La mention Produit du Québec disparaît

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Selon l'Union des producteurs agricoles, les consommateurs ne seront pas aussi bien informés de la provenance de leurs fruits et légumes si on laisse les marchands libres de faire ce qu'ils jugent bon d'être fait.

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(Québec) Dorénavant, ce sera aux marchands et aux épiciers d'indiquer volontairement que leurs fruits et leurs légumes sont des produits québécois.

Depuis le début d'août, la mention Produit du Québec n'est plus obligatoire pour les légumes et les fruits frais de la province, indique le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ).

Par contre, la provenance des produits arrivant des autres provinces canadiennes et d'autres pays doit toujours être mise en évidence.

Cette obligation d'identification des produits québécois n'a pas été conservée lors de l'abolition de la portion du règlement sur les différentes catégories de fruits et de légumes, en vue de permettre la vente des produits moches.

Ce règlement, désormais aboli, faisait en sorte que 10 % de la production des fruits et des légumes était rejetée, causant des pertes pour les producteurs, indique le MAPAQ. 

«Tout le monde est gagnant. Les entreprises pourront diversifier leur offre et les entrepreneurs agricoles auront la possibilité de vendre une plus grande partie de leur production. Les consommateurs auront un plus grand choix, tout en étant assurés de se procurer à meilleur prix des produits sains qui répondent aux standards de salubrité», disait le ministre Pierre Paradis à la fin de juillet.

Pour le consommateur, si la provenance des produits n'est pas indiquée, cela voudrait donc dire qu'ils viennent du Québec. Mais il y a des nuances, comme le souligne le magazine agricole La Terre de chez nous : «Lorsqu'il paraît évident que les fruits ou les légumes ne peuvent être cultivés dans la Belle Province, comme c'est le cas pour les oranges ou les ananas, l'identification de la provenance n'est alors pas obligatoire dans les étals.»

Le MAPAQ ne voit pas de sources de confusion pour le consommateur, car les marchands ont déjà l'habitude de montrer que tels fruits ou tels légumes ont été produits au Québec pour en promouvoir la vente. Selon le ministère, puisque les consommateurs sont friands des produits du Québec, les marchands devraient continuer de les identifier sans y être forcés par une réglementation. 

On ajoute qu'il y a encore l'étiquette Aliments du Québec et Aliments préparés au Québec pour informer les consommateurs.

Le son de cloche diffère pour Les Producteurs en serre du Québec. Dans son infolettre de juillet (www.facebook.com/SyndicatDesProducteursEnSerre/), André Mousseau, président de l'organisme, soutient que la modification du règlement est un coup dur pour les producteurs. Il estime au contraire que cela sèmera la confusion chez les consommateurs.

«Recherchez donc le logo "Aliments du Québec" et autres certifications et marques d'origine locale pour être certains de la provenance de vos aliments, et exigez de vos producteurs une identification plus claire de leurs produits», conseille-t-il aux Québécois.

De l'ambiguïté s'ajoute à la confusion, selon l'UPA

La disparition de l'identification Produit du Québec déçoit l'Union des producteurs agricoles (UPA). Les consommateurs ne seront pas aussi bien informés de la provenance de leurs fruits et légumes si on laisse les marchands libres de faire ce qu'ils jugent bon d'être fait.

«Nous n'avons pas eu le temps de recueillir les réactions, car l'abolition de l'obligation est toute récente. Et tous nos producteurs sont actuellement dans les champs. Chose certaine, c'est vraiment dommage», précise Patrice Juneau, porte-parole de l'UPA.

Selon lui, il ne semble pas certain que le MAPAQ ait mesuré l'impact de l'abolition de l'identification. Pour l'UPA, cela ajoute de l'ambiguïté à la confusion qui peut exister déjà chez les consommateurs québécois.

Alors que l'achat local prend de plus en plus de place et que les produits locaux sont très prisés, l'UPA estime que l'identification demeure un point important qui n'aurait pas dû disparaître sans consultation. Le MAPAQ n'a jamais demandé l'avis de l'UPA, assure-t-on.

«Nous osons espérer que les producteurs comprendront qu'il s'agit d'un avantage important pour la mise en marché. Nous osons croire que les producteurs continueront d'apposer l'identification Produit du Québec, même sans obligation, pour se démarquer des produits venant d'ailleurs», continue M. Juneau. Par contre, sans cette obligation, plusieurs pourraient oublier de mettre la mention.

Des consultations auront lieu sur ce sujet à la fin du mois d'août pour prendre le pouls des producteurs. Jusqu'à maintenant, seuls les producteurs en serre ont réagi.

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