La pêche s'annonce bonne en 2016

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L'optimisme est de rigueur dans le monde des pêches, puisque la faiblesse du dollar canadien constitue un avantage pour les exportateurs.

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Gilles Gagné

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Le Soleil

(Carleton) Le secteur québécois des pêches devrait connaître une autre excellente année en 2016, une perspective tenant principalement compte de la faiblesse du dollar canadien, précise Jean-Paul Gagné, directeur de l'Association québécoise de l'industrie de la pêche.

Les usines de transformation de crustacés et de poisson du Québec exportent la grande majorité de leur production, et un faible dollar constitue un avantage indéniable, note M. Gagné.

«Ceux qui exportent vont clairement avoir un avantage parce que les producteurs sont payés en dollars américains. Ce matin, ça veut dire autour de 1,40 $ canadien [pour un dollar américain]», précise Jean-Paul Gagné.

«Le seul risque, c'est que les Américains baissent le prix, qu'ils l'ajustent parce qu'ils voient l'écart entre les dollars. C'est arrivé dans le passé», ajoute le directeur de l'AQIP, précisant que cet ajustement à la baisse aura quand même une limite.

L'optimisme est donc de rigueur dans le monde des pêches. «En 2015, nous avons connu une seconde bonne année de suite, et le contexte du dollar canadien nous incite à penser qu'une troisième bonne année se présente», dit-il, notant que le secteur des pêches est loin d'avoir volé cette embellie.

«Il y a eu beaucoup d'investissements de la part des pêcheurs et des transformateurs. Dans la crevette, toutes nos usines sont certifiées GFSI [Global Food Safety Initiative]. La pêche est certifiée MSC [Marine Stewardship Council]. Les prix sont plus élevés quand on détient ces certifications. Les usines québécoises sont reconnues pour la qualité de leurs produits», explique Jean-Paul Gagné.

Le prix plus élevé payé par les acheteurs d'outre frontières, à cause de la faiblesse du dollar et la prime découlant des certifications, aura un impact sur le consommateur québécois.

Prix plus élevés au Québec

«Il faut s'attendre à payer un peu plus cher nos produits marins», concède Jean-Paul Gagné, précisant que les transformateurs n'ont pas intérêt à perdre le marché québécois parce qu'ils obtiennent un prix supérieur ailleurs. «En même temps, les transformateurs veulent aussi trouver leur compte quand ils vendent au Québec».

Dans le secteur du homard, les producteurs et les pêcheurs ont fait des efforts considérables pour distinguer le homard gaspésien et le homard madelinot du homard venant des Maritimes.

«Les exigences ne sont pas les mêmes», résume Jean-Paul Gagné, en faisant référence aux mesures prises par les homardiers québécois pour réduire l'effort de pêche en diminuant le nombre de permis, le nombre de casiers par pêcheur, en augmentant significativement la taille du homard pouvant être capturé et en ensemençant des petits homards.

«Il n'y a pratiquement plus de homard [québécois] de moins d'une livre sur les marchés. Le homard plus gros génère un meilleur prix. L'Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick n'ont pas suivi les mêmes mesures et le prix est un peu moindre là-bas», explique Jean-Paul Gagné.

Les producteurs québécois ont fait des efforts considérables... (Photothèque Le Soleil, Andréanne Lemire) - image 2.0

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Les producteurs québécois ont fait des efforts considérables pour distinguer le homard gaspésien et le homard madelinot du homard venant des Maritimes.

Photothèque Le Soleil, Andréanne Lemire

L'Europe suit

Un autre avantage lié à la faiblesse du dollar canadien vient d'Europe, où l'on retrouve notamment de grands acheteurs de crevette nordique. «Les Européens aussi nous paient en dollars américains», signale M. Gagné.

Même si les économies du Japon et de la Chine vivent aussi des moments difficiles, les ventes de produits marins québécois ne devraient pas trop en souffrir, croit-il.

«C'est encore avantageux de vendre au Japon. Le crabe [des neiges] du Québec reçoit des mentions honorables des Japonais. Puis en autant que ça [l'économie] ne descend pas trop en Chine, ça vaudra la peine de continuer à entretenir ces marchés. C'est encore un marché en croissance. Le Québec y enverra d'ailleurs une mission économique pour les pêches, en novembre», conclut Jean-Paul Gagné.

Les exportations de produits marins des usines gaspésiennes, nord-côtières, madeliniennes et bas-laurentiennes ont atteint 270 millions $ en 2015.

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