Prix des aliments: moins cher que prévu

Le regain du huard et le bras de... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le regain du huard et le bras de fer entre les distributeurs alimentaires sont venus déjouer les pronostics.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) La guerre des prix des derniers mois entre les grandes chaînes de l'alimentation se révèle payante pour le consommateur, dont la facture du panier d'épicerie devrait demeurer relativement stable cet automne. À long terme, ces offensives de réduction des prix pourraient toutefois être néfastes pour l'industrie, car de petits joueurs pourraient y laisser leur peau, s'inquiète un expert du marché.

Chaque année, en décembre, le Food Institute de l'Université de Guelph dresse un portrait du marché de l'alimentation et fait ses prévisions pour l'année suivante. 

Pour 2016, le prix pour les fruits et les légumes devait grimper de 4 % à 4,5 %. Pour le prix des viandes, les chercheurs prévoyaient une hausse de 4,5 % et de 3 % pour les poissons et les fruits de mer. Pour les produits laitiers, les oeufs et le grain, on prévoyait un bond de 2 %.

Toutefois, le regain du huard et le bras de fer entre les distributeurs alimentaires sont venus quelque peu brouiller les cartes. Pensons notamment à l'offensive de Sobeys, qui a annoncé au printemps une baisse permanente sur les prix de plus de 8500 produits d'épicerie dans ses magasins IGA et IGA Extra. Les géants américains Walmart et Costco veulent également leur part du gâteau. Depuis plusieurs mois, Walmart transforme d'ailleurs tous ses magasins en supercentre, où l'offre alimentaire est bonifiée.

L'épisode du chou-fleur à 8 $ et de la boîte de céréales à presque 10 $ est-il alors chose du passé? Non, il ne faut pas se leurrer, les prix vont demeurer quand même élevés.

«Nous sommes légèrement en deçà de nos prévisions de l'étude», indique au Soleil le professeur de l'Université de Guelph Sylvain Charlebois, notant au passage que la facture du panier d'épicerie des Québécois ne devrait pas varier énormément au cours des prochains mois, offrant un petit répit au portefeuille des consommateurs. 

«Pour cet automne, le taux d'inflation alimentaire devrait demeurer en deçà de ce qu'on a vu au cours des dernières années, en bas de 2,5 %. Pour les viandes, cela va être au plus 1 % à 2 % de hausse. [...] J'ai l'impression qu'il y va avoir un resserrement au niveau du porc et du boeuf, surtout. Le poulet va demeurer stable, peut-être une petite augmentation ici et là. Mais en gros, je ne vois pas de facteurs qui pourraient influencer le prix des viandes à court terme», poursuit-il.

Même son de cloche pour les produits laitiers, dont le prix devrait demeurer stable.

Quant aux fruits et aux légumes, le professeur estime qu'ils vont demeurer abordables (augmentation de 2,5 % à 3 %). «Le dollar est plus haut que ce qu'on anticipait. J'ai l'impression qu'il va aider les consommateurs [...] Et on va pouvoir profiter évidemment encore de la récolte domestique.»

Des victimes?

Pour l'heure, la bataille des prix des distributeurs de l'alimentation se révèle donc très bénéfique pour les consommateurs. Toutefois, les plus petits joueurs, notamment les épiceries indépendantes, pourraient avoir peine à traverser cette période, n'étant pas en mesure de compétitionner les prix.

«Actuellement, Sobeys, Loblaw-Provigo, Metro, tous les grands joueurs de la distribution alimentaire demandent à leurs fournisseurs de diminuer leurs prix. C'est la contre-attaque versus Walmart et Costco», affirme l'auteur principal du rapport annuel sur les prix des aliments de l'université. «À court terme, c'est toujours bon pour le consommateur. À long terme, c'est de mauvais augure pour nous tous. On risque de perdre des joueurs. Il y a une consolidation du marché. Lorsqu'on a affaire à un oligopole, ce n'est jamais une bonne nouvelle», conclut-il.

Sobeys poursuit son offensive dans l'Ouest

Le géant de l'alimentation Sobeys poursuit son offensive avec sa réduction des prix. 

Après avoir lancé au printemps sa stratégie GIGA bas prix à travers la province, il s'attaque maintenant au marché de l'Ouest canadien. 

«Dans la nouvelle politique à travers le Canada, on va aussi diminuer les prix en périphérie, donc tout ce qui est frais, les produits laitiers, on parle aussi de fruits et de légumes. C'est une campagne plus agressive que ce que nous avons vu au Québec», indique Sylvain Charlebois, professeur au Food Institute de l'Université de Guelph. 

Au Québec, les fruits et les légumes, la viande, les poissons et les produits de boulangerie n'étaient pas touchés par la baisse des prix. 

Jointe par Le Soleil, une porte-parole chez Sobeys a confirmé les intentions de l'entreprise, soulignant que le programme allait être offert en Alberta, en Colombie-Britannique, en Saskatchewan et au Manitoba. Il va également être disponible dans six magasins dans le nord-ouest de l'Ontario. Toutes les bannières de Sobeys, notamment IGA et Safe-way, vont offrir les rabais. 

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