent établi en 1999 en Colombie-Britannique, qui a eu des conséquences fort négatives sur la gestion des stocks de poisson et sur les retombées des pêches commerciales dans les communautés côtières de cette province.

«Le règlement canadien interdit l'acquisition de permis de pêche par des investisseurs étrangers. Il doit protéger le principe du propriétaire exploitant de ces permis. Mais ce n'est qu'un règlement. Son application est laissée à la discrétion du ministre des Pêches. Tant que le règlement ne sera pas enchâssé dans la Loi sur les pêches, il y aura menace de répétition de ce qui est arrivé depuis 17 ans en Colombie-Britannique», dit O'Neil Cloutier, directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie.

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Dans une publication néo-­écossaise s'adressant aux homardiers, une publicité invite ceux d'entre eux voulant vendre leur permis à considérer la possibilité de communiquer avec des «acheteurs étrangers». Les homardiers des riches zones 33, 34 et 35 sont ciblés. Ils sont priés de laisser un message sur une boîte vocale. Quelqu'un les rappellera. L'origine des acheteurs n'y est pas. Il est établi que des investisseurs chinois ont acquis des usines néo-écossaises de produits marins au cours des deux dernières années.

O'Neil Cloutier précise que si des acheteurs se pointent en Nouvelle-Écosse ou à Terre-Neuve, ils regarderont éventuellement du côté de la Gaspésie, de l'île d'Anticosti et des Îles-de-la-Madeleine.

«Rien n'empêche de venir ici. Les entreprises étrangères ont beaucoup d'argent. Si elles se mettent à acheter des permis, la relève des pêches ne pourra pas suivre. Deuxièmement, les revenus générés par la pêche vont sortir de la région. En Colombie-Britannique, des pêcheurs locaux ont fini par racheter des permis, mais la ressource a été tellement décimée qu'ils pêchent maintenant pour presque rien», dit-il.

Les homardiers de la Gaspésie ont vu leurs revenus plus que doubler, au débarquement, au cours des cinq dernières années. Ils approchent les 29 millions en 2016. Aux Îles-de-la-Madeleine, ils sont généralement deux fois plus importants que dans la péninsule. L'ensemble des pêches commerciales injecte plus de 300 millions $ par an dans ces deux secteurs halieutiques.

«[Les pêcheurs] font tourner l'économie.  Ils achètent des voitures, des bateaux, des matériaux et le reste. La ressource appartient aux Canadiens. Si on laisse faire ça [la vente de permis], on ne vaut pas grand-chose», dit M. Cloutier.

En Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve, les exportations de produits marins ont respectivement atteint 1,4 milliard et 1 milliard $ l'an passé.

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