Le fondateur de Sushi Taxi tire sa révérence

Le fondateur de Sushi Taxi, Christian Genest, n'a... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le fondateur de Sushi Taxi, Christian Genest, n'a pas de projet professionnel à court terme. Il est cependant ouvert aux propositions.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) «Il faut savoir partir au bon moment. Moi, je suis un maniaque de la série télévisée Mad Men. Je pense sincèrement que ses créateurs ont fait une saison de trop.»

Mercredi, Christian Genest annonçait qu'il passait le flambeau de Groupe Sushi Taxi à Emmanuel Thieblin, un Bordelais qui a fait ses classes dans l'industrie agroalimentaire.

Le fondateur et head coach de l'entreprise qui a fait sa renommée grâce à son service de livraison à domicile de sushis et à son menu qui se transforme tous les mois ne coupe cependant pas les liens d'un coup sec.

D'abord, il conserve 25 % de la propriété de l'entreprise qu'il a mis au monde en 2000.

Puis, pour les cinq prochaines années, il va demeurer le grand manitou de la planification stratégique, l'âme de la «signature du goût» de Sushi Taxi et le maître du budget des opérations.

Tout ça pour permettre une transition en douceur et pour assurer la pérennité de l'entreprise qui compte aujourd'hui 17 succursales au Québec et 250 employés.

Son travail de président, Christian Genest l'assume depuis 15 ans. Il a aujourd'hui 40 ans.

«Je ne fais pas partie de la génération qui va passer sa vie professionnelle au même endroit. Je ne crois pas, non plus, qu'il faut prendre sa retraite à un âge bien précis. En prenant la décision de vendre, j'ai écouté les petites voix en moi qui ne cessaient de me répéter qu'il était peut-être venu le temps de passer à autre chose», raconte-t-il en entrevue au Soleil.

Christian Genest n'a pas de plan d'avenir. «La page est blanche.»

Avis aux grandes entreprises, il pourrait être votre homme tant recherché. L'aventure au sein de la haute direction d'une société solidement établie pourrait le tenter. «Je sais que les grandes entreprises sont à la recherche de dirigeants qui sont jeunes, qui sont en santé et qui apportent une vision différente des affaires», note celui qui est atteint d'un troubler de déficit d'attention et qui s'adonne à la boxe depuis près de dix ans à un rythme de cinq jours par semaine.

«Ce sport a changé ma vie. J'attends toujours après ma séance d'entraînement avant de prendre une décision importante.»

Transaction avortée

Chose certaine, Christian Genest se retrouve, aujourd'hui, dans un meilleur état d'esprit qu'en 2011 alors qu'il avait décidé de vendre son entreprise au Groupe alimentaire MTY, l'un des plus importants franchiseurs de l'industrie de la restauration au Canada. 

MTY avait d'abord annoncé l'acquisition de Sushi Taxi pour ensuite faire savoir qu'elle faisait marche arrière. 

«L'intégration de deux modèles d'affaires était irréalisable», commente M. Genest.

«À ce moment-là, je me retrouvais dans une période creuse de ma vie d'entrepreneur. J'étais écoeuré. J'entrais au bureau, le matin, et j'avais mal au coeur. J'avais l'impression d'avoir noyé mon rêve d'entrepreneur, d'avoir fait un trop grand nombre de concessions et de me retrouver à la barre d'un navire devenu beaucoup trop lourd. La passion n'était plus là. Ça faisait mon affaire que MTY m'achète.»

L'échec de la transaction avec MTY a vite ramené Christian Genest à la réalité.

«J'ai alors écrit à mes employés pour leur dire que j'allais prendre deux semaines de vacances pour recharger mes batteries afin de revenir au travail en santé et de bonne humeur. Cette pause m'a permis de me réconcilier avec mon entreprise», indique-t-il en se réjouissant du fait qu'au terme de cette période un peu trouble, les membres de son équipe ne l'ont pas abandonné.

Grandir un sushi à la fois

Et dire que Christian Genest croyait que l'engouement pour les sushis n'allait être qu'un effet de mode!

«Aujourd'hui, c'est devenu, pour les Québécois, une habitude alimentaire au même titre que la viande, les pâtes et la pizza.»

Il a eu le coup de foudre pour les sushis alors qu'il étudiait en droit à l'Université Laval. 

À l'époque, pour déguster des sushis dans la capitale, il fallait fréquenter le Métropolitain ou le Tokyo.

«J'ai fait goûter mes sushis à des amis. Puis, ils ont commencé à me demander d'en préparer pour les faire goûter à leurs connaissances. Le bouche-à-oreille a fait son oeuvre. Les gens se sont mis à m'appeler.»

Dans son appartement, Christian Genest prépare les sushis. Puis, il va les livrer à ses clients.

De retour à l'appartement, sa boîte vocale déborde de nouvelles commandes. Il se remet aussitôt à la tâche.

Un premier local

Un jour, pour lui donner une chance, le propriétaire de la Poisonnerie Jean-Pierre lui fait une petite place dans son commerce.

Six mois plus tard, le 31 août 2000, Christian Genest ouvrait sa première boutique sur l'avenue Cartier.

Seize autres succursales ont suivi.

Douze d'entre elles sont la propriété de Groupe Sushi Taxi.

«Je n'ai jamais été vendu à l'idée de multiplier les franchises. J'ai toujours privilégié un déploiement plus lent de notre produit. Ainsi, il est plus facile de garder le cap sur ce qui nous distingue des autres. Il y a cinq ans, nous avons résolument décidé que nous allions mettre l'accent sur le goût et sur la présentation de nos produits plutôt que sur le volume. Livrer aux clients un sushi à la fois.»

Comme au début de l'aventure de Sushi Taxi il y a 15 ans. 

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