Labeaume en croisade pour les produits locaux à l'épicerie

Régis Labeaume considère que les supermarchés, qui font... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Régis Labeaume considère que les supermarchés, qui font de l'argent à Québec, ont en retour le devoir d'encourager les producteurs locaux.

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(Québec) Le maire de Québec entend dresser un «palmarès» des supermarchés en fonction de l'espace qu'ils accordent aux produits agroalimentaires régionaux. 

«Ces gens-là viennent faire de l'argent à Québec. Ils nous vendent des produits, des produits qui ne sont pas d'ici. C'est pas grave, là, mais on pense que quelque part, il doit y avoir des tablettes chez eux pour les produits régionaux», a déclaré Régis Labeaume, jeudi, en marge du Forum agricole et agroalimentaire de la région de la Capitale-Nationale, tenu à Saint-Raymond. 

Pendant son discours, le maire est allé beaucoup plus loin. «On a le droit de revendiquer que les grandes surfaces de la région de Québec aient des produits locaux. Je me vois très bien revendiquer là-dedans et vous savez quoi? C'est sûr que ça marcherait!» a-t-il lancé. 

«Je me vois avec la présidente de l'UPA [Union des producteurs agricoles] et deux ou trois maires rentrer chez Loblaws avec les caméras qui nous suivent. ''Où est-ce qu'ils sont les produits de la région ici?'' Pis faire venir le gérant et dire : "Comment ça se fait que t'as pas de produits de la région? On viendra plus, pis on va dire au monde de pas venir tant qu'il y en aura pas." Ça se fait. On peut être un petit peu plus soft, mais ça se fait», a-t-il poursuivi, suscitant les applaudissements des participants. 

En point de presse par la suite, le maire s'est défendu de vouloir dénoncer ou intimider les grandes chaînes d'alimentation. 

«On va commencer par leur expliquer tranquillement. On va leur dire : ''Vous devriez avoir des produits régionaux dans vos tablettes.'' Tu insistes tranquillement, pis à un moment donné, tu vas juste voir s'ils en ont», a-t-il tempéré. 

La présidente de l'UPA Capitale--Nationale-Côte-Nord, Jacynthe Gagnon, à qui faisait référence le maire, n'a pas caché son penchant pour la méthode douce. «Je suis davantage dans la sensibilisation que dans la coercition. D'abord, il faut s'asseoir avec ces gens-là et voir quelle ouverture ils ont avant de les cibler comme des coupables. Moi, je pense qu'il faut les cibler comme des personnes qui sont responsables de faire les choses autrement. Qu'ils donnent une chance, une tribune, une tablette aux produits régionaux», a-t-elle expliqué. 

Mme Gagnon a admis que cette bataille, les producteurs locaux la mènent depuis des années et que les résultats sont mitigés. Mais selon elle, le vent est en train de tourner. «Les jeunes sont de plus en plus sensibilisés à consommer local, ils sont de plus en plus intéressés de connaître la provenance du produit, qui le fait, de quelle façon il le fabrique. Je pense que les marchés d'alimentation n'auront pas le choix de prendre le virage», a-t-elle développé.

«Exotisme régional»

Le maire Labeaume a par ailleurs fait la promotion de son Grand marché, qui doit ouvrir sur les terrains d'ExpoCité au printemps 2018. Selon lui, il faut miser sur l'«exotisme régional» - lire : les produits locaux - et rejeter la présence de revendeurs de marchandises courantes. 

«Les revendeurs, si on accepte ça, ça ne finit plus. Il y a comme un vice de forme. On ne fait pas un grand marché pour vendre ce qu'on vend dans les épiceries. On ne peut pas vendre de bananes là. On ne peut pas vendre d'oranges là. Ça n'a pas de sens. C'est pas fait pour ça», a plaidé le maire. 

«Il faut que Mohammed puisse devenir membre de la coop et qu'il puisse vendre ses épices», a-t-il toutefois pris soin d'ajouter. 

Louis Arsenault, de la fromagerie des Grondines, a souligné qu'il y avait quelques revendeurs au marché public du Vieux-Port, même s'ils sont très peu nombreux. Il jugeait justifié d'avoir un poissonnier dans les nouvelles installations, bien qu'il se pêche bien peu de poissons autour de Québec, mais n'appréciait pas la concurrence du marchand de fromages. «Les épices, au Québec, on n'en a pas beaucoup», a-t-il fait remarquer par ailleurs.

Grand marché: une garderie pour attirer les familles

Après les étals, les boutiques, la brasserie, la cabane à sucre et les serres, voici que le maire Régis Labeaume prévoit une garderie au futur Grand marché de Québec. C'est une demande de la présidente régionale de l'Union des producteurs agricoles, Jacynthe Gagnon, qui veut attirer les familles sur les lieux. Cette dernière a précisé qu'elle voulait «quelque chose de structuré, où pendant une heure le jeune va avoir une expérience» en lien avec le monde agricole. Le maire de Québec a fait un parallèle avec le service de garde d'IKEA. Selon lui, les parents seraient heureux de pouvoir faire leurs emplettes tranquillement après leur journée de travail. «Pourquoi pas, il faut être moderne! La jeune famille, c'est une clientèle essentielle. Il faut l'attirer là absolument», a renchéri M.Labeaume.

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